«Hier soir, en arrivant chez moi vidé, j’ai serré mon fils dans mes bras et j’ai eu envie de pleurer, tellement j’avais été une ordure toute la journée sur le tournage», confie Carlos Leal, venu dîner au Mucca, un restaurant branché du cœur de Madrid. A 40 ans, le comédien suisse, d’origine hispanique, se donne corps et âme à son art, fort du soutien de sa compagne, Jo Kelly, et de la présence d’Elvis, leur fils de 18 mois.
La veille, Carlos a tourné toute la journée dans El Internado (L’internat), une série très suivie de la chaîne privée Antena 3. La barbe soignée et le regard sombre, l’ancien rappeur du groupe Sens Unik incarne Jacques Noiret (ndlr: prononcez Noïraitte), le directeur froid et manipulateur d’un internat, aux desseins inavouables. «Je joue une vraie ordure, s’enthousiasme-t-il, un personnage dément qui, heureusement, est très loin de moi. Mais si, en Suisse, je suis encore Carlos Leal, en Espagne, je suis Noiret!»
On devine que camper un salaud n’est pas de tout repos. «D’autant que je n’ai jamais connu une telle popularité, souligne Carlos. Mais pour l’instant ça va, j’assume. J’espère juste ne pas attirer la haine des téléspectateurs, vu le rôle que je tiens. Le défi sera de démontrer qu’il y a quelqu’un d’autre derrière Noiret.»
Après avoir vécu sept ans à Paris, Carlos Leal a donc osé l’Espagne. «C’est Antonio Rubial, mon agent madrilène, bras droit de Penélope Cruz, qui m’a proposé de venir deux mois, raconte-t-il. J’ai accepté et tout s’est enchaîné.»
Face au grand Almodóvar
Outre cet agent providentiel, Carlos Leal a pu compter sur le soutien de Jo Kelly, sa compagne, une jolie blonde belgo-irlandaise rencontrée à l’issue d’une party à l’Elysée Montmartre, en 2002. «Jo m’a poussé à venir à Madrid. Elle en avait marre de l’atmosphère guerrière qui règne à Paris.»
Un choix judicieux puisque, dans la foulée du James Bond Casino Royale, Carlos a enchaîné les rôles. «L’an dernier, j’ai tourné dans cinq films, dont Verso de Xavier Ruiz, le troisième long métrage de Michael Steiner – un psychothriller très ambitieux qui devrait déchirer –, le nouvel Almodóvar, Etreintes brisées, et surtout El Mal ajeno, une merveille produite par Alejandro Amenábar (Les autres). Ajoutez à cela une saison d’El Internado, une autre en France de Boulevard du Palais et deux courts métrages! C’était trop, bien sûr, mais je devais le faire. Je ne voulais rien louper.»
Fidèle à lui-même et aussi «par peur de décevoir les gens», Carlos Leal s’est gardé de survendre sa courte pres-tation dans le film de Pedro Almodóvar: un moment pourtant rare. «Aujourd’hui, je n’ai plus peur sur les tournages, soutient-il, mais, ce jour-là, en arrivant sur le set, mes genoux tremblaient. Je me suis retrouvé face à Almodóvar, à ce visage bien connu, cette icône du cinéma, et d’un coup, pendant qu’il me parlait, j’ai réalisé que je ne l’entendais pas. J’étais sur un nuage: Almodóvar me parlait, à moi, Carlos Leal. J’ai pensé à mes potes en Suisse. C’était fou.»
Toujours soucieux de livrer l’interprétation la plus aboutie possible, Carlos peut compter sur l’aide de Jo, sa compagne. Comme lui, Jo Kelly a embrassé la comédie sur le tard, après de sages études en business et économie. A Madrid, elle écrit, donne des cours, mais ne peint plus, ce qui est dommage au vu des deux toiles accrochées dans le salon de leur bel appartement du quartier de Lavapiés.
Ce duo ambitieux a même évolué en trio, avec l’entrée en scène d’Elvis, le King de la famille. Cet enfant, ils l’ont désiré ardemment. Ils font de leur mieux pour concilier le rythme totalement imprévisible de leur vie professionnelle avec celui de leur petit ange blond.
Une naissance difficile
«Ce n’est pas facile d’être un bon père, confie Carlos, mais mon fils a besoin de moi. Le petit Elvis Leal s’en bat les coucougnettes que son père ait joué dans le nouvel Almodóvar! Lui, il veut de l’amour et c’est tout.» Promu superpapa par sa compagne, Carlos est gaga de son «petit prince», comme il le surnomme. Il faut dire qu’Elvis est un gosse épatant, qui jongle avec trois langues: l’espagnol avec les copains à la crèche, l’anglais avec maman et le français avec papa!
Son prénom, il le doit moins au roi des rockers qu’au premier petit bijou signé par ses parents: un court métrage intitulé Elvis & Angel Hart.
A le voir trotter sur le parquet lamé du salon, on n’imagine pas que ce farceur d’Elvis a bien failli ne jamais venir au monde. «La naissance a été très difficile», confie Carlos, qui n’en dira pas plus.
Après une première année de pleurs nocturnes, Elvis a décidé d’épargner ses parents. «Aujourd’hui, il se lève à 7 heures et, aussitôt, c’est carnaval! confie son père. Mais, parfois, il accepte après négociations de nous laisser dormir un peu.» Carlos Leal est un papa enthousiaste, qui change volontiers les couches de son fiston.
Du canapé du salon où, ensemble, ils travaillent quand ils ne regardent pas des DVD, Jo et Carlos peuvent aussi observer leur fils à travers la vitre qui les sépare de sa chambre. Ce bonheur plein leur donne-t-il déjà envie d’un autre enfant? «Non, pour l’instant, un seul, c’est assez, répond Carlos. On va attendre un petit peu.» B. Ca. J
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Course matinale
Peu avant 9 heures, Carlos Leal emmène son fils Elvis à la crèche, au centre de Madrid. L’occasion d’une invariable chasse aux pigeons, dont le fiston raffole.
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Acteur de série Dernières indications de tournage pour Carlos Leal, alias Jacques Noiret dans «El Internado», une série de la chaîne Antena 3, qui devrait arriver en France, sur M6.
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Le petit-déj’ Yogourt nature au miel pour le fiston, qui en offre une cuillerée à papa, comme il se doit, sous le regard attendri de la maman.
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Cool attitude Look décontracté, baskets voyantes aux pieds, l’ex-rappeur devenu comédien prend l’air à son balcon, au cœur du quartier madrilène de Lavapiés.
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Madrid à deux
En couple depuis sept ans, Carlos Leal et Jo Kelly explorent Madrid en amoureux, comme ici près de l’église San Lorenzo.
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«Je n’ai jamais connu une telle popularité»
Carlos Leal
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Travail en couple Réunis sur le canapé du salon, sous un tableau signé Jo, Carlos Leal et sa compagne lisent ensemble le scénario d’un film.
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La récréation Moment de détente et de jeu pour Elvis Leal, une boule d’énergie de 18 mois, avec ses parents.
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En Espagne, la série dans laquelle il joue cartonne