Par
Michel Jeanneret - Mis en ligne le 28.09.2011
Ils le sont tous. Qu’ils soient de droite, de gauche ou du centre, ils sont verts avant tout. Certains par conviction, d’autres par opportunisme. Peu importe, serait-on tenté de dire, tant qu’ils y mettent de l’énergie. Le virage spectaculaire que la Suisse est en train d’amorcer en matière d’écologie est une victoire du politique. L’annonce de la sortie du nucléaire par le Conseil fédéral a soudain fait remonter à la surface toute une série de projets, les faisant passer du rang de sympathique expérience à celui d’enjeu stratégique. De nombreuses initiatives sont en train de voir le jour, comme celle du Toggenbourg, qui tente de se débarrasser de l’atome sur un plan régional. Comme celle de ces trois entreprises privées, soutenues par l’Office fédéral des routes, qui prévoient de couvrir une partie du réseau autoroutier de panneaux solaires permettant de produire la même énergie qu’une centrale, ainsi que le révélait récemment Le Matin dimanche. Ces initiatives sont restées longtemps masquées par le discours du lobby nucléaire qui – pour préserver de juteux bénéfices – tentait de nous faire croire qu’elles n’étaient qu’utopies. Elles sont en passe de devenir une réalité.
Le temps où les écolos en sandales apparaissaient comme des peine-à-jouir rétrogrades est révolu depuis qu’ils s’habillent en costard. Entendez par là que l’engagement de la droite aux côtés des militants de la première heure est une excellente nouvelle. Car, s’il faut des tripes, il faut aussi du fric. Sans relais économiques et financiers, le projet environnemental ne sera en effet jamais viable, même si les pouvoirs publics renforcent leur action en soutenant la recherche et en mettant sur pied une politique écologique incitative sur les plans légal et financier. En clair, si l’inverse est également vrai, l’avenir de l’écologie passe par la droite. On voyait la sortie du nucléaire comme une réalité inévitable, on découvre qu’elle est le projet le plus enthousiasmant du moment. Dans une société qui n’a plus foi en grandchose et semble avoir perdu sa capacité à s’emballer, le nouveau souffle écologique qui nous vient du Toggenbourg et d’ailleurs agit comme un vent de fraîcheur.