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LE PRIX À PAYER

Mis en ligne le 28.07.2010

 

Non, tout ne se vaut pas. Aller manger chez un grand chef comme Philippe Rochat ou au McDo, ce n’est pas la même chose. Certes, dans les deux cas on va se nourrir, combler sa faim. Mais la comparaison s’arrête là, et personne ne s’attend ni au même service ni aux mêmes saveurs. A la même addition non plus.

Pourquoi en serait-il autrement concernant le transport aérien? Pourtant, en la matière, nous avons tous peu ou prou tendance à nous attendre aux mêmes prestations, quel que soit le prix payé. Comme si un billet à 60 francs équivalait à un billet à 800 francs. Peut-être parce que l’état de consommateur ne nous pousse pas toujours à la réflexion, nous donne parfois l’impression de vivre dans un jardin d’Eden dont tous les fruits sont à portée de main. C’est oublier que cette fichue pomme, nous l’avons bel et bien croquée, et que notre monde ne ressemble pas à celui des Bisounours.

De Shanghai à New York, en passant par Londres et Genève, il règne dans les conseils d’administration du monde entier une morale commune, basée sur un premier commandement unanimement respecté: «du profit tu feras».

Et, pour multiplier à l’envi les francs, les dollars, les livres ou les yuans, il n’y a pas de miracle. Pour être moins chères, les marchandises doivent être produites pour moins d’argent. Ainsi, pour vendre des meubles bon marché, par exemple, il faut les faire fabriquer là où les salaires sont bas. Sur le même principe, pour proposer des billets à prix cassés, la compagnie EasyJet doit limiter ses coûts. Comme elle ne peut pas supprimer une aile, un moteur ou le pilote de ses avions, elle réduit le nombre des employés de guichet et le temps durant lequel ses appareils sont immobilisés au sol, entre deux vols. Résultat: les retards ne peuvent pas être rattrapés, s’accumulent dans la journée, et le service à la clientèle est souvent succinct (lire l’enquête de Yan Pauchard, en page 26).

Oui, c’est embêtant d’attendre des heures dans un aéroport, de voir son vol annulé, de n’avoir personne à qui s’adresser lorsqu’on a besoin d’aide ou d’explications. Mais c’est l’autre prix du low cost, celui que l’on ne paie pas avec sa carte de crédit.

Des plaintes ont été déposées contre Easy- Jet, une interpellation parlementaire devrait l’être à la rentrée. Les accusés, eux, trouvent des excuses, promettent de faire mieux.

Un peu de bruit qui ne couvre pas celui des moteurs d’avion. Malgré ses inconvénients, malgré les désagréments, EasyJet est la première compagnie des Romands. En 2009, pas loin quatre millions de personnes ont décollé de Genève avec elle, presque quatre avions sur dix.

Le prix du low cost, beaucoup de passagers sont visiblement encore et toujours prêts à le payer.



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Tags: EasyJet, avion, tarif, compagnies aériennes Aller en haut de page Haut de page

 

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