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Grippe A (H1N1)
La semaine où la Suisse est entrée en guerre contre la grippe A
De Berne à Genève, des cellules de crise aux laboratoires de recherche, «L’illustré» a suivi durant une semaine ceux qui se battent au quotidien, souvent jour et nuit, pour préparer le pays à affronter l’arrivée de l’épidémie.

Par Yan Pauchard - Mis en ligne le 07.05.2009
Vendredi 1er mai, Fête du travail. Si certains en Suisse profitent de leur jour férié, ce n’est pas le cas des collaborateurs de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), à Berne. Depuis le fameux lundi 27 avril, date à laquelle l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a relevé pour la première fois de son histoire le degré d’alerte pandémique de 3 à 4, ils sont sur le pied de guerre. Il est 9 h 30. Au 96 de la Schwarztorstrasse, siège de la division maladies transmissibles, l’ambiance est studieuse, les visages concentrés. C’est l’heure de la séance quotidienne de crise. Ici se prennent les grandes décisions stratégiques de lutte contre la grippe A (H1N1), appelée dans un premier temps grippe porcine. Une quinzaine de personnes, médecins, biologistes, experts en épidémies, spécialistes de gestion de crise, qui définissent chaque jour, selon la progression de la maladie, les mesures à prendre, les recommandations à donner en Suisse. Au menu des discussions de ce vendredi matin, notamment, la confirmation, la veille, du premier cas en Suisse du virus chez un patient hospitalisé à Baden (lire en page 26), après son retour du Mexique. Faut-il avertir les autres passagers du vol emprunté par le jeune homme? La réponse sera oui.

«Il faut être réaliste»

Les séances se succèdent à un rythme effréné. Les emplois du temps sont surchargés. Entre deux réunions, Virginie Masserey accorde une dizaine de minutes d’interview. La cheffe de la section vaccination est l’un des piliers du dispositif. «Notre objectif est d’empêcher le plus longtemps possible que cette grippe n’entre en Suisse pour se préparer au mieux à gérer un nombre de malades élevé à un moment donné», explique la médecin. Certaines voix commencent pourtant à se demander si l’on n’en fait pas trop. Sa réponse est claire, efficace, scientifique. «Le virus s’est bien adapté à l’homme. Nous estimons qu’il pourrait toucher quatre à cinq fois plus de monde qu’une grippe saisonnière. Avec, semble-t-il, une mortalité similaire, on peut donc s’attendre à quatre à cinq fois plus de morts.» On parle ici de plusieurs milliers de décès en Suisse. «Il ne faut pas tomber dans l’alarmisme, termine Virginie Masserey. Il faut être réaliste.»

«Durant cinq jours, nous avons travaillé jour et nuit»

Dr Laurent Kaiser


Si, à Berne, les services concernés de la Confédération se sont mis en ordre de marche, le héros de cette première semaine de crise est à chercher aux HUG (Hôpitaux universitaires de Genève). Responsable du centre national de référence pour la grippe, le Dr Laurent Kaiser et son équipe ont réalisé un exploit en étant, au soir du mercredi 29 avril, parmi les premiers laboratoires du monde à trouver un test diagnostic fiable pour dépister la grippe A (H1N1). Ce jour-là, le médecin genevois apparaît éreinté, les yeux cassés par la fatigue, perdus dans le vide. Assis dans son bureau, au laboratoire central de virologie, il cherche ses mots. Il s’en excuse: «Depuis cinq jours, nous travaillons jour et nuit.» Il y avait urgence. Ce mercredi, il y a 25 cas suspects en Suisse qui attendaient d’être fixés.

Tout avait pourtant mal commencé. Le lundi 27 avril, à 18 heures, cinq fioles de virus porcin, ramenées au laboratoire par un de ses collaborateurs, explosent dans un train près de Fribourg. Une erreur dans le conditionnement. «Une faute incompréhensible», soupire le docteur genevois. Le convoi est bloqué durant une heure et demie. Les rumeurs enflent. La Suisse entière est ébranlée. Laurent Kaiser doit rassurer: le virus est totalement inoffensif. Les60 passagers du wagon numéro 5 en sont quittes pour la frayeur de leur vie.

L’OMS en alerte, 24 h sur 24

A Genève, l’équipe du Dr Kaiser n’est de loin pas la seule à travailler d’arrache-pied. De l’autre côté de la ville, quelque part dans les sous-sols du siège de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les meilleurs spécialistes mondiaux de la grippe sont à pied d’œuvre vingt-quatre heures sur vingt-quatre. C’est cette cellule de crise qui pilote la lutte contre le virus sur le plan planétaire. Mais impossible d’approcher ces experts. Rien ne doit les déranger. Dans les espaces publics du bâtiment, l’ambiance est paradoxalement plutôt détendue. Rien ne laisse penser que l’institution est mobilisée comme jamais. Une télévision a juste été installée dans le cybercafé afin de suivre les points de la situation donnés quotidiennement en vidéo-conférence par le numéro deux de l’organisation, le Dr Keiji Fukuda. Rare moment d’emballement le mercredi 29 avril. Une grande conférence de presse est annoncée pour le lendemain à 14 heures… au Palais des Nations, en présence des médias du monde entier. La directrice générale, Margaret Chan, pourrait être là.

La conférence de presse n’aura pas lieu. L’OMS prévoyait d’y annoncer le relèvement du niveau d’alerte de 4 à 5, synonyme de l’imminence de la pandémie. Mais la progression de la maladie en Europe a convaincu l’organisation d’avancer sa déclaration d’une quinzaine d’heures. La nouvelle tombera le mercredi soir déjà, vers 22 heures. Une décision qui ne suscitera aucun changement majeur dans la stratégie mise sur pied par la Suisse.

Retour vendredi 1er mai à Berne, cette fois dans le bâtiment central de l’OFSP, situé à Liebefeld, dans la proche banlieue. Le directeur Thomas Zeltner se montre rassurant. «Pour l’heure, ici, la situation est calme», répond-il, saluant le pragmatisme de ses concitoyens. Ils continuent par exemple à manger de la viande de porc, sans danger pour la santé, alors que le marché s’écroule dans d’autres pays. Et, si le nombre d’achats de masques de protection a fortement augmenté, on n’en est pas encore aux ruptures de stock. «Mais tout peut changer rapidement, il faut donc rester vigilants», précise le médecin bernois. Il garde le sourire. Les autorités suisses en sont convaincues: elles sont prêtes.

 

 
 
Texte: Sophie Winteler

Les différences... La grippe saisonnière: elle est due à un virus de type humain. L'actuelle grippe A: il s'agit d'une nouvelle souche d'un virus non humain. Source: Tages-Anzeiger/Zeit-Wissen

Dans l'Antiquité, les écrits parlaient déjà d'épidémies de grippe. Nos mémoires, elles, ont retenu la plus ravageuse, la grippe espagnole de 1918 et ses millions de morts. Le XXe siècle a connu trois pandémies et quelques épidémies marquantes. Au fil de ses mutations, ce fameux virus A influenza de la grippe a donc bien provoqué des hécatombes. Même si, dans la grande majorité des cas, il nous envoie juste au lit.

 

1918-1919 La grippe espagnole H1N1

Pire que la peste noire et première pandémie du XXe siècle, elle tue entre 20 et 50 millions de personnes, dont 24 000 en Suisse. La guerre a laissé ses traces; les organismes, fatigués et mal nourris, sont moins aptes à résister aux agents infectieux de cette nouvelle souche du virus. Parti de Chine ou des Etats-Unis, il frappe en trois temps: en mai et en juillet 1918, en février 1919. Les Espagnols n'en sont donc pas responsables, mais en cette époque de guerre et de censure, seule l'Espagne peut donner des chiffres et révéler que la famille royale est atteinte par la maladie. L'unique point positif de cette pandémie est que la moitié de la population du globe s'est ainsi retrouvée vaccinée contre certaines souches de la grippe virale.

1940 Le vaccin, enfin

Mise au point d'un vaccin contre la grippe. Il sera employé pour la première fois pendant la Seconde Guerre mondiale.

1946 Encore le H1N1

Une épidémie de grippe H1N1 frappe une population affaiblie par cinq années de guerre.

1957-1958 La deuxième pandémie du siècle

La grippe asiatique H2N2 envoie entre un et deux millions de personnes au cimetière. L'analyse de son génome montre qu'elle est composée d'un virus humain ayant déjà circulé et d'une partie provenant d'un virus aviaire.

1929-1930

Epidémie marquante de grippe

1936 Découverte du virus de groupe B

Ce second virus de la grippe humaine est plus bénin, touche essentiellement l'homme et se propage moins facilement.

1951 Une vision mondiale

L'OMS commence à répertorier les épidémies.

1933 Découverte du virus influenza

Pour la première fois, des chercheurs isolent dans des porcs l'agent responsable de la grippe: il s'agit du virus influenza. Ce virus est appelé de groupe A et il comprend des sous-types HxNx(d'0Ù H1N1, H2N2, H5N1...). Très virulent envers l'homme, l'influenza est un grand instable, ses différentes souches ne cessent de muter et de se recombiner, provoquant parfois des pandémies.

1968-1970 Troisième pandémie

Cette troisième pandémie ou grippe de Hong Kong H3N2 reste comme la moins meurtrière du siècle. Elle frappe surtout les individus âgés. Plus d'un million de personnes décèdent.

1976 Une certaine grippe porcine

Un soldat du New Jersey (USA) meurt en quelques heures de la grippe porcine H1N1. Plane alors le spectre de la grippe espagnole; la Maison Blanche ordonne la vaccination de 40 millions de personnes. Résultat? Cette campagne fait 25 morts... dues au syndrome de Guillain-Barré, une complication du vaccin utilisé cette année-là. Le virus disparaît finalement de lui-même sans avoir fait d'autre victime que ce militaire de 18 ans.

1977-1978 La grippe russe

Le H1N1 frappe encore. La grippe russe touche principale-ment des enfants en Russie, en Sibérie et en Chine du Nord. Des dizaines de milliers de personnes périssent.

2003 Le SRAS

Le syndrome respiratoire aigu sévère touche 30 pays et tue 812 personnes. Ce virus, jusqu'alors inconnu, est de la famille des coronavirus. Il ne s'agit donc pas d'une grippe, mais la transmission de ce virus s'effectue par les voies respiratoires comme pour celui de la grippe.

2009 Grippe A (H1N1)

Pandémie ou non? Elle est en tout cas attendue car les études montrent qu'elles reviennent tous les dix à quarante ans. La dernière datant de 1968... Une pandémie est déclarée quand un nouveau virus est détecté dans deux pays d'une même région, qu'il se transmet d'homme à homme et que la personne atteinte déclare vraiment la maladie (plus qu'un rhume). Le 4 mai, l'OMS recensait 26 morts.

1997 La grippe aviaire

Premier cas de grippe aviaire H5N1. Une épizootie ravage les élevages de poulets à Hong Kong, six personnes meurent cette année-là. Le virus est passé directement à l'homme, sans coloniser un hôte intermédiaire comme le porc. Il n'y a donc pas eu de contamination d'homme à homme (comme c'était le cas lors des trois pandémies et avec l'actuelle grippe A).

1998 La grippe de Sydney à Zurich

Zurich choquée: la grippe de Sydney terrasse notamment trente personnes dans un même EMS. Cette épidémie rappelle que chaque année la grippe saisonnière décime, selon l'OMS, entre 250 000 et 500 000 personnes à travers le monde, dont environ 800 en Suisse.

2003-2009 Grippe aviaire, bis

Cette nouvelle flambée de grippe aviaire H5N1 a infecté 421 personnes et fait 257 morts jusqu'à aujourd'hui.



Texte: Arnaud Bédat

 Ils s’appellent David, Charles, Michel, Chantal, Natalia ou Renate, ils sont étudiants, enseignant, paysagiste, artiste peintre ou homme d’affaires. Leurs points communs? Tous sont des expatriés suisses qui habitent au cœur de l’angoisse, vivant au quotidien depuis maintenant plus de quinze jours une terrible course de vitesse contre le virus H1N1. C’est La peste d’Albert Camus, version revue et corrigée, dans un autre décor que celui qu’avait imaginé le romancier français: Mexico, mégalopole de 20 millions d’habitants, aujourd’hui entièrement paralysée, confinée à l’isolement, aux rues presque désertes. Comment cohabite-t-on avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, face à une épidémie redoutée dont on ne sait au fond pas grand-chose mais qui, dimanche soir au Mexique, affichait déjà 26 décès pour 701 cas confirmés?
«Une certaine panique»
«C’est la première fois que je vis une situation pareille», assure Chantal Monnard, enseignante au Collège suisse de Cuernavaca, à une soixantaine de kilomètres de Mexico, qui habite depuis trente-cinq ans au pays des Aztèques. Entre les tremblements de terre, les dévaluations, les crises économiques et les règlements de comptes entre narcotrafiquants, cette Vaudoise de Mont-sur-Rolle pensait avoir à peu près tout vu et tout vécu. «Ça nous est tombé dessus sans qu’on y soit préparés, explique t-elle, et le problème, c’est qu’on nous cache sans doute la vérité. Ici, au Mexique, il faut croire la moitié de ce qu’on nous dit. Oui, on ressent une certaine panique. Mais, moi, je crains plus les gangs de narcotrafiquants que la grippe. Alors, on reste à la maison, mais on ne se sent pas bien, il manque vraiment quelque chose à notre vie…»
«Ça devient ennuyeux»
Les grands enfants de Chantal Monnard sont restés à Mexico, cloîtrés eux aussi dans un appartement en attendant que tout cela passe. «Depuis une semaine, on est enfermés chez nous, confie Natalia, 25 ans, qui vient de trouver un emploi à la Banque mondiale, après une licence en relations internationales à l’Université de Mexico. Attendre, ça devient vite ennuyeux. On lit, on regarde la télé, on travaille sur nos ordinateurs, mais tout cela finit par être un peu répétitif. Il faut être conscient que la situation est grave, mais qu’on peut prévenir les choses. Si on a peur, ça va devenir le chaos et une véritable catastrophe.» Même sentiment chez son frère David, étudiant de 23 ans, qui vit avec elle: «Les consignes du gouvernement mexicain sont claires: si vous n’êtes pas obligés de sortir, restez chez vous. Alors, on reste chez nous. C’est une situation compliquée pour tout le monde, on essaie surtout de ne pas paniquer. Je ne crains pas la contagion, je suis surtout inquiet pour mes examens finaux: je devrais retourner à l’université le 6 mai, mais personne ne sait vraiment si on pourra reprendre les cours…» Natalia et David décrivent une ville de Mexico qui vit depuis plusieurs jours au ralenti: «Nous vivons dans un quartier résidentiel au sud de Mexico qui ressemble à une ville sous couvre-feu: tout est fermé, les écoles, les restaurants, les marchés, les magasins, les cinémas, les piscines, les salles de sport, les stades, et même les églises. Seul le métro fonctionne, où le port du masque est obligatoire, ainsi que les taxis. Le trafic est fluide, ce qu’on ne voit jamais ici. Seuls les supermarchés sont encore ouverts, mais beaucoup craignent qu’ils ferment aussi. Nous y sommes allés il y a deux jours faire des réserves de nourriture.» «J’espère que les compagnies aériennes ne vont pas toutes fermer leurs liaisons sur Mexico, car je dois aller voir ma grand-mère en Suisse dans deux mois», ajoute David, qui reste rivé plusieurs fois par jour aux bulletins d’informations des télés locales.
«Des Suisses vont partir»
D’autres Suisses vivent les menaces d’épidémie de manière plus douloureuse encore, à l’exemple de Charles Béart, propriétaire de quatre restaurants à Mexico City, qui ont dû tous fermer du jour au lendemain. «J’ai 60 employés sur le carreau, soupire cet homme d’affaires originaire de Montreux. Je vais perdre beaucoup d’argent avec cette crise. J’ai deux autres sociétés avec lesquelles j’espérais réussir à vivre, mais c’est terrible, plus personne ne paie rien… C’est vraiment la psychose, même si, moi, je n’ai pas peur du virus: j’évite juste d’emprunter les transports en commun, on ne sait jamais. On se lave les mains plusieurs fois par jour, on ne se serre plus la main, c’est un peu bizarre. Les gens ont peur, c’est certain. Si ça continue, vous verrez, beaucoup de Suisses vont quitter le pays.» Une analyse partagée par le Zurichois Michel Engeler, architecte paysagiste près de Mexico, qui prend lui aussi la situation au sérieux: «Les affaires tournent au ralenti, j’ai dû mettre des ouvriers au chômage. Mais le plus grand souci, ici, c’est surtout le ravitaillement. En Suisse, nos grands-parents, qui ont vécu deux guerres, nous ont appris qu’il fallait être prévoyant en cas de coup dur: donc, ça va, j’ai dans mes placards et ma cave de quoi tenir quelques semaines… Sinon, je suis les consignes, comme tout le monde, mais je me dis quand même ces jours que le bon Dieu est en train de lâcher le Mexique…»
«On s’en relèvera!»
Non loin de la capitale menacée, dans cette ville de Cuernavaca où John Huston tourna naguère Au-dessous du volcan, Renate Metthez, elle, se veut résolument optimiste. «Au début, c’était la panique, mais une fois tout bien analysé, franchement, ce n’est pas trop terrible», dit-elle. Pour cette artiste peintre native de Bienne (BE), depuis trente ans au Mexique, «toute cette agitation va bien finir par retomber». «C’est comme toutes les maladies, si on prend des précautions, ce n’est pas trop grave», analyse-t-elle avec philosophie. Elle reconnaît d’ailleurs ne guère mettre son tapaboca (cache-bouche) quand elle sort faire ses courses en ville. «La crise m’oblige à rester chez moi, donc je peins, ce qui est plutôt positif, explique-t-elle encore. Ce qui est sûr, c’est que le Mexique ne mérite vraiment pas de traverser tout ça, mais vous verrez, on s’en relèvera, vaille que vaille.»\tA. Bt J
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«Depuis une semaine, on est enfermés chez nous»
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Plus de 5000 Helvètes vivent au Mexique. Témoignages d’habitants d’une capitale paralysée par l’épidémie, entre fatalisme, méfiance et peur sournoise.
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Simon Pétremand, Neuchâtelois, à Chetumal (Mexique)
«Je me suis fait envoyer du Tamiflu depuis la Suisse»

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Arrivé «sans rien du tout» au Mexique en 1997, le menuisier neuchâtelois Simon Pétremand (39 ans) n’a pourtant pas un tempérament à être inquiet pour des broutilles. Enfant du Pâquier, il a appris à skier aux Bugnenets avec les Cuche, Didier et ses frères. «Mais là, c’est vrai, nous nous faisons du souci», reconnaît-il. Dans sa ville de Chetumal (300 000 habitants), tout au sud du pays, près de la frontière avec le Belize, la vie s’est arrêtée. «Les gens restent chez eux, ne dépensent plus. Les prix avaient déjà augmenté de 15% avec la crise financière. Alors là… Ici, on vit du tourisme et il n’y a plus personne. Les 100 chambres de l’hôtel d’à côté sont vides.» Il a des soucis plus privés. Son épouse, Julissa, est enceinte de six mois. «Dans son état, elle sait qu’elle ne pourra pas prendre de Tamiflu. De toute façon, on n’en trouve plus. En quatre jours, tous les stocks ont été épuisés.» Lui n’en a pas acheté. «Mais je viens de demander à ma mère de m’en envoyer depuis la Suisse.» Un courrier pouvant mettre un mois pour arriver à destination, celle-ci a utilisé le système DHL. Ecoles et garderies fermées, manifestations sportives ou artistiques annulées, commerces en berne, il subit le choc de plein fouet: «Nous avons tout de même fêté les 6 ans de mon fils, avec quinze invités au lieu de cinquante. Il y a une atmosphère de panique. Le trafic a baissé de moitié. Nous vivons pourtant dans une région d’ouragans, où les gens sont habitués à se prendre en main en cas de danger, davantage qu’en Europe.» Lui s’accroche: il y a deux ans, il a eu sa maison détruite par l’ouragan Dean, ainsi que presque tout le village où il vivait. «Je suis venu m’installer ici avec ma famille, à Chetumal. Mais je ne sais pas vivre en ville…» glisse-t-il avec bonhomie. Avec cette grippe, il sait qu’il lui faudra redoubler de patience. Marc David
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2007: les plages de Cancún sont bondées. 2009: depuis l’apparition de la grippe A (H1N1), seuls quelques rares touristes osent encore s’y aventurer. Une catastrophe pour cette région touristique, où réside Simon Pétremand.
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Au paradis, malgré tout
La Biennoise Renate Metthez vit depuis trente ans près de Mexico, à Cuernavaca, surnommée la «ville de l’éternel printemps» en raison de sa température clémente, toute l’année entre 25 et 31 degrés.
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«Je reste chez moi et je peins» Renate est artiste peintre et enseigne aussi l’art au Collège suisse de Cuerna-vaca. Quand elle sort en ville, les rues sont quasi désertes (ci-dessous).
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Deux Vaudois confinés Frère et sœur, David et Natalia Monnard ne sortent plus de leur appartement de Mexico depuis maintenant près de quinze jours.
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Simon Pétremand, son fils Edson et sa fille adoptive Jurizine.
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Tags: virus de la grippe A (H1N1) en Suisse, pandémie de grippe Mexique, Office fédérale de la santé publique (OFSP), centre national de la grippe à Genève, Organisation mondiale de la santé (OMS) Aller en haut de page Haut de page

 

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