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Michel Jeanneret - Mis en ligne le 07.09.2010
La revanche sera d’autant plus émouvante qu’elle n’est que justice. Alors que les hommes en dominent la politique depuis toujours, la Suisse s’apprête à se doter d’un gouvernement majoritairement féminin. Le 22 septembre prochain, deux femmes pourraient être élues aux côtés de Doris Leuthard, Micheline Calmy-Rey et Eveline Widmer-Schlumpf.
Cinq femmes au Conseil fédéral: les vagues étaient prévisibles. Depuis qu’elle est en passe de devenir une réalité, cette perspective est devenue un objet central des discussions sous la Coupole et dans les bistrots. Et si cinq femmes, ce n’était pas un peu trop? La réponse tient en un mot: non. Cinq femmes aux commandes du pays ne seront jamais trop. Aucun argument valable n’est d’ailleurs plaidé par ceux qui tentent d’instiller le doute.
Les hommes ne se sentiront pas suffisamment représentés? Quelle sottise. C’est à travers des idées et un projet que l’on se sent représenté, et non par des critères dépassés. Ce type de réflexion montre avant tout que la Suisse doit aujourd’hui aborder la question de la représentativité de manière décomplexée. Pour ne pas se priver des politiciennes et politiciens de talent, reconnaissons que les projets ambitieux dont notre pays a besoin ne connaissent ni les frontières cantonales ni la barrière des sexes.
Toutes ces dames se «crêperaient le chignon»? Allons donc. L’expression n’est qu’une platitude à l’usage des mâles brusqués par le fait que les femmes obtiennent ce qui leur revient de droit: leur part de pouvoir. Voudrait-on qu’une fois qu’elles l’ont conquis, elles ne se battent plus pour le défendre et faire triompher leurs convictions? Bien sûr que non.
Ce pouvoir, il faut que les femmes puissent enfin pleinement l’exercer. Car il faut reconnaître que, au-delà du cliché féministe, il est vrai qu’elles l’utilisent souvent plus intelligemment que leurs congénères masculins. Toujours plus travailleuses, moins polémistes, très souvent plus honnêtes, douées pour le compromis et la négociation parce que dépourvue de cette pointe d’orgueil qui suinte la testostérone: ce sont elles, les femmes, qui feront avancer la Suisse demain. Il est temps de leur laisser la place qui leur revient.