Peluches, dictionnaire, cheval à bascule, poupées, découvrez le cadeau qui a marqué l’enfance de sept personnalités romandes et dont elles ne se sont jamais séparées. Chacun dit à sa façon quelque chose de cette magie de Noël perçue par leurs yeux d’enfant.
Par
Patrick Baumann - Mis en ligne le 15.12.2009
«Précieux malgré son piteux état»
Darius Rochebin, présentateur du TJ
Enfant,
il enregistrait à Noël des chants et des poèmes sur cassette pour le
petit téléjournal familial. Noël simple, sans chichis décoratifs ou
gastronomiques. Papa, maman et Darius, né comme Jésus le 25 décembre.
Il a oublié le nom de cette peluche et l’âge exact qu’il avait
lorsqu’il l’a reçue. «Je devais avoir 5 ans. J’ai beaucoup joué avec,
j’adore les peluches. Leur poil soyeux. Celle-ci est dans un état
lamentable, ma bave d’enfant s’est mêlée à celle de ma chienne Virginie
à qui je l’avais donnée.» Il a beau dire, jurer qu’il n’oserait pas
l’offrir à son enfant à naître, il ne s’en est jamais séparé.
«Une trace de la petite fille que j’étais»
Ilham, comédienne, future maman
Elle
a gardé précieusement non pas le cadeau, mais… la liste de cadeaux.
«C’est ma maman qui l’avait mise de côté puis me l’a offerte en
souvenir.» Une liste sur un papier fatigué qui a traversé le temps,
avec son écriture de petite fille. «Je dois avoir 6 ans.» Elle a des
lumières dans les yeux, Ilham, lorsqu’elle déchiffre «Un 1000 bornes,
un chichi, une corde à sauter», de son écriture malhabile. Sourire. «Le
père Noël n’a pas tout apporté en même temps!» Les cadeaux ont passé,
mais pas la magie du désir à jamais enfermée sur ce bout de papier.
Comme une trace indélébile de la petite fille qu’elle n’est plus.
«Le premier cadeau important»
Pierre Keller, directeur de l’Ecole cantonale d’art de Lausanne
Ce
cadeau, toujours présent dans la chambre à coucher de sa maison de
Saint-Saphorin, ferait le bonheur d’un antiquaire. Mais ce petit cheval
est magique, il bascule vers l’enfance: «J’avais 3 ans, on habitait
Gilly. Je me souviens de lui emballé sous le sapin.» Pas de messe de
Noël pour petit Pierre qui travaille au plantage et au poulailler
familial. Mais ce bel objet en bois a peut-être déterminé le goût de la
forme et son élégance qui gouverneront plus tard la vie de l’expert en
design. Tous les tableaux de sa collection ne sont pas dans sa maison.
Le cheval, oui.
«Mon nounours m’a suivie partout!»
Isabelle Chassot, conseillère d’Etat fribourgeoise
«Il
n’a pas vraiment de nom. C’est Nounours! Je devais avoir 5 ans quand je
l’ai reçu de ma marraine Frida. Elle a 90 ans et sera heureuse de voir
que j’ai gardé son cadeau. Il symbolise la magie de Noël. Ma peluche
m’a suivie dans tous mes déménagements!» Chez les Chassot, pas question
de déroger aux traditions. «Ma mère était Autrichienne, làbas ce n’est
pas le père Noël mais le Christkind qui amène les cadeaux. Elle
décorait le sapin le 24 décembre, loin de nos yeux curieux. On le
gardait jusqu’aux Rois, le 6 janvier.» Et dimanche, la conseillère
d’Etat sera aux fourneaux avec sa mère pour confectionner les biscuits
de Noël.
«Sa façon d’être fière de moi»
Gérard Rabaey, 19/20 au GaultMillau
C’est
bien plus qu’un Larousse gastronomique, c’est une façon pour une mère
peu habituée aux épanchements de dire je t’aime à son fils. Le patron
du Pont-de-Brent possède 2000 livres de cuisine, mais rien de
comparable à celui-ci, désormais d’une grande rareté, reçu sous le
sapin normand. Il a 13 ans, il est en première année d’apprentissage et
sa maman n’imaginait jamais que le nom de Rabaey figurerait un jour
dans la sixième édition. «Chez nous, il fallait travailler, même à
Noël. J’aidais mon père à tuer les dindes. Les cadeaux étaient
utilitaires. Ce livre-là, c’est ma mère qui me dit à sa façon sa
fierté.»
«Barbie me relie à mon enfance»
Murielle Siki, animatrice TSR
Cadeau
devenu bain de jouvence. Il y a Ken, Skipper, bien conservés; elle se
désole de n’avoir pas retrouvé Barbie, que sa fille n’a pas dû ranger
au bon endroit. «Il me suffit de les regarder pour retrouver mes 8 ans,
l’atmosphère de Noël, là-bas, à Seattle, le sapin, le passage de la
Bible lu en famille.» Et puis, au matin du 25 décembre, l’autorisation
d’ouvrir le paquet. L’excitation, le papier qu’on déchire, une petite
fille qui s’excite. «Vous avez vu comme les habits sont bien coupés,
avec des boutons. Aujourd’hui, elles sont faites en Chine, avec du
scratch!» L’enfance s’en est allée. Barbie est restée.
«Mon histoire sous forme de cadeau»
Liliane Murenzi, Miss Suisse romande 2009
Pas
matérialiste, cette grande jeune fille au métissage éclatant. Le cadeau
qui a marqué l’enfance de cette designer en horlogerie, à Neuchâtel,
n’est pourtant pas une montre, mais un album photo. Offert par sa
grand-mère saint-galloise, au Noël de ses 10 ans. «Je suis née en
Suisse, partie au Rwanda à l’âge de 4 ans, revenue six ans plus tard,
au moment du génocide. Mathilde, ma grand-mère, a voulu m’offrir un
reflet de ma vie, quelque chose de beau, parce que mon enfance a été
très heureuse. Une grand-mère sagesse, venue dire à sa petite-fille:
«La vie continue. Garde en mémoire ces plus beaux moments!»