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La passion Stanislas
 La trentaine naissante, le look branché, faussement bohème, Stanislas incarne le dandy du XXIe siècle.
Deux ans après «L’équilibre instable», le dandy parisien signe un nouvel album romantique, intitulé «Les carnets de la vigie». Un vrai moment de grâce.
Par Blaise Calame - Mis en ligne le 07.01.2010
Avec ses cheveux longs, son allure de dandy un peu bohème, son lyrisme naturel, Louis Stanislas Renoult, alias Stanislas, est à 29 ans une valeur montante de la nouvelle chanson française, compagnon de route de Calogero. Chef d’orchestre diplômé, il s’est taillé une solide réputation d’arrangeur, de cordes surtout – son péché mignon –, avant de décrocher en 2008 le prix de la chanson de l’année décerné par la Sacem pour Le manège. Son nouvel opus, Les carnets de la vigie, confirme un talent rare.
Vous êtes musicien, chef d’orchestre, chanteur. L’une de ces spécialités a-t-elle votre préférence?
S’il y a un truc, c’est par période. On a tous nos humeurs. A certains moments, je préfère être chanteur, à d’autres, je me demande comment je n’ai pas pu diriger d’orchestre depuis si longtemps. Dans chaque activité, il y a des moments très chouettes, où l’on s’accomplit avec l’impression d’être vraiment à sa place. Hiérarchiser ces spécialités, ce serait les opposer. Cela dit, j’ai vraiment l’impression d’être musicien.
Vous semblez encore hésiter dans l’écriture des textes, pourquoi?
Sur cet album, c’est vrai, je n’ai écrit qu’un seul texte (ndlr: «La vigie»).
Et c’est l’un des meilleurs!
Merci de l’aimer, mais ça me prend du temps. J’ai plus de facilité à écrire de la musique que des textes. J’ai l’ambition d’avoir une telle coïncidence entre les deux que j’ai beaucoup d’exigence. Il y a aussi autre chose: je n’ai aucun complexe à ne pas écrire tous mes textes. Sans me comparer à eux, j’ai d’illustres prédécesseurs. Je pense aux compositeurs d’opéras qui se sont tous, à part Wagner, entourés de librettistes. J’essaie de travailler ainsi. Doutez-vous encore trop de vous pour tout écrire vous-même?
Sans doute, en partie. J’ai surtout constaté que, lorsque je mettais mes textes en concurrence avec ceux d’autres auteurs, les leurs correspondaient bizarrement plus avec ce que je voulais dire. Ils étaient plus intimes, ils embras-saient une réalité plus intéressante que celle que j’avais écrite. On me demande parfois si l’on peut être un artiste sans écrire ses textes. Vous avez de la chance de ne pas m’avoir posé cette question, parce que je la trouve vraiment profondément idiote!
On parle volontiers de lyrisme à votre sujet. Ne devrait-on pas dire romantisme, au sens XIXe?
Oui, bien sûr, l’esthétique romantique, les passions exacerbées, presque exagérées. J’aime l’idée de la déclamation, de l’impudeur: je souffre et je le crie à la face du monde. Il y a aussi chez moi ce goût de la nature, sublimée.
Musicalement, vous osez aller vers des choses plus rythmées. Un choix délibéré?
Pas par rapport au premier album. Je n’ai pas cherché à m’échapper d’une sorte d’image d’Epinal, façon tout orchestral. Non, ça correspond à l’histoire de ma vie en musique. J’ai fait du rock à 18 ans, de l’électro à 25, du classique toujours. Aujourd’hui, j’ose ce que je veux.
En choisissant Fou d’elle comme premier single de l’album, votre maison de disques n’a pas pris de risques, tant cette chanson ressemble à celles qui vous ont révélé. Vous en convenez?
C’est-à-dire que, sur le premier album, on avait commencé par un des trucs les plus risqués qui soient, une valse, et on a eu raison. Choisir son single, ce n’est pas si simple et, moi, je n’ai pas envie d’être omnipotent. Fou d’elle est une sorte d’élixir d’amour obsessionnel, mais on a hésité, c’est vrai. A-t-on trouvé la bonne réponse? Pas sûr. (Il rit.)
Tags: Musique, Stanislas,
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