Présidente du jury du Festival de Cannes, l’actrice française promène sur la Croisette son mélange subtil de glamour et de mystère. Esquisse de portrait d’une femme qui s’expose volontiers, mais qui se livre peu.
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Laurent Favre - Mis en ligne le 19.05.2009
Allons à l’essentiel, puisque cette femme n’aime ni l’emphase ni les anecdotes sur sa vie privée. Isabelle Huppert est née le 16 mars 1953, ce qui fait d’elle un Poissons, du genre anguille. Une mère prof d’anglais et férue de piano pour le côté froid, élégant et cultivé; un père à la tête d’une entreprise de… coffres-forts pour le cadenas fermé à double tour sur les secrets de la vie.
Elle a 56 ans et en paraît dix de moins; c’était déjà le cas lorsqu’elle en avait 20 dans Les valseuses de Bertrand Blier ou La dentellière de Claude Goretta. Elle a trois sœurs et un seul frère, et trois enfants d’un seul père (le réalisateur Ronald Chammah, avec qui elle est mariée depuis 1982, après avoir partagé la vie du producteur Daniel Toscan du Plantier). Elle parle le russe, en plus de l’anglais et de l’italien, et un français ciselé, très précis lorsqu’il s’agit de décrire son métier, infiniment plus vague lorsqu’on cherche la femme derrière l’actrice. «Tout le monde est tellement friand d’anecdotes que cela pousse à la parcimonie. Je n’ai pas envie de me conformer au conformisme ambiant», dit-elle. Elle veut bien poser nue (pour Lui en 1981), mais pas avec ses gosses.
Qui est Isabelle Huppert? «J’ai fait sept films avec elle. Je n’ai pas encore éclairci sa part de mystère…» constate Claude Chabrol. La multiplication des articles à l’approche du Festival de Cannes qu’elle préside n’a pas davantage répondu à cette question. A la fois très en vue et très secrète, elle s’expose, mais ne se livre pas. Le seul livre auquel elle a accepté de collaborer est d’ailleurs… une série de portraits exposés au MoMA de New York. Présider Cannes lui sied à merveille, puisque le rôle impose d’apparaître en tous lieux mais de ne parler jamais.
Dans les années 70, Isabelle Huppert égalait le charme de Miou-Miou, le mystère d’Isabelle Adjani, la grâce de Nathalie Baye. Sur le tournage des Sœurs Brontë, on prétendait que les agents des deux Isabelle calculaient, chronomètre à la main, leur nombre de gros plans respectifs. Il n’y a plus de match. Huppert les supplante toutes aujourd’hui, forte d’une carrière foisonnante, intègre, variée, trouble.
Elle va très loin, mais toujours avec retenue. Plus charnelle qu’on ne le croit, elle compose une image de star plus inaccessible qu’on ne le pense. «Elle a cette distance qui lui permet de s’amuser, à la différence d’autres grandes actrices qui souffrent», observe François Ozon, qui lui donna un rôle comique dans 8 femmes. «Je revendique avec mes personnages une empathie qui dégoûte Isabelle Huppert», lança récemment Adjani la revenante. «Isabelle Huppert a deux qualités qui sont rarement réunies chez une actrice: une sensibilité extraordinaire, qui lui permet d’exprimer la souffrance de façon très impressionnante, et la force d’une intellectuelle froide», témoigne le cinéaste autrichien Michael Haneke, Palme d’or en 2001 pour La pianiste.
Isabelle Huppert y remporta son second prix d’interprétation sur la Croisette. Déjà primée en 1978 pour Violette Nozière (Chabrol), elle est l’actrice la plus nommée aux césars (13 fois, mais une seule statuette, en 1996, pour La cérémonie, encore de Chabrol), la plus sélectionnée à Cannes (25 fois) et la plus primée internationalement (un British Award, un prix à Mont-réal, deux prix à Venise, un prix partagé à Berlin). Il ne lui manque que l’oscar.
«J’ai fait sept films avec elle et je n’ai pas éclairci son mystère…»
Claude Chabrol
Est-ce la meilleure actrice franco-phone? «Probablement, mais comme elle tourne sept films par an, elle ne donne que 10% de ses capacités…» Bon, c’est du Godard, ça date des années 80, et c’est exagéré: trois films par an en moyenne. Plus de 80 au total. «C’est une formidable machine à jouer», lance Patrice Chéreau. Ce n’est qu’un demi-compliment: il avoue «avoir essayé de la dérégler, parce qu’elle se contrôle de façon phénoménale». «Je ne dirai pas qu’elle est la meilleure des actrices, parce qu’elle se situe hors de toute hiérarchie, tranche Benoît Jacquot. Elle est moins une actrice qu’une interprète… au sens musical. Comme une virtuose face au chef d’orchestre.»
Elle serait aussi très chiante. Quentin Tarantino l’aurait virée du casting d’Inglorious Bastards pour un lapin et deux retards. Elle a obligé L’Express à publier un démenti qui suinte plus le mépris distant que la colère. «Accuser une actrice de «caprice» à partir de faits inexacts est bien le «cliché» le plus banal que l’on puisse lire et écrire s’agissant d’un non-événement.»
Capricieuse? Le Nouvel Obs lui a posé la question. «Elle a répondu par son fameux: «Ah, bon.» C’est son truc. Etre vaguement et faussement de-ci, de-là. Isabelle Huppert est fuite et feintes, fugues et fermeture. Insensible? «La première fois que je l’ai rencontrée, raconte le producteur Marin Karmitz, c’était dans un ascenseur de la Gaumont. Elle était en larmes parce qu’elle venait d’apprendre la mort de Roberto Rossellini.» Ah, tout de même! Dans son livre de souvenirs, Gilles Jacob, le président du Festival de Cannes, raconte que, les deux fois où il l’a appelée pour lui annoncer qu’elle avait le prix, elle s’est mise à pleurer. C’est vrai, ça? Elle confirme en faisant du Huppert: «S’il l’écrit, c’est que c’est vrai.»
Cannes, palmes du glamour
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Concours d’élégance
Cette année plus que jamais, stars et starlettes ont fait du tapis rouge de Cannes le podium du plus chic des défilés haute couture.
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Les couturiers favoris de cette 62e édition sont Giorgio Armani et Roberto Cavalli
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Sophistiquée
Pour la cérémonie d’ouverture, Isabelle Huppert, présidente du jury, porte une robe manteau croisée champagne, dont le décolleté est entièrement brodé de fleurs en organdi de soie et strass noir, Armani Privé Haute Couture. Bijoux Chopard.
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Baroque L’Américaine Elisabeth Banks resplendit en robe à paillettes bleu nuit du couturier Andrew Gn avec un décolleté en cœur accentué par un galon de perles sombres. Pochette Daniel Swarovski en satin noir. A ses poignets, des bracelets menottes Andrew Gn.
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Les grandes maisons qui habillent les stars livrent en camion sécurisé les vêtemen ts qui valent souvent plusieurs milliers d’euros
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Romantique Plus petit top model du monde avec ses 165 cm, Devon Aoki assiste à la première de «Spring Fever» drapée dans une robe lilas asymétrique Alberta Ferretti. Bijoux Chopard et pochette Alcazar Swarovski.
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Eugenia Silva joue l’aspect 3D dans une robe noire avec traîne rebrodée de rubans de velours, diamants et cristaux, Armani Privé. Bijoux Chopard, collection Tapis rouge.
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Les égéries de L’Oréal: Elisabeth Banks en robe rouge asymétrique Georgio Armani Privé et Aishwarya Rai en blanc vaporeux Roberto Cavalli avec une pochette Kiosque de Swarovski.
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Abbie Cornish, qui joue dans «Bright Star», est vêtue d’une robe Toni Maticevski (originaire d’Australie, comme elle) avec des volants de tulle mauve et brume et des sandales en satin Jimmy Choo.
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La comédienne française Frédérique Bell se la joue matador dans une robe flam-boyante en soie satinée Roberto Cavalli à jupe extralarge et motifs fleuris.
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Brillante
Robin Wright Penn, membre du jury, en long fourreau en soie lamée argent avec buste drapé, collection Elie Saab Haute Couture Vintage. Sandales Smooth de Jimmy Choo.
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Michelle Yeoh, robe dos-nu Cavalli couleur chair incrustée de strass noir et brillants. Dans ses mains, une pochette dorée et des lunettes de soleil.
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Hollywood glam Eva Longoria fait sensation à la première de «Bright Star». Elle porte une robe bleu glacier en organza rebrodée de perles scintillantes signée Atelier Versace, collection printemps 2009. Pour paraître plus grande, elle est juchée sur des chaussures à plateformes Tribtoo d’Yves Saint Laurent gris colombe avec un talon de 14,5 centimètres!
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Duo de feu Réunies pour la première fois à l’écran dans «Ne te retourne pas», Monica Bellucci (44 ans) et Sophie Marceau (42 ans) ont embrasé le tapis rouge en ton sur ton. Fourreau de satin Dior, pochette Ymail et rivière de diamants Cartier pour l’Italienne; robe bustier fendue en satin de soie, parure or gris, diamants et rubis de la collection Le grand frisson de Chaumet pour la Française.
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Laeticia Hallyday comme un poisson dans l’eau dans sa robe bustier noire Dolce&Gabbana avec jupe sirène en tulle.
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Tan Zhuo, au générique de «Spring Fever», porte une robe Cavalli, volants de tulle bouffant et accessoires Swarovski.
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Phoebe Price et sa tenue controversée: un «truc en plumes» fuchsia et noir, brodé de fleurs et découpé en lamelles.
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Ces chaussures Armani Privé à talons de bois sculptés aident Asia Argento à obtenir son total look japonisant.
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On dirait les escarpins argentés d’une astronaute élégante. Ces bottines open toes viennent d’ailleurs!
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Ces chevilles lacées de strass appartiennent à Cindy Fabre, Miss France 2005, venue en robe noire très bling-bling.
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