Michael Jackson est encore un peu vivant, il existe dans le regard de ses enfants. Prince Michael (12 ans), Paris (11 ans), Blanket (7 ans), leurs yeux, la texture de leur peau, leur magnétisme: c’est en eux que la troupe éplorée et compacte des fans de Bambi cherche désormais une parcelle de la star, disparue le 25 juin dernier.
Peu d’informations filtrent. Ils sont certes apparus en pleine lumière lors de la cérémonie d’adieu à leur père, début juillet à Los Angeles. Vision puissante: ces trois enfants superbes, le clan sombre et digne des Jackson, le monde en émoi. Dans le même mouvement, leurs proches se sont déchirés pour déterminer qui en assumerait la garde, finalement dévolue à Katherine Jackson, la mère de Michael. Depuis, un halo de mystère que Michael a longtemps contribué à entretenir est retombé sur eux.
«Mon ami Michael»
Ils sont rares à les évoquer. Al Walser est l’un d’eux. Chanteur connu aussi en Suisse alémanique, artiste fertile en projets, il vit entre Los Angeles, où il habite, et le Liechtenstein, d’où il vient. Il cite volontiers Lausanne, car il est né à la clinique Montchoisi, et Genève, où il a vécu enfant.
Son lien avec la tribu des Jackson provient de son père, Congolais d’origine. Celui-ci a lié une solide amitié avec Joseph Jackson, le père, le patriarche. «Depuis, nous sommes proches. J’ai passé beaucoup de temps dans leur maison d’Encino, à Los Angeles. Ils sont souvent venus chez moi, au Liechtenstein. Michael était mon ami, il était fasciné par ce petit pays. Ils apprécient aussi tous le calme de la Suisse, sa stabilité», glisse-t-il.
C’est Jermaine, frère inconsolable, que Walser connaît le mieux. «Comme Michael, il a gardé un côté enfantin et innocent.» Ils partagent une si grande complicité que la chanson qu’ils ont composée en hommage à la star, Living Your Dream*, est nommée huit fois pour les prochains Grammy Awards.
«Seul Michael tenait à ce que ses enfants portent des masques»
Al Walser, proche de la famille Jackson
Les enfants, Al Walser les croise et en parle avec Katherine, qu’il rencontre dans le quartier. «Ils vont bien. Ils vivent une vie plus normale qu’auparavant. On les a vus lors des premières de grands films comme Twilight ou Ice Age 3. Dernièrement, ils se sont rendus au parc d’attractions Universal. Ils vont faire du shopping, ils passent beaucoup de temps à Las Vegas.»
Signe le plus visible d’un changement, leur visage ne porte plus de masque. «Seul Michael y tenait vraiment», explique Walser. Cette décision a un nom: Grace Rwaramba, leur nurse depuis leur naissance. Licenciée plusieurs fois par Michael, réengagée avec éclat, elle est revenue au premier plan. «Elle est la personne la plus proche d’eux, depuis toujours. Elle n’est pas appréciée par toute la famille, qui est composée de beaucoup de personnalités différentes, mais elle est importante pour eux. Dans le cas des masques, je sais que, même quand Michael était encore vivant, elle faisait exprès de les oublier. Elle les détestait.»
En choisissant de confier ces enfants aux parents Jackson, et donc à Grace, le juge leur a évité un bouleversement supplémentaire. «Grace sait comment ils s’habillent, comment ils parlent. En revanche, personne ne sait ce qui se passera si Katherine disparaît.»
Protégés dès l’enfance
Grace surveille les cours privés qu’ils reçoivent à domicile, Grace les emmène à leur cours de karaté, Grace les regarde grandir. Grace était au volant, fin novembre, quand un paparazzi du genre déterminé a provoqué un accident. Après une course poursuite à travers Los Angeles, il a embouti la voiture de sécurité qui suivait le véhicule qu’elle conduisait, avec les enfants à l’intérieur.
Al Walser les décrit avec attendrissement: «Ils sont tous les trois différents, mais très polis. Paris, par exemple, est curieuse de tout.» Elevés à Neverland, ils ont l’habitude qu’on garde un œil sur eux. «Ils ont été protégés. Leur père surveillait les émissions de télévision qu’ils regardaient: rien que des cartoons ou des programmes sur les animaux. C’est encore comme ça aujourd’hui.»
N’empêche, ils se nomment Jackson et sont si lumineux que toutes sortes d’hypothèses ont été échafaudées. La plus spectaculaire consiste à les faire chanter, et même à les baptiser Jackson Three, en écho aux Jackson Five de l’époque. Walser nie tout: «Personne dans la famille n’essaie de les faire chanter en ce moment. Personne n’en a envie autour d’eux, et eux non plus. En outre, après tout ce qui s’est passé, ce ne serait pas du tout tasteful (de bon goût)…»
16 000 francs de fleurs
Ils ont quitté la propriété de Holmby Hills, où Michael est mort. «La maison des Jackson, à Encino, n’est pas aussi vaste que celle qu’ils occupaient. Elle a donc été agrandie.» C’est là l’autre problème. Lourdement endettés, les Jackson ont besoin d’argent. Le père a même fait une demande de pension mensuelle.
L’enterrement, par exemple, a coûté 1 million de francs, dont 16 000 rien que pour les fleurs. «Sur ce sujet, je me dois de rester diplomate. L’enterrement était un problème en général. Je peux dire que c’est Janet qui a accepté d’avancer la moitié de la somme.» Une situation si délicate que les enfants disposent maintenant d’un avocat, pour que l’argent de l’héritage ne se disperse pas dans la famille.
Celle-ci se montre aussi divisée par rapport au film This Is It. «Jermaine était présent à la première. Katherine n’a pas vu le film et ne veut pas le voir. Pareil pour Janet et Tito jusqu’ici.»
Les Jackson n’ont pas digéré les circonstances de la fin de Michael. «Ils sont encore en colère. Surtout, ils regrettent de pas avoir pu le joindre. A la fin, il était impossible de trouver le contact avec lui. D’abord à cause de lui-même, ensuite à cause des gens dont il s’était entouré. Pour l’avoir au téléphone, cela pouvait prendre des mois, même pour sa famille. Ils ont essayé souvent.»
Tous étaient inquiets pour Michael, depuis longtemps. «Je me souviens d’une sérieuse conversation avec Katherine, en 2001. J’étais conscient que la seule chose qui le maintenait en vie, c’étaient ses enfants. Sans eux, il serait mort il y a dix ans. Il a passé près à plusieurs reprises.»
Ils restent avec cet héritage pour la vie. Ils sont les enfants Jackson.
* «Living Your Dream», Al Walser & Jermaine Jackson, CD single, Zoom Music. Bénéfice versé au profit de la Fondation Lampe magique, www.wunderlampe.ch Renseignements: www.jacksontribute.us
Un Lausannois trop fan
A 10 ans, Gillian Chambaz passe son temps à imiter la star décédée. Et «Mini Jackson» fait un tabac!
Prononcez
Michael Jackson et des étoiles s’allument dans les yeux de ce petit
blondinet. Pour un peu, il irait à l’école avec le chapeau de Michael,
les gants de Michael et ce déhanchement difficilement imitable. L’autre
jour, dans sa classe, Gillian Chambaz, 10 ans, n’a pas pu s’empêcher
d’esquisser un pas de danse devant ses camarades, histoire de démontrer
qu’il n’y a pas que les maths et la géographie dans la vie.
Il habite près de la Vallée de la Jeunesse, une adresse qui aurait plu à la star.
Ces
temps-ci, il faut l’avouer, Gillian a un peu de la peine à redescendre
sur terre. Depuis la flash mob du 6 octobre dernier, au Flon, à
Lausanne, qui réunissait des centaines de fans du chanteur décédé, il
s’est fabriqué une jolie notoriété, improvisant au milieu des autres
danseurs ces figures dont Jackson avait le secret, avec chapeau noir,
gants blancs et dégaine qui va avec. Le public, conquis, lui a fait un
(mini)triomphe. Pas moins de trois vidéos ont immortalisé la
prestation. Il suffit de taper «mini michael jackson» sur YouTube! Pas
peu fier, le gamin, qui a reçu en prime les félicitations du fan-club
vaudois.
Gillian, et c’est émouvant, c’est le fan de la dernière
heure. «Moi, c’était plutôt le hip-hop. J’ai découvert Michael après sa
mort. Mes parents m’ont offert un best of! J’aime Bad, Dangerous, les
chansons des années 90. J’ai pleuré quand j’ai vu le film This Is It à
l’Arena.»
Aujourd’hui, la chambre du jeune garçon s’est
transformée en scène de concert, spots compris. Même son petit frère
suit le mouvement. Gillian vient de commander un micro sans fil et une
perruque noire à mettre sous le sapin. Et si le père Noël pouvait
arriver sur un pas de moonwalk, ce serait vraiment génial! P. Ba.