Lundi
Accords
Il ne se passe bientôt plus un jour sans que l’on discute d’un accord fiscal avec un pays étranger. En général, il s’agit d’accord au sujet de thèmes incluant le secret bancaire, sur lesquels nos conseillers fédéraux avaient répété durant des décennies qu’on ne lâcherait rien, jamais, pas un centimètre. Mais ces nouveaux accords OCDE-compatibles sont archisecrets, pour l’instant: on voit sortir de réunion des ministres d’un peu partout, super contents de ce qu’ils ont obtenu. Et Hans-Rudolph Merz super content de n’avoir «rien lâché». Mais no comment, vu qu’il continue de discuter de ne «rien lâcher» avec d’autres pays. On se réjouit qu’il nous lâche quelques infos sur le contenu des accords.
Mardi
Armin Walpen
Si je vous annonçais, chers lectrices et lecteurs: on augmente le tarif d’abonnement de L’illustré, genre 50 francs de plus, et si vous n’êtes pas d’accord j’enlève 30 pages du journal. Voilà. C’est comme ça. Pas à discuter, punkt schluss. Vous me diriez quoi? Vous m’enverriez mon journal à la figure, non? Même pas pour l’augmentation de prix, mais pour la bêtise d’un chantage aussi débile. Eh bien, pourtant, ce chantage, c’est ce que vient de faire Armin Walpen, à la tête de la SSR. Augmenter la redevance radiotélé, qu’il demande, ou permettre la pub sur les sites internet de la SSR. Sinon, menace le boss rendu autrefois fameux par sa Porsche Cayenne de fonction: on vire des gens et on vire des programmes, peut-être même des chaînes entières. Eh bien chiche, Armin: vas-y, pour voir. A part ça, il a décidé de prendre sa retraite à 62 ans, cette année, cool. Après moi le déluge, la crise, c’est les autres et vive les cochons de payants de la redevance: du pur service public. Armin Walpen n’a pas fait une simple erreur de communication: il a fait une erreur de communication obscène.
Mercredi
Envolé
Une vibration prémonitoire, parfois, allez savoir. Repas avec Michael Drieberg, organisateur de spectacles qui participa à la venue de Michael Jackson en concert lausannois. La conversation part sur Bambi, il raconte le moment de la fin du concert à la Pontaise. Il demandait par talkie-walkie à un des hommes de la sécurité en backstage de le prévenir quand le chanteur quittait la scène. Silence bizarre à l’autre bout, pas de réponse, pas un mot. Son collaborateur ne comprenait pas, n’avait pas remarqué qu’un cascadeur remplaçait Jackson à la dernière seconde, muni de fusées dorsales pour l’effet final. Alors, soudain, cette stupeur jaillie dans le talkie de Drieberg: «Je ne sais pas où il est. Il s’est envolé!» Drieberg nous a fait bien marrer en le racontant mercredi. Mais vingt-quatre heures après, Jackson s’est envolé pour de vrai.
Jeudi
Frédéric Mitterrand
Sa nomination comme ministre de Sarkozy m'a fait l’effet d’une bonne nouvelle. Il a toujours dégagé une complexité, une intelligence, une forte émotion: une culture.
Vendredi
L’été
C’est ma saison, l’été. Je regarde ses échancrures, robes collées, collantes, le mouvement du vent dans la jupe, la chaleur brillante aux tempes, buées douces, sueurs heureuses.
Samedi
Iran
La difficulté à tenir une révolte. L’usure des jours. La répression sans merci. Les questions sur Hossein Moussavi. L'extinction des feux médiatiques. L’Iran ne sortira pas de la nuit cette fois-ci.
Dimanche
Luis Fabiano
On ne le connaît pas bien, l’attaquant du Brésil. Il a un côté mauvais garçon, bagarreur de rue, footballeur teigneux. Mais, quand il a pivoté sur lui-même, incroyable, pour marquer contre les Etats-Unis en finale de la Coupe des Confédérations, je me suis dit qu’on n’allait pas tarder à le connaître mieux.