Le calendrier maya se termine en 2012: scénario parfait pour un film catastrophe qui met en scène la destruction de la civilisation.
Astrologie, new age, croyances antiques, que va-t-il vraiment se passer le 21.12.2012? Les explications d’un ethnologue.
Pour Elizabeth Teissier, la crise majeure est annoncée en 2014. La configuration des planètes est plus inquiétante qu’en mai 1968.
Depuis toujours, et surtout en temps de crise, les hommes ont évoqué leur fin: les dates clés qui ont fait trembler l’humanité.
2 h 38 pour en finir avec la Terre
Génial artificier du cinéma moderne, le réalisateur Roland Emmerich ne pouvait manquer le rendez-vous du 21 décembre 2012. A l’écran: un déchaînement de catastrophes ultraspectaculaires.
Sans surprise, Roland Emmerich confirme la terrible prédiction de 2012. Plus surprenant, selon le scénario du réalisateur allemand, quelques milliers d’êtres humains survivront à la catastrophe planétaire. Parce qu’ils savaient, qu’ils avaient été choisis ou qu’ils avaient payé – 1 milliard de dollars le ticket – leur sauvetage. C’est injuste, mais c’est ainsi. Tandis que les scientifiques se moquaient officiellement des prédictions mayas et autres calculs astrologiques alarmistes (voir pages suivantes), les puissants et les riches avaient, dans le plus grand secret, imaginé et construit les moyens de leur salut.
Alors quand, après une demiheure de projection, les choses commencent à se gâter sérieusement, reste à embarquer dans les arches de survie et à expliquer, à vous, à moi et à quelques milliards d’autres malheureux, que nous ne ferons pas partie du voyage.
Les premières manifestations du cataclysme n’inquiètent pas plus que les tremblements de terre annoncés en Californie. Sauf que, lorsque la terre se déchire à San Francisco, les dégâts ne suivent pas la redoutée faille géologique de San Andreas; et quand le fameux parc de Yellowstone, région hautement sismique, se transforme en un seul grand volcan, l’ampleur du phénomène prend tout le monde de vitesse…
Fort de l’expérience et riche de deux films casse-briques d’anthologie, Independence Day (1996) et surtout Le jour d’après (2004), le réalisateur pouvait s’offrir les plus gros moyens pour mettre en scène l’Apocalypse: cinq mois de tournage à Vancouver, au Canada, treize plateaux, des kilomètres d’autoroutes, des enfilades de maisons, des forêts de palmiers, des ponts suspendus: 500 000 tonnes d’acier sont injectées dans les constructions.
Les astuces d’Emmerich et de ses équipes consistent à mêler de manière imperceptible (quand c’est réussi) les trucages purement cinématographiques – des rues entières construites sur des plateaux mobiles – et les images créées sur ordinateur avec un réalisme de plus en plus époustouflant. Par exemple quand le porteavions J.F. Kennedy, porté par une vague immense, vient s’échouer sur la Maison Blanche; à Rome, l’écroulement de la basilique Saint-Pierre sur les malheureux fidèles en prière n’est pas mal non plus, et Manhattan basculant dans les abîmes ou la mer en furie venant battre les flans de l’Everest sont autant de scènes qui laissent sans voix… Tsunami, tremblements de terre, dérive des continents, dérèglement des saisons, pluies diluviennes, tempêtes de neige, inondations, éruptions volcaniques, le scénario catastrophe des Mayas donne à Emmerich l’occasion de déchaîner ses extraordinaires talents d’illusionniste.
Pour le reste du scénario, on rélèvera – une fois n’est pas coutume – les derniers mots de l’histoire: «Papa, je n’ai plus besoin de couche-culotte…» Et le héros de conclure: «Bravo!»
«2012», un film de Roland Emmerich, avec John Cusack, Amanda Peet, Danny Glover.
Un scénario catastrophe en béton pour le champion des films casse-briques
«2012», un film de Roland Emmerich, avec John Cusack, Amanda Peet, Danny Glover.
Texte: Marc David
L’analyse de l’expert
L’ethnologue vaudois Maurice Hefti a passé
sa vie à étudier cette mystérieuse civilisation précolombienne. Il
décrypte le sens du calendrier, qui s’achèvera le 21 décembre 2012.
L’ethnologue
Maurice Hefti, 62 ans, est tombé dans la marmite des Mayas quand il
était petit. «J’avais 7 ans, ma jeune institutrice dans le canton de
Vaud m’a offert une bande dessinée…» Rampe de lancement enfantine,
passion d’une vie. Dix ans plus tard, après des études à Lausanne, il
croise le fameux ethnologue et politicien français Jacques Soustelle.
«Il m’a dit que je n’avais rien à faire en Europe et qu’il participait
à la création d’une école d’anthropologie au Mexique.»
Hefti le
suit. Il vit dix années en Amérique centrale, y étudie, y explore.
«Nous sommes vite devenus des étudiants de terrain.» Epoque intense
dans un pays qui découvre les folles merveilles de son passé, les
pyramides mayas, les restes de la civilisation fascinante qui y vécut
au début de notre ère.
Au cours de cette période, les Mayas
érigent temples et monuments, conçoivent des chefs-d'œuvre artistiques
et littéraires, effectuent des observations astronomiques et créent un
ensemble de villes que l’on continue de découvrir, enfouies dans la
jungle. Maurice Hefti se souvient d’avoir pleuré quand il a trouvé la
marque du premier souverain sur une stèle. Il n’a jamais cessé de
retourner en Amérique latine, il y était encore il y a quelques
semaines.
L’une des plus importantes trouvailles tient dans
l’affolante richesse des calendriers. L’un d’eux, appelé le «compte
long», revient à son commencement tous les 1 872 000 jours, période
connue sous le nom de Grand Cercle.
Hefti en est devenu un
expert. Son bureau genevois des Eaux-Vives accueille des patients dont
il fait le thème aztèque, qui fouille très loin dans l’être:
traumatismes, traits de caractère, destin déjà tracé. «Je n’y crois
pas, mais cela marche», sourit-il, non sans mystère.
Qu’on y
croie ou non, ce calendrier est un outil de travail inépuisable, une
bible avec de jolis dessins en couleurs; les glyphes, portraits des
dieux. Il renferme un luxe d’informations. Positions des planètes,
lunaisons, calendriers superposés avec une extraordinaire maîtrise de
l’astronomie.
Alors, 2012? Le spécialiste a un petit sourire, non
dénué de malice. Explication: «Il faut savoir que tous les monuments
mayas sont datés. Pour ce faire, on utilisait ce «compte long». Il
démarre le 13 août 3114 av. J.-C. Les Mayas observaient le ciel des
nuits entières. Ils ont calculé qu’à cette date les cinq planètes
qu’ils pouvaient voir étaient alignées. Ils ont aussi su placer le
moment où elles le seraient à nouveau: le 21 décembre 2012.» Le
scientifique s’en émerveille. «Chez eux, on ne va jamais plus haut que
le chiffre 13. Or, ils ont su que 13 fois 400 ans de 360 jours plus
tard, ils arriveraient à la bonne date.» La métaphore est la suivante:
«Les cinq planètes représentent cinq dieux sur une pirogue. Arrivée au
bout de son cycle, elle devient verticale. Elle bascule et le monde
avec elle. Toute la mythologie précolombienne existe selon ce précepte.»
Un
léger hic, cependant: «Il y a une chose dont personne ne parle, mais
qui est capitale. Ce compte s’est terminé en l’an 909, avec le passage
de la 9e, leur chiffre fétiche, à la 10e époque (appelée baktun).
Ensuite, les Mayas n’utilisent plus ce décompte. L’écriture continue,
mais le «compte long» est abandonné. On n’a plus envie de savoir que
–3114 est le début de la création. Il n’y a plus de dates.»
A
cette époque-là, en parallèle, un terrible changement se produit: les
Mayas dépérissent, quittent leurs cités, connaissent la famine. Ils
s’en vont, reconstruisent. «Ils ont carrément posé leurs outils, à
cause de ce chiffre 9. C’est une période d’entrée dans une nouvelle
ère. Elle ressemble à ce que nous vivons de nos jours. Voilà ce que les
Mayas annoncent en réalité pour 2012: un basculement. Mais il peut
prendre vingt à trente ans et ce n’est pas une fin.»
Il hausse
les épaules. «La fin du monde? Pour les Mayas, 2012 n’est ni un début
ni une fin, c’est à la fois un début et une fin. 2012 n’est qu’une
borne. Mais chaque borne oblige à se préparer, à nettoyer ce qui doit
être nettoyé.» Pas de cataclysme, donc, Plutôt une période de remise en
cause, de reconstruction.
Voilà ce que nous disent les fins Mayas, issus du fond des âges. Il suffit d’y croire.
Texte: Patrick Baumann
L’analyse de l’astrologue
A l’heure où la
planète bruisse de rumeurs apocalyptiques auxquelles le film «2012»
fait écho, il était impératif de consulter notre astrologue, Elizabeth
Teissier. Ainsi, selon elle, le point de rupture n’est pas pour 2012,
mais pour 2014. Avec un changement de civilisation à la clé!
Elizabeth
Teissier, diverses prophéties catastrophistes associées à un film,
2012, nous prédisent la fin du monde cette année-là. Qu’en pensez-vous?
Le
monde ne va pas disparaître à cette date-là, rassurez-vous, on fêtera
Noël et Nouvel An, en dépit de l’éclipse totale du 13 novembre 2012.
Mais il est vrai que des bouleversements majeurs vont survenir, que
j’avais déjà annoncés dans mon Horoscope 2007. Dès l’été 2010, nous
allons assister à la rencontre de quatre titans planétaires: Jupiter,
Saturne, Uranus et Pluton, une configuration très forte qui préfigure
le changement de société, les bouleversements sociopolitiques à venir.
En 1989, lors de la chute du mur de Berlin, on retrouvait la même
tension entre Jupiter et Saturne. Cette mutation tous azimuts se
confirme en 2011, se met en place en 2012, mais c’est entre 2013 et
2015 que la conjoncture sera la plus drastique.
Le film 2012 repose donc sur un fond de vérité?
Je
suis totalement allergique à cette mode alarmiste qui nous envahit. De
la grippe A, dont j’annonçais l’expansion dès les premiers cas en mai
sur mon site, à la fin du monde, on capitalise sur la peur infligée aux
gens. J’ai vu la bande-annonce de 2012, c’est terrifiant! De tout temps
l’homme a aimé se faire peur, puis se rassurer avec des histoires
effrayantes et imaginaires. Certes, cette fonction cathartique des
contes de fées est nécessaire. Mais, là, il s’agit de demain! Je
m’inquiète pour les jeunes, les esprits impressionnables, qui vont
aller voir ce film. Mon Dieu, se diront-ils, c’est dans deux ans! On
fiche la trouille à toute la planète. Or, les pensées sont créatrices
d’actions. On va donner forme à toutes ces peurs projetées dans
l’univers. Très mauvais pour l’inconscient collectif.
Vous n’irez donc pas voir ce film?
Sûrement
pas… Sa date de sortie correspond en astrologie à la rencontre
Pluton-Saturne, une dissonance très sombre, synonyme de nihilisme
philosophique. On aurait voulu choisir une date liée à la mort et à la
destruction, on n’aurait pu faire mieux. Cela ne m’étonnerait pas que
le film entraîne des suicides. Bref, je déteste ce genre de production,
uniquement orienté sur le profit.
Qu’en est-il du fameux
calendrier maya qui s’arrête le 21.12.2012, de l’alignement particulier
des planètes à cette date? Des Indiens hopi qui ont prédit eux aussi la
fin du monde le même jour?
Le même alignement entre le Soleil, la
Terre et le centre de la Voie lactée a lieu tous les solstices d’hiver,
le 21 décembre. Par curiosité, j’ai fait le thème de Genève et de
Belize (en Amérique centrale) pour comprendre. Il est vrai que la
civilisation maya était particulièrement évoluée en matière
astronomique. Ils ont bien perçu les bouleversements qui nous
attendent. Entre juin 2012 et fin 2015, la puissante dissonance entre
Uranus et Pluton se reproduira cinq fois, ce qui est exceptionnel. Elle
sera particulièrement forte en 2014. Cette dissonance était présente en
mai 1968, mais à cette époque la violence du changement était tempérée
par des planètes bénéfiques.
A quel genre de bouleversements faut-il s’attendre?
A
une crise mondiale. Ce cycle est synonyme de révolutions, de
bouleversements sociétaux, de conflits liés ou non à l’énergie, de
catastrophes naturelles et spatiales. Déstabilisation politique et
diplomatique, exactions de toutes sortes qui vont obscurcir les
énergies de vie. On retrouve la même dissonance lors de la guerre du
Vietnam et de Challenger.
Vous refusez le catastrophisme ambiant,
mais ce que vous annoncez n’est guère plus réjouissant. La crise
actuelle ne serait qu’une mise en bouche?
Oui, si l’on aime
l’humour noir. Mais n’affolons pas les gens. Il y a un aspect positif
derrière chaque bouleversement, du chaos surgit un ordre nouveau. Hier,
à la télévision, on évoquait dans le même JT les milliards de bénéfices
engrangés à nouveau par les banques depuis la crise et le parcours
d’une mère seule qui élève ses deux enfants avec 800 euros par mois.
Cela est révoltant, indécent. Ça m’a scandalisée. Le monde marche sur
la tête. C’est comme s’il y avait inversion des valeurs éthiques et
esthétiques. On ne peut pas continuer comme ça, on sent bien que nous
approchons du point de non-retour. Nous devons impérativement (et nous
allons y être obligés) changer notre vision du monde. Et nos priorités!
Comment se préparer à affronter tout ça?
On
ne peut pas éviter les phénomènes collectifs inscrits dans le ciel,
mais on peut travailler individuellement à en atténuer les effets. Cela
passe par plus d’autocritique, de courage et d’initiatives généreuses.
Par la méditation, la prière, peut-être le yoga (qui permet de se
recentrer, de rejoindre une conscience universelle). Pensons à l’autre,
quel qu’il soit. J’aime cette citation du physicien Fritjof Capra:
«Change ta conscience et tu changeras le monde!»
Au fond, ce ne sont pas des provisions alimentaires que nous devons engranger, mais des provisions spirituelles?
C’est exactement ça! Et je m’y prépare aussi!
Et la mère qui élève seule ses deux enfants avec 800 euros, comment fait-elle?
Elle
sera peut-être parmi ceux qui bénéficieront le plus de cette mutation.
Il va falloir trouver un nouveau paradigme, un nouveau système
sociopolitique qui ne soit ni le communisme ni le capitalisme. Plus
éthique, plus juste, plus généreux, plus écologiste. Et surtout de
dimension planétaire: une mutation réussie ne peut passer, à mon avis,
que par une gouvernance mondiale. J’en parle sur mon site internet*. Il
faudra revoir nos moeurs sexuelles – la marchandisation du corps de la
femme, via les mères porteuses, l’adoption d’enfants par des couples
homosexuels, par exemple, sont contre nature et se font au détriment de
l’équilibre de l’enfant –, mais aussi nos pratiques scientifiques,
notamment en matière de clonage, de manipulation génétique.
Malheureusement, on ne pourra s’épargner les dommages collatéraux. Ce
sera une période charnière de l’histoire, un sacré défi.
Le
mouvement new age aime à dire que ceux qui ne seront pas capables
d’évoluer seront balayés par les changements qui s’annoncent. Un
élitisme spirituel que vous partagez?
Je suis assez d’accord. Ce
sera en quelque sorte marche ou crève! J’aime beaucoup l’idée du
philosophe Francis Bacon, au XVIe siècle, qui pensait que l’individu
peut s’affranchir des influx négatifs et collectifs.
Il y a des signes astrologiques qui seront plus touchés que d’autres?
Oui,
et cela concerne d’ailleurs mon signe, le Capricorne. En général, les
Bélier, Cancer, Capricorne et Balance du premier décan seront plus
influencés par les quatre planètes en dissonance. Cela ne signifie en
aucun cas qu’ils vont mourir, rassurons-nous, mais que leur Soleil
natal sera touché par cette configuration. C’est la synthèse de leur
thème qui sera significative: les influx sur leur ascendant et les
planètes de leur ciel natal peuvent tempérer les influences négatives.
Le côté positif, c’est que les natifs de ces signes vont changer leur
vie!
On parle beaucoup de cette douzième planète, Nibiru, qui frôlerait la Terre à la date fatidique du 21.12. 2012. Vrai?
L’Américain
Zecharia Sitchin a écrit en 1976 La 12e planète, un livre qui reprend
une vieille croyance sumérienne liée à une planète baptisée aussi
Marduk ou Xenia, qui aurait une révolution de 3600 ans et qui viendrait
«chatouiller» la Terre en 2012. Quand on sait que la révolution la plus
longue de notre système solaire est celle de Pluton, avec 248 ans, on
imagine l’irréalité d’une telle idée. Le scientifique américain David
Morrison a démontré l’inexistence de cette planète. J’ai beaucoup
d’admiration pour la civilisation mésopotamienne, qui a vu naître
l’écriture cunéiforme et l’astrologie, mais Nibiru relève du mythe. Les
Mésopotamiens croyaient que des extraterrestres nommés Anunnakis
visitaient la Terre tous les 3600 ans. Le plus fou, c’est qu’on trouve
sur Amazon 175 ouvrages consacrés à Nibiru et à la fin du monde.
Nostradamus a aussi prédit la fin du monde en 1999, un autre grand affabulateur?
Il
n’a jamais dit ça. Nostradamus est certainement l’auteur le plus trahi
de l’histoire. Normal: il a affirmé lui même qu’il ne serait compris
qu’en 2050. Dans ses Centuries, cet astrologue et voyant a arrêté ses
prédictions en 3997. On a encore de la marge!
Astrologiquement, ce fameux renversement des pôles qui induirait tsunamis et autres catastrophes naturelles est-il attesté?
Le
dernier renversement des pôles remonte à 65 millions d’années, soit au
moment de la disparition des dinosaures. Je pense comme les
scientifiques que ce renversement ne se fera pas en quelques heures et
qu’on ne sait quand et s’il adviendra. Par contre, j’ai toujours été
intriguée par Hérodote, le grand historien grec, qui affirmait que
l’homme avait vu il y a des millions d’années le Soleil se lever à
l’ouest!
La plus grande peur d’Elizabeth Teissier concernant l’avenir?
L’Iran.
J’ai fait le thème d’Ahmadinejad, il est terrifiant. C’est un être
violent, malfaisant, y compris envers son propre peuple; il n’y a qu’à
suivre l’actualité. Il a malheureusement un bon Pluton qui le protège
jusqu’en 2012. Il y aura un printemps sanglant dans ce pays en 2010.
Mais la jeunesse sera soutenue. J’ai peur que les Etats-Unis et Israël,
en résonance négative avec son ciel natal, ne soient entraînés dans le
conflit.
Une lueur d’espoir tout de même pour les années à venir?
Il
y aura encore une crise en 2020. Mais de cette grande remise en cause
naîtra, entre 2026 et 2027, une ère de paix et de sérénité comparable à
un nouvel âge d’or. Je suis heureuse pour mes enfants et mes quatre
petitsenfants qui en bénéficieront. Je ne serai probablement plus là
pour le vivre!
Depuis l’origine des temps, la fin du monde fascine. Des centaines
de prophéties, plus ou moins sérieuses, ont à travers l’histoire fait
frémir l’humanité, et ce n’est pas fini. Petit florilège.
L’Apocalypse selon saint Jean
On
trouve beaucoup de références à la fin du monde dans la Bible,
notamment dans le livre de Daniel. Mais l’Apocalypse, le dernier livre
du texte sacré, écrit par l’apôtre Jean dans sa grotte de Patmos, en
Grèce, reste la référence. Après une période où règnent le mal et
l’Antéchrist, le texte évoque le millénium, c’est-à-dire un âge d’or
censé durer mille ans qui adviendrait juste après la fin du monde avec
la création d’une deuxième terre et d’une nouvelle Jérusalem.
S’inspirant de ce texte, plusieurs mouvances religieuses ont
successivement fixé la fin du monde en 1993, 1995 et 1998.
Destination Sirius
L’Ordre
du Temple solaire (OTS) a cultivé une mystique de la fin du monde qui
s’est traduite par le suicide de 69 de ses adeptes en Suisse, au Canada
et en France en 1994 et 1995. La secte a préparé des années durant ses
membres actifs au passage dans l’au-delà, notamment sur la planète
Sirius. Elle a distillé un enseignement composite fait d’un peu
d’astrologie, de yoga, d’alchimie, de mystique juive.
Le délire de Paco Rabanne
Le
célèbre couturier parisien, né en 1934, mage à ses heures, avait prédit
la fin du monde pour le 11 août 1999, après une vision qu’il a eue de
Paris détruite par la chute de la station orbitale Mir.
Les prédictions de Nostradamus
Les
prophéties du célèbre mage et astrologue provençal (1503-1566) ont
donné lieu à toutes sortes d’interprétations concer-nant la fin du
monde. L’une d’entre elles, qui a beau-coup fait parler à la fin de
l’année 1998, concernait une possible destruction du monde par chute de
météorite le 9 septembre 1999.
«L’humanité a toujours aimé évoquer sa fin»
Jean-François
Mayer est docteur en histoire des civilisations. Il a fondé en 2007
l’institut Religioscope, site indépendant qui offre informations et
études sur le rôle et la place des religions dans le monde. Spécialiste
des sectes, il connaît bien la thématique des prophéties de fin du
monde. Calendrier maya, évolution des consciences, chaos programmé,
«rien de nouveau sous le soleil, commentet-il, depuis que les
mouvements millénaristes et les prophéties de fin du monde existent. De
plus, 2012, le film de Roland Emmerich, est une occasion d’assister à
la fin du monde en direct dans son fauteuil, on peut difficilement
rêver mieux!»
L’humanité, selon le Fribourgeois, a toujours aimé
évoquer sa fin à travers différents scénarios apocalyptiques. «Le
Temple solaire, la migration de ses adeptes vers Sirius, Waco, aux
Etats-Unis, participaient aussi du même phénomène sans que ce soit daté
dans le temps». Ce qui change un peu aujourd’hui, c’est que les
catastrophes climatiques viennent corroborer les visions les plus
pessimistes, sans qu’on ait besoin d’invoquer un deus ex machina. «On
peut toujours justifier après coup un événement en parlant d’émergence
d’une nouvelle conscience planétaire», précise-t-il.
Faut-il
craindre de voir une secte en tirer profit en misant sur nos peurs
eschatologiques? «Je ne crois pas. La tendance dominante dans la
mouvance new age se situe plus dans l’apparition d’une nouvelle ère
spirituelle que dans un schéma catastrophe qui privilégierait un
scénario suicidaire du genre Temple solaire.» P. Ba.