Enfin! La suite annoncée des aventures d’Arthur au pays des tout petits a été achevée. On reste sur sa fin particulièrement abrupte, mais pas du tout frustré côté plaisir.
Par
Jean-Blaise Besençon - Mis en ligne le 03.12.2009
C’est le même cinéma à chacun de ses films. Luc Besson emballe un public de plus en plus nombreux et subit une indifférence ou un mépris proportionnel de la critique. On peut railler Le grand bleu, se choquer de la violence de Léon, on peut aussi reconnaître au réalisateur du Cinquième élément une sacrée énergie et une passion du même format.
En 2006, lorsque sort le premier épisode des aventures d’Arthur au
pays des Minimoys, la dichotomie semble atteindre son comble: un film
monstre, des effets spéciaux maousses, une utilisation des l’imagerie
3D aussi spectaculaire que dans les productions américaines et le tout
pour séduire les plus jeunes parmi les spectateurs.
En trois ans, mes enfants, mes neveux et nièces, les rejetons de mes
amis ont tous bien grandi. Ils ont pourtant gardé une tendresse
particulière pour Arthur, Sélénia et Bétamèche… Héros d’un univers
profondément (sous terre) original. Et aucun de tous les produits
dérivés – jeux de plateau, jeux électroniques, romans, BD – n’égale le
plaisir de ce cinéma qui leur en flanque plein la vue.
Où l’on retrouve Arthur (Freddie Highmore) à la fin du dixième cycle
de la lune, dans un de ces rares moments de l’espace-temps où il va
pouvoir rejoindre, au soussol du jardin de ses vacances chez sa
grand-mère (Mia Farrow), le monde des tout petits et de sa chère
Sélénia. Sauf que rien ne sera aussi simple que ça…
La réalisation a bien sûr suivi les progrès techniques et les
images sont désormais d’une finesse ahurissante. Dans l’incroyable
Paradise Alley, mélange interlope de Las Vegas et de Pigalle, mille
créatures 3D s’activent en même temps à l’écran! Et les insectes
customisés en véhicules hilarants, et Moustique Chantilly, Monocle le
cyclope, Di Vincy l’inventeur qui viennent enrichir le bestiaire… La
fin particulièrement brutale achève d’un coup 1 h 34 de rêverie
tendrement écolo et gentiment humaniste. Luc Besson maîtrise tous les
trucs de son business.
Freddie prend congé d’Arthur
A 17 ans, Freddie Highmore est assurément en pleine adolescence.
Pourtant, le Londonien révélé dans Charlie et la chocolaterie de Tim
Burton possède toujours l’une des plus jolies frimousses qui soient.
Inoubliable August Rush dans le film du même nom, vedette des
Chroniques de Spiderwick et dans la Grande année de Mark Waters, il a
retrouvé le rôle d’Arthur avec un plaisir visible. Où il a aussi pris
congé du personnage… Le troisième épisode (novembre 2010) a été tourné
dans la foulée. Plus tard, le petit prodige aurait déjà trop grandi!