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La famille Perfect
La vie à quatre
Pour préserver les siens, le champion bâlois a réussi à cacher le lieu et la date de la naissance de ses jumelles. Depuis l’annonce de la venue au monde de Charlene Riva et Myla Rose, médias, fans de tennis et bookmakers sont en ébullition.

Par Yan Pauchard - Mis en ligne le 28.07.2009
Félicitations Mr. Perfect! Les dizaines de milliers de messages reçus pourraient se résumer à ce seul commentaire. Avec la naissance de ses jumelles Charlene Riva et Myla Rose dans la nuit du jeudi 23 juillet à Zurich, Roger Federer s’est montré une fois encore plus que parfait. Comme si ce n’était pas suffisant d’être devenu le meilleur joueur de tennis de tous les temps en remportant à Wimbledon son quinzième titre du Grand Chelem, d’être entré dans la prestigieuse liste des cent personnalités les plus influentes de la planète ou de se montrer irréprochable en toutes occasions, tant sur qu’en dehors des courts.

Surprise totale

Comme pour son mariage, célébré à Bâle le samedi 11 avril dernier, Roger Federer, 27 ans, a su préserver le mystère autour de la naissance de ses enfants. Son seul credo: protéger sa vie privée, préserver sa femme, Mirka, 31 ans, son pilier, son amour depuis leur rencontre aux Jeux olympiques de Sydney en 2000. Le champion a ainsi laissé proliférer des rumeurs de toutes sortes, brouillant les pistes. Il n’a pas contredit les journalistes, lorsque certains affirmaient que le bébé était un garçon, confortant ainsi l’inconscient collectif qui espérait un héritier mâle pour le roi du tennis mondial. Certaines mauvaises langues ne s’étaient d’ailleurs pas gênées d’insinuer que Federer se serait arrangé pour que son fils naisse le même jour que lui, le 8 août. Roger n’a jamais bronché.

Ce fut donc la surprise totale quand, vendredi 24 juillet, à 6 heures du matin, Roger Federer a annoncé la venue au monde de ses filles sur l’internet, à la fois sur son site officiel et sur le réseau Facebook. «C’est le plus beau jour de notre vie. Mirka, Myla et Charlene sont en bonne santé et se portent bien», commenterat-il sobrement, provoquant une explosion de messages de félicitations du monde entier. Rien que sur Facebook, où il compte 2,5 millions de fans, on recensait le dimanche soir plus de 120 000 personnes ayant réagi.


«Voici les championnes de Wimbledon de 2029 à 2040!»
Andy Roddick


Aujourd’hui, tout le monde attend avec impatience la première photo des bébés et des heureux parents. La question obsède les rédactions. Les Federer offriront-ils une image à tous les médias? Ou feront-ils comme pour leur mariage? Ils avaient alors vendu les clichés à certains magazines, reversant l’argent à leur fondation en faveur des enfants défavorisés d’Afrique du Sud, pays d’origine de Lynette, la mère de Roger. Il n’en reste pas moins que, pour la petite histoire, dans les heures qui ont suivi l’annonce, photographes et caméramans ont attendu en vain à Zurich devant... la fausse clinique. En effet, depuis plusieurs semaines courait la rumeur que Mirka avait réservé une chambre à la maternité de la luxueuse clinique Bethanien de Zurich, seul établissement de la ville qui soit membre des Swiss Leading Hospital. Un bruit renforcé le jour où Lynette Federer avait confié à une radio que l’accouchement aurait «de toute manière lieu en Suisse, quelque part à Zurich».

C’est seulement le soir du samedi 25 juillet que la presse découvrira dans quel hôpital se trouvent les Federer. A 19 h 29, une photographe du SonntagsBlick prend un cliché des parents de Roger, Robert et Lynette, montant dans une Lexus de couleur sombre, dans le parking souterrain de la clinique Hirslanden, sur la Goldküste zurichoise. Ouvert en 1932, l’établissement est huppé, agrémenté de services hôteliers de luxe. Il est à la pointe de la médecine conventionnelle, tout en offrant aux nouvelles mamans des soins complémentaires comme l’acuponcture ou l’aromathérapie. En 2008, 919 bébés y sont nés. Mais aucune trace des jumelles sur la liste des naissances du site internet.

La naissance de Myla et de Charlene n’agite pas que les journaux. Toute la planète tennis est en ébullition. Les fans rêvent un jour de voir les filles Federer dépasser le palmarès de Venus et Serena Williams qui, même si elles ne sont pas jumelles, symbolisent la domination de sœurs (18 titres de Grand Chelem à elles deux). Sur le site Twitter, le numéro 5 mondial, l’Américain Andy Roddick, peu rancunier, annonce: «Voici les championnes de Wimbledon de 2029 à 2040!» En Grande-Bretagne, les paris sont déjà ouverts chez les bookmakers. La cote est à 1 contre 25 de voir l’une des deux sœurs remporter un jour l’un des quatre tournois du Grand Chelem, quel qu’il soit. Certains se prennent aussi à rêver d’une fantastique carrière en double. La meilleure paire du tennis masculin n’est-elle pas formée des jumeaux américains Bob et Mike Bryan? Leur osmose est telle que certains les ont même soupçonnés d’être télépathes. Mais gageons que Roger Federer saura protéger et guider ses filles. Et qu’il sera dans son rôle de père, comme toujours, parfait.

Les prétendants de Charlene et de Myla

Copains de jeux ou futurs amoureux?

Grâce aux relations de leurs parents, les jumelles Federer comptent déjà quelques potes VIP pour les accompagner de l’enfance à l’adolescence.

Rock attitudes

En mars dernier, au tournoi d’Indian Wells, Mirka joue tendrement avec le petit Zuma Nesta Rock, le fils cadet de ses amis Gwen Stefani et Gavin Rossdale. L’ancienne chanteuse du groupe No Doubt et son mari sont très proches des Federer. Dans une interview, le Bâlois a expliqué que c’est en côtoyant les enfants du couple qu’il aurait réalisé son envie d’être père. Charlene et Myla pourront donc certainement compter sur le soutien de Kingston, 2 ans, et Zuma, 11 mois, dans les backstage des concerts de rock ou dans les tribunes des courts de tennis. Les Américains sauront aussi leur donner quelques conseils en matière de looks originaux. Crête de coq, coiffure bicolore et tenue punk rock, les petits Rossdale sont de véritables gravures de mode!

L’ami des greens

Dans les bras de son père, le golfeur Tiger Woods, le petit Charlie Axel, né le 8 février 2009, a l’air d’un ange. Pourtant le papa s’est plaint à Roger Federer, via SMS, des nuits blanches que ses deux chérubins (Charlie a une sœur, Sam, née en juin 2007) lui ont fait subir. Le Suisse doit certainement mieux le comprendre aujourd’hui... Depuis leur rencontre en 2006, les deux sportifs, que beaucoup comparent pour leur élégance et leurs succès, sont immédiatement devenus amis. Même la mère de Roger a joué au golf avec l’Américain. En Charlie et Sam, Myla et Charlene trouveront des confidents à qui parler des joies et des peines d’avoir un papa champion.

 

Paroles de jumelles

"Federer est un chanceux!"

Texte: Blaise Calame

D’origine ivoirienne, Lina et Linda Latte, 22 ans, installées à Ballaigues (VD), étudient ensemble la médecine à Lausanne. Lina est en lice pour la finale du concours Miss Suisse.

Impossible de ne pas se retourner sur ces deux plantes-là. Et ce qui est vrai à Lausanne, la ville où elles étudient ensemble la médecine, l’est encore plus à Ballaigues, le hameau vaudois où elles se sont installées avec leur mère il y a un an. Nos jumelles en ont l’habitude: dans le village ivoirien où elles ont vécu jusqu’à l’âge de 6 ans, avant de rejoindre la Suisse après la mort de leur père, Lina-Paule et Linda-Louise, qui préfèrent dire Lina et Linda, se singularisaient déjà. «En Côte d’Ivoire, il y a un mythe autour des jumeaux, dit Lina. On dit qu’ils portent chance. Nous étions l’attraction des fêtes dominicales. On devait s’habiller en blanc et se montrer joyeuses.»

Apprenant que Mirka avait accouché de jumelles, les sœurs Latte ont eu la même réaction: «On s’est dit, tiens, Federer est un chanceux!»

Nées il y a vingt-deux ans en Côte d’Ivoire, éduquées par leurs grandsparents maternels, Lina et Linda sont épatées par leur propre trajectoire. Reconnaissantes aussi, à l’égard de leur maman qui leur a permis de quitter l’Afrique et sa fatalité. Les filles Latte sont très croyantes: leur parcours de vie n’y est évidemment pas étranger, le choix de leurs études non plus. «Nous ressentons le besoin d’aider les autres. On nous a donné cette possibilité de faire de hautes études en Suisse, donc on vise au plus haut, pour nous réaliser.»

Difficile, au premier coup d’œil, de distinguer Lina de Linda. Elles ne s’habillent pourtant plus de manière identique «depuis l’âge de 12-13 ans». Bien que Linda soit née la première, Lina répète à qui veut l’entendre qu’elle est l’aînée. Par provocation, un peu, par jeu surtout. Lina mesure «un petit centimètre de plus» que sa sœur. Elle chausse également une demipointure en plus. Elles sont toutes deux droitières. «Linda est un peu plus fine. Sans doute parce qu’elle aime moins les gâteaux que moi», souligne sa sœur dans un éclat de rire. Mais toutes deux ont des goûts culturels similaires et fréquentent les mêmes endroits.

Si Lina s’est lancée seule dans le concours Miss Suisse 2009, cela n’enlève rien au charme de Linda. Ce ne sont pas leurs copains respectifs, deux Tessinois très différents, John, qui fréquente Lina depuis bientôt deux ans, et Nicolas, qui sort avec Linda depuis quatre ans, qui diront le contraire!

De caractère, Lina est plus secrète, plus posée que Linda, quittient davantage de la pile électrique. Elles ont été élevées sans favoritisme, à égalité. «C’est Lina qui, la première, a ressenti le besoin de se distinguer, raconte sa sœur. Moi, je me savais déjà différente d’elle, mais en même temps j’avais du mal à accepter qu’elle souhaite changer de fringues ou de coupe de cheveux. Cela me rendait triste, alors je la copiais.» Une attitude que Lina supportait mal: «Moi, j’avais envie de m’individualiser, parce que, à force de tout faire à deux, j’avais besoin de savoir un peu mieux qui j’étais.»

Impossible cependant de séparer nos jumelles, parfois limite télépathes. «Un jour, j’ai fait une allergie aux fraises, raconte Linda. J’ai appelé Lina qui, au même moment, a commencé à se sentir mal! Elle avait d’autres symptômes, mais cela nous affectait en même temps.» Situation tout aussi troublante au moment du bac où les deux frangines, après un parcours littéraire pour Linda et scientifique pour Lina, avaient toutes deux choisi la physique en option spécifique. Lors de l’examen, bien qu’éloignées l’une de l’autre, elles ont livré une copie identique, produisant «les mêmes erreurs». «Le prof était complètement abasourdi», se souvient Linda.

Chez les sœurs Latte, on dit plutôt nous que je. Elles sont extrêmement fusionnelles: «On a besoin l’une de l’autre pour se réaliser.» Comme si, malgré tout, elles ne formaient qu’une.
 
 

Double bonheur

"Sur ce coup, on a battu les Federer!"

Texte: Quan Ly

Peu importe qu’ils ne soient pas aussi célèbres que les Federer. Alain et Carine Bénet partagent avec eux un bonheur identique. Et le même mérite: celui d’avoir remporté le titre de parents, en s’offrant un beau doublé.

En ce samedi ensoleillé, la vue sur le Léman et sur les 2176 mètres du Grammont est magnifique depuis le site de l’hôpital du Samaritain, situé sur les hauteurs de Vevey. Mais Alain et Carine Bénet n’ont d’yeux que pour leurs petits bouts d’chou: Malia et Lalie. Avec leurs fausses jumelles, de respectivement 44 et 46 centimètres, le professeur de sport et la passionnée de course à pied ont atteint le sommet du bonheur.

Elles sont nées le 21 juillet dernier, trois jours avant les sœurs Federer. «Sur ce coup, on les a battus! plaisante Alain, 44 ans. Si Roger le souhaite, je peux lui donner des conseils.» Et d’ajouter illico, plus sérieux: «Je n’aimerais pas être à sa place; il ne doit pas être totalement libre de ses mouvements pour aller voir ses filles.» «Mirka avait un beau ventre, se rappelle pour sa part Carine. Cela m’a fait sourire de savoir qu’on allait accoucher presque en même temps.»

Sa grossesse gémellaire, la belle femme de 37 ans l’a vécue «épanouie du début à la fin». La veille du jour J, elle faisait encore ses longueurs à la piscine. Un des bébés se présentant mal, la césarienne avait été planifiée. La péridurale a un peu stressé Carine. Mais l’accouchement s’est finalement bien déroulé. Quinze minutes intenses, pour une vie de bonheur. Malia a vu le jour à 8 h 19, suivie trois minutes après par sa sœur Lalie.

Pour le couple de sportifs, originaire de Blonay, ce beau doublé est le couronnement d’un long parcours. Lorsque, en décembre dernier, ils ont appris que Carine était enceinte après une fécondation in vitro, ils n’y ont pas cru tout de suite. Pas osé. Cinq ans de tentatives et de déceptions, ça vous rend prudent. «C’était lourd moralement, financièrement», explique Alain. Et puis le miracle. Leur dernier essai fut le bon.

Le compétiteur de triathlon fait un parallèle avec le sport de haut niveau: beaucoup de sacrifices pour une échéance et un objectif. «On vit la même émotion, mais là on sait qu’elle va durer pour la vie», confient les parents, leurs yeux bleus pétillant de fierté. «Lorsque j’ai vu le premier bébé, je n’ai pas pu retenir une petite larme», avoue Alain. Celle d’une double victoire, amplement méritée.


Vu des astres

Les deux petites Federer ont un fort potentiel créatif

L’astrologue Sandra Gaudin* estime qu’avec une majorité de planètes dans les signes du Lion et des Gémeaux, le tempérament des jumelles s’annonce enjoué et optimiste.

A l’instant où j’écris cet article, nous n’avons pas de précision quant à l’heure de naissance de Charlene Riva et Myla Rose, précision qui nous permettrait de définir leur ascendant.

Astrologiquement, trois hypothèses peuvent coïncider. Première possibilité: leur naissance a eu lieu le 23 juillet vers 23 heures, ce qui laisserait présager qu’avec Uranus en conjonction à leur ascendant Poissons, l’accouchement a pu être provoqué ou que les bébés ont pu naître par césarienne.

Dans le second cas, elles seraient venues au monde un peu avant minuit, alors qu’Uranus parcourait leur maison XII: la tension et l’excitation des derniers tournois (Roland-Garros et Wimbledon) gagnés par leur père avec beaucoup d’émotion, auraient été intensément vécues par leur maman et donc par les jumelles. Et enfin, si elles ont vu le jour vers 2 h 30 le 24 juillet, j’imagine qu’il y a pu avoir une petite lutte entre les fillettes pour savoir qui sortira la première.

Terminons-en avec les suppositions pour entamer l’interprétation de la position des dix planètes de la carte du ciel. Avec une majorité de planètes dans les signes du Lion et des Gémeaux, le tempérament des jumelles s’annonce enjoué et optimiste. Avec une Lune en Lion opposée à Jupiter et Neptune, on perçoit un fort potentiel créatif, une attirance pour les domaines artistiques avec le goût de ce qui est beau, mais aussi une forte sensibilité aux états d’âme de leur maman. On peut par ailleurs constater que, dans le thème de Mirka, la période de l’enfance ne fut pas sans turbulences, ni pression. Le passage de Saturne et de Pluton à son Soleil en 2010 et 2011 ravivera les manques de sa propre éducation. Mirka, du signe du Bélier, parviendra avec beaucoup d’intelligence à ne pas reproduire les schémas de sa propre enfance sur ses enfants.

Du côté de l’image paternelle, la représentation du père se révèle adéquate et brillante. En effet, avec un Soleil en Lion bien positionné, Roger transmettra les valeurs qui le caractérisent dans sa carrière, soit le courage, la dignité et l’authenticité. Seule difficulté pour les petites filles, avec une Vénus en Gémeaux mal positionnée: trouver leur place dans la gémellité et travailler sur la notion de séparation.

Contrairement à certains présages que j’ai pu lire dans les journaux, je ne pense pas que Charlene et Myla soient absolument destinées à une carrière dans le tennis. Outre leur potentiel dans les domaines artistiques et dans l’écriture, l’une d’entre elles pourrait bien s’investir (avec le nœud nord, Jupiter et Neptune en Verseau) dans les causes humanitaires, caritatives ou écologiques. Refermons bien vite cette petite parenthèse astrologique pour laisser ces petites filles grandir tranquillement avec comme amies des qualités qu’elles apprécieront spécialement: la liberté et le libre arbitre.

Les astres prédisposaient Roger à de grandes victoires jusqu’à l’été, batailles qui se révéleront moins simples cet automne. Alors, entre nous, si notre héros (qui a toujours défié les astres) devait se relâcher un peu par manque de concentration ou de sommeil, souhaitons-lui tout le bonheur du monde au sein de ce qui sera certainement sa nouvelle priorité: le bonheur de sa famille.

* Sandra Gaudin est l’astrologue du magazine «edelweiss».

 

Maman de jumeaux

"On n'a même pas le temps de paniquer"

Texte: Marie Mathyer

Mère de Lilian et d’Arthur, nés en septembre 2006, la journaliste de la TSR Gaëlle Lavidière raconte son quotidien.

Quelle a été votre réaction quand vous avez appris que vous attendiez des jumeaux?

Avant même la première échographie, j’avais blagué avec mon mari en lui suggérant de faire croire à sa mère que j’étais enceinte de jumeaux. Lui ne trouvait pas super malin de plaisanter avec ça. Puis le gynécologue a dit: «Ah, il y a une surprise ce matin. Vous hésitiez à changer de voiture, monsieur? N’attendez plus!» J’ai mis quinze jours à m’enremettre. Enceinte, on se projette avec un bébé, à aimer, à cajoler. C’est dur de rectifier l’image pour s’imaginer avec deux nourrissons dans les bras.

Et comment a réagi votre entourage?

Mon mari a tout de suite pensé que ce serait deux fois plus de bonheur. Mais, dans l’ensemble, les gens en restent assis. (Elle rit.) Il y a même quelqu’un qui a parlé de catastrophe, je crois...

Qu’est-ce qu’il se passe, ensuite?

Je suis allée sur l’internet pour m’informer. Et là, le maître mot, c’est anticiper et se préparer. Mais c’est impossible! Qu’est-ce que tu pourrais bien faire à part tout acheter à double?

Après l’accouchement, vous avez tout de suite su les distinguer?

Oui. Mais j’avoue que, de retour à la maison, on leur a quand même laissé les bracelets de la maternité une semaine: histoire d’être vraiment sûrs! (Elle éclate de rire.)

A quoi ont ressemblé les premiers mois?

Franchement, les trois premiers mois, on a trop la tête dans le guidon pour avoir des souvenirs. C’est comme un grand flou. Heureusement, mon mari rentrait de mission humanitaire à l’étranger et a pu rester en congé pendant trois mois. Avec des jumeaux, c’est douze biberons par jour, qui prennent chacun près d’une heure. Rien que pour les alimenter, ça te prend la journée. Et c’est compter sans les couches, le bain, les endormir, laver les biberons, tenter une lessive.

Vous vous souvenez d’une anecdote sur cette période?

Une fois, on a essayé d’inviter des amis. J’ai dû m’y prendre à trois fois pour faire de simples pâtes. A l’hôpital, on t’explique que c’est aux parents de s’habituer au rythme du nouveau-né. On a essayé. Mais après une nuit blanche, on a décidé d’imposer les horaires. Dès que l’un pleurait pour manger, on réveillait l’autre pour le nourrir aussi. Le bien de l’enfant, ça passe avant tout par la survie de ses parents!

Y a-t-il des avantages à avoir des jumeaux?

Pas de temps pour paniquer! Et pour les questions de santé, tu as l’effet miroir: tu compares s’il est plus pâle que son frère. Je pense que c’est aussi plus facile d’avoir des jumeaux que des enfants d’âge rapproché puisque tout se fait au même rythme. Ils en sont au même stade: purée, crèche, activités…

Est-ce qu’on élève des jumeaux de la même manière qu’un enfant unique?

Oui, parce que nous les considérons comme des frères, issus d’une fratrie normale. Ils n’ont jamais été habillés de manière identique, par exemple. Il y a beaucoup de mythes, de théories sur les jumeaux; or, pour l’instant, chez nous, nous n’avons rien observé de spécial. Ils n’ont pas de langage secret, ne pleurent pas lorsque l’autre a mal...

Un message à adresser à Roger et Mirka?

Venez souper à la maison, on vous montrera!

 

L’analyse des prénoms

Tout sur Charlene Riva et Myla Rose

Le professeur Jürgen Udolph* décrypte les prénoms des fillettes Federer.

Que signifient ces prénoms?

Myla est un prénom rare. Je suppose qu’il vient de Slovaquie. Le diminutif de Milena est Mila et signifie «aimé», «cher». La lettre «y» est très helvétique, car on trouve en Suisse romande le prénom Mylène. Dans Myla, on mélange vraisemblablement les origines slovaques de Mirka et sa patrie actuelle.

Rose est typiquement un prénom du sud de l’Allemagne.

Juste. Dans notre fichier www.genevolu. de, il y en a une grande quantité dans le Bade-Wurtemberg, donc dans l’espace linguistique alémanique. Il va jusqu’à Bâle. Rose rappelle évidemment la fleur au parfum envoûtant.

Et Charlene?

Charlene est une variante de Charleen et la forme féminine du prénom masculin Charles. L’origine vient cependant du Karl allemand.

Dans aucun recueil de prénoms on ne trouve Riva!

Honnêtement, je ne sais pas d’où vient Riva. Une étude suppose que c’est un diminutif du prénom hébraïque Rebecca, cité dans l’Ancien Testament, qui signifierait «l’envoûteuse», «l’ensorceleuse».

Les parents ont-ils davantage tendance à donner à leurs enfants des prénoms spéciaux?

Les prénoms traditionnels reculent. La faute à la mondialisation: les voyages inspirent des prénoms plutôt étrangers comme Jessica, Michelle, Kevin ou Justin. Par l’internet, nous faisons la connaissance de vedettes et de personnalités qui souvent portent des prénoms spéciaux. Il y a aussi une tendance à l’individualisme.

Et aussi une tendance aux prénoms composés?

Oui, absolument. En ce qui concerne les enfants de Roger Federer, on relèvera une combinaison de prénoms plutôt inhabituelle. Les parents ont tendance à donner un prénom personnalisé pour que leur enfant soit unique. Il est aisé de donner à son enfant un prénom qui sort de l’ordinaire. Mais difficile de l’élever pour en faire un individu hors du commun. J’ai quatre enfants, je sais de quoi je parle.

Stéphanie Ringel, Schweizer Illustrierte

* Le professeur Jürgen Udolph, 66 ans, est un spécialiste allemand en onomastique. Il a décrypté des milliers de prénoms et de noms de famille.



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Tags: Roger et Mirka Federer, Myla Rose et Charlene Riva, clinique Bethanien Zurich, sœurs Williams Aller en haut de page Haut de page

 

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