A tant de gloire, il répond modestement: «Je n’ai
pas de mérite, puisque je travaille avec les meilleurs.» Encore faut-il
savoir les trouver, les meilleurs vignerons et leurs crus les plus
pertinents!
Nous lui avons donc demandé de sélectionner une
vingtaine de flacons pour accompagner vos repas de fin d’année. Des
crus majoritairement suisses, à l’exception d’un excellent vin de sa
région, le sud de la France, et de trois champagnes évidemment
français, indissociables de la fête.
Curieux et pas conformiste,
Geoffrey Bentrari s’est attaché à dénicher des nectars à portée de
bourse. Des crus d’exception à prix décents, donc des choix utiles,
surtout en période de crise. Des vins fins néanmoins, pour accompagner
des menus raffinés, mais pas trop compliqués non plus.
Après
l’apéritif au champagne, il a imaginé trois possibilités d’entrées:
Saint-Jacques ou saumon, foie gras ou huîtres, en y associant de jolis
crus. Puis il propose de quoi accompagner viandes blanches et
volailles, ou alors viandes rouges et gibier, avant les vins de
dessert. Alors, à table!… Non, pas encore.
«Je n’ai pas de mérite, puisque je travaille avec les meilleurs»
Geoffrey Bentrari
Avant de nous
souhaiter un bon appétit et une bonne santé, Geoffrey Bentrari tient à
nous donner quelques simples conseils de dégustation: «Quand le plaisir
n’est pas au rendez-vous, c’est souvent par absence de conseils et
parce que les prix sont trop élevés», explique le jeune et talentueux
sommelier.
Un constat qui vaut au resto, «où l’on trouve trop de
cartes carrément dissuasives côté prix», comme à la maison, surtout si
l’on n’est pas connaisseur: voilà donc deux problèmes réglés grâce aux
suggestions de notre Sommelier de l’année. Mais ce n’est pas tout.
Reste
à servir le vin dans les règles de l’art. Pour commencer, en lavant
soigneusement les verres. «Quand on ne sort pas ses plus beaux verres
tous les jours, ils sentent le renfermé et c’est dommageable pour le
vin.» Comme le contenu, le contenant n’est pas forcément meilleur si
son prix est élevé. «En revanche, je conseille des verres INAO (ndlr:
Institut national de l’originalité et de la qualité). Ce n’est pas la
marque ni le cristal qui font la différence. C’est la forme du verre.»
Puis
il n’y a plus qu’à veiller à la température. Entre 16 et 18 degrés pour
les rouges; entre 8 et 10 degrés pour les blancs et les champagnes, 8
ou 9 degrés pour les vins doux. Mais, comme tout le monde ne dispose
pas d’appareillages sophistiqués pour mesurer la température de la cave
ou du vin, en décembre, s’il ne gèle pas à pierre fendre, on peut
simplement laisser son vin pendant un moment sur le rebord de la
fenêtre, une à deux heures pour les blancs et les champagnes, une
demi-heure pour le rouge s’il est trop chaud. Cette fois, ça y est, on
peut passer à table…