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Live at the Isle of Wight 1970
Artiste : Leonard Cohen
Editeur : Sony Legacy

Trente-neuf ans après, sortie inespérée d’un concert d’anthologie: Leonard Cohen au Festival de l’île de Wight, troisième et dernière édition, qui voit défiler The Doors, The Who, Jimi Hendrix, Supertramp, Miles Davis dans une pagaille devenue légendaire: 600 000 spectateurs pour à peine 100 000 billets vendus.

En cet été 1970, le Canadien a encore 35 ans et enregistré deux disques seulement, Songs of Leonard Cohen (1967) et Songs from a Room (1969), mais qui comptent parmi ses chefs-d'œuvre absolus en attendant son monument, Songs of Love and Hate, qui paraît l’année suivante.

Durant sa tournée (d’adieu?) de 2008-2009, Cohen, avec ses belles rides et toute sa fragilité, a revisité ce répertoire d’exception, Bird on the Wire, Suzanne, So Long, Marianne, et ces versions avaient la beauté un peu surannée d’un bouquet de fleurs séchées.

En 1970, au contraire, ces roses sont à peine écloses, certaines encore en boutons (Famous Blue Raincoat, Sing Another Song, Boys et Diamonds in the Mine, qui sortiront seulement l’année suivante), et le chanteur, en ce dernier été des hippies, les distille avec une joie verte et goulue, cherchant la parfaite intonation au plus profond de sa voix grave et encore toute gorgée du soleil de ses années passées en Grèce. Ecoutez The Partisan, Marianne («Je crois qu’elle est ici, j’espère qu’elle est ici», dit l’amoureux transi), ou les six minutes seize secondes du «Fameux manteau de pluie bleu»: elles n’ont jamais été aussi belles et émouvantes. A ses côtés pour cette première tournée européenne, le groupe The Army (avec Bob Johnston et Charlie Daniels) ne cède pas encore trop de place aux pénibles synthétiseurs à venir… Pour nous convaincre que nous ne rêvons pas, les images de ce concert absolument inouï sortent simultanément… C’est déjà Noël. J.-B. B.

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