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Addict à votre mobile? Faites le test! 

Publié samedi 28 juillet 2018 à 08:33
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Publié samedi 28 juillet 2018 à 08:33 
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Une étude suisse alarmante prouve que les téléphones portables représentent un danger pour la population. Six people ont fait notre test d’addiction. Comparez votre score aux leurs!
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Ce test, conçu par un grand spécialiste américain des addictions à la technologie et aux jeux vidéo, permet d’évaluer la place qu’occupe le téléphone mobile dans votre vie. Chaque réponse positive compte pour 1 point.
ÊTES-VOUS ACCRO AU MOBILE? FAITES LE TEST!



 

LES SCORES DES PEOPLES

© sedrik nemeth
 

De 17 à 23 ans, je n’ai pas voulu de téléphone
Lisa Mazzone, 30 ans, conseillère nationale Les Verts, Genève

Elle l’avoue, Lisa Mazzone a toujours eu «un rapport spécial» avec son téléphone. Passé le cap de l’adolescence, où tout jeune est ravi de contacter ses copains, elle en a «eu marre». A 17 ans, elle n’en a plus voulu. «Je me suis sentie libre, je n’ai jamais eu de manque.» Ce sont ses postes, chez Pro Vélo puis en tant que conseillère nationale, qui l’ont obligée à reprendre un appareil, à 23 ans: «Ne pas avoir de téléphone était incompatible avec ces fonctions, même dans une petite association.» Cela dit, elle a mis en place des stratégies telles qu’enlever les notifications ou débarrasser sa page d’accueil de la forêt des applications. Elle reste vigilante: «Je suis consciente de la capacité de cet engin à détourner l’attention, à rendre la concentration difficile. Il a un côté stressant. J’essaie de ne pas être interrompue quand je travaille. Et je ne suis sur aucun réseau social, de Facebook à Instagram.» Même si elle «préfère voir les gens», elle reconnaît que sa consommation a augmenté, «en particulier à cause de la politique» et qu’elle lorgne machinalement sur son petit bijou: «Il se passe souvent quelque chose, cela a un aspect grisant…» Mais elle l’arrête sans problème en vacances et ne le regarde jamais sur son vélo, promis.

Lisa Mazzone a répondu oui aux questions 2, 3, 5, 6, 8, 10, 12, 14 et 15.
Résultat du test 9/15


 

© sedrik nemeth
 

«Le smartphone, c’est un bonus de liberté»
Darius Rochebin, 51 ans, journaliste de télévision, Genève

Le journaliste et présentateur du TJ de la RTS se rappelle très précisément ses débuts sur un téléphone cellulaire: «C’était en 1996, lors d’un reportage en Israël. La téléphonie mobile commençait sérieusement à se généraliser. J’ai tout de suite trouvé cet appareil extraordinaire. On ne tombait plus sur des répondeurs mais directement sur nos interlocuteurs. Ces téléphones, paradoxalement, donnaient subitement un bonus de liberté.»
Cette quasi-révélation ne s’est pas pour autant traduite par une addiction, selon Darius: «Je fais la part des choses. Bien sûr, j’aime lire tout de suite les messages que je reçois, mais je trouve là aussi que c’est plutôt libérateur. Je peux aller et venir tranquille, par exemple sortir marcher pendant la pause de midi, sans avoir peur de rater une info ou un message important.»
L’arrivée, il y a dix ans, du smartphone et de son écran à tout faire, le journaliste la voit aussi comme un confort quotidien supplémentaire: «Quoi de plus facile et rapide désormais que de trouver ou de localiser une adresse sur une carte, par exemple?» Et ce passionné d’histoire a bien sûr téléchargé sur son téléphone une application réunissant les meilleures citations de Churchill.

Darius Rochebin a répondu oui aux questions 2, 5, 8, 10, 11, 12, 14.
Résultat du test 7/15


 

© sedrik nemeth
 

«Bien sûr que je suis accro! totalement!»
Whitney Toyloy, 28 ans, Miss Suisse 2008, «product manager»

A la question de savoir son degré d’addiction au smartphone, sa réponse est un immense éclat de rire. «Bien sûr que je suis accro! Totalement»! Son atout? «Je dirai qu’au moins je suis consciente du problème. Ne pas être dans le déni, c’est déjà un plus, non? Mais c’est clair, une bonne partie de mes disputes de couple tournent autour de mon utilisation un peu obsessionnelle du portable.»
Si elle ne répond pas régulièrement aux messages sur WhatsApp, dont elle exècre les groupes et leurs commentaires incessants, l’Yverdonnoise devenue Lausannoise est maître dans l’art de raconter ses faits et gestes dans des stories sur Instagram. «Je suis tout le temps sur mon smartphone, pour le travail d’abord, où nous avons aussi un système de chat interne. L’utilisation de messages permet de garder une trace écrite de ce qui s’est dit. Ensuite, je suis pendulaire, mon téléphone reflète ma vie: dessus, j’ai toute ma musique, mes séries.»
Jamais sans chargeur, Whitney Toyloy admet un côté réflexe: le smartphone est un doudou, un trompe-l’ennui. «Mais à l’avenir, j’aimerais l’utiliser moins. Ne plus le consulter après 21 heures. Le débrancher un dimanche. Mais j’ai peur de rater une véritable urgence, que mes parents aient besoin de moi et ne puissent pas me joindre par exemple.»

Whitney Toyloy a répondu oui aux questions 1, 2, 4, 5, 6, 7, 8, 12, 15.
Résultat du test 9/15


 

© sedrik nemeth
 

«Je ne sais plus vivre sans toi à mes côtés... »
Pierre Crepaud, 44 ans, chef du restaurant LeMont Blanc, Le Crans Hôtel & Spa, à Crans-Montana.

Pierre Crepaud se voyait plutôt dans la catégorie des légèrement atteints que dans celle des accros au portable... En réaction à l’énoncé des résultats un tantinet accablants de son test, il chantonne en riant, les paroles du hit de Soprano, Mon précieux: «Je ne sais plus vivre sans toi à mes côtés, ton regard pixelisé m’a envoûté...» Pour justifier cette prétendue addiction, il évoque les trois grandes passions de sa vie, entrées en résonance avec son mobile: «Je suis un fou de cuisine, de course en montagne et de photo. J’utilise donc mon portable pour immortaliser mes nouvelles créations culinaires, ma brigade dans le cadre de son travail et le merveilleux spectacle de la nature lors de mes escapades. J’alimente ainsi mes deux comptes Instagram (travail et loisirs) qui comptent 2000 followers et ma page Facebook suivie par 5000 amis (le max possible...) En plus, je gère le compte Instagram de l’hôtel ainsi que sa page Facebook.» Au fil des années, Pierre a accumulé plus de 22 000 photos sur ses différents portables, réalisées avec un souci esthétique trop souvent absent sur la Toile. Son seul regret: «Je communique beaucoup avec mes amis par SMS plutôt que de les appeler au téléphone. La rançon de l’efficacité!»

Pierre a répondu oui aux questions 1, 2, 4, 6, 8, 11, 12 et 14.
Résultat du test 8/15


 

 

«La nuit, il doit être éteint, loin de mon lit»
Océane, 14 ans, écolière et chanteuse, candidate à «The Voice Kids» 2017

Sa maman nous avait prévenu: Océane était privée de smartphone quand nous lui avons fait passer ce test. «Je ne sais pas pour combien de temps. Il faut que je remonte ma moyenne. C’est un peu la punition classique. Mais je vis ça assez bien, je m’habitue. Je suis moyennement accro.»
L’ado estime qu’elle a réussi à modérer son usage du téléphone portable par rapport à deux ans en arrière, quand elle avait reçu son premier. «C’était l’excitation d’un truc nouveau. Je passais mon temps à faire des photos et à envoyer des messages. Maintenant, c’est sûr, je l’utilise quand même beaucoup. Surtout pour Snapchat, Instagram ou pour faire des vidéos de musique ou en regarder sur YouTube. Les mails, c’est pour l’école. Mes copains me reprochent de ne pas répondre assez vite sur WhatsApp.»
A l’école et pendant les devoirs, Océane n’a pas le droit de toucher à son téléphone, même s’il lui sert de montre. Le soir, ligne de conduite parentale oblige, le téléphone est dans la chambre, pour fonctionner comme réveil, mais loin du lit. «Je trouve bien d’avoir des règles. Ça canalise un peu. Mes amis qui peuvent tout faire le regardent plus que moi.»

Océane n’a répondu oui qu’aux questions 1, 3, 12 et 15.
Mais ce sont les consignes de ses parents plus que sa propre volonté qui limitent sa consommation.
Résultat du test 4/15


 

© sedrik nemeth
 

«Il peut être capital de répondre immédiatement»
Jean-Claude Biver, 68 ans, président de Hublot et de la division montres de LVMH, Nyon 

On lui envoie un message et le grand patron répond dans les minutes qui suivent. Il est toujours connecté. «Là je bois un café dans un bar. Si je vous réponds, c’est que je suis disponible et que cela ne me dérange pas. C’est toujours moi qui en décide.» Il voit son smartphone comme «un bel outil de productivité, surtout pour traiter la communication écrite, très peu orale. Les messages écrits sont plus courts et synthétiques que les bavardages. Et il reste une trace.» Si son smartphone ne le quitte à peu près jamais, il l’utilise à 99% pour son activité professionnelle: «Selon l’importance du message, je peux y répondre à toute heure du jour et de la nuit. La rapidité et la réactivité sont la clé du succès. Il peut être capital de répondre immédiatement.» Mais il n’a aucunement l’impression d’être asservi à l’appareil: «Je m’occupe de lui dès qu’il s’allume, c’est tout. Je suis maître de mon temps, je n’ai aucune addiction. Je suis simplement passionné par mon travail et il en fait partie.» A table, l’objet reste «presque toujours» dans sa poche. Et Jean-Claude Biver promet qu’il n’envoie pas ou plus de messages au volant: «Je me suis discipliné…» Rester en contact est un principe. A l’époque, pour demeurer accessible, il volait d’ailleurs sur Lufthansa plutôt que sur Swiss.

Jean-Claude Biver a répondu oui aux questions 1, 2, 4, 5, 8, 11, 12 et 14.
Résultat du test 8/15


 

La toute dernière étude critique envers le téléphone mobile est suisse. Mené par l’Institut tropical et de santé publique suisse sur 700 adolescents entre 12 et 17 ans, ce travail démontre que les téléphones mobiles ont un effet néfaste sur le développement de la mémoire des jeunes quand ils utilisent l’appareil en l’appliquant sur l’oreille droite. C’est l’exposition aux champs électromagnétiques à hautes fréquences qui est en cause.

Cette étude aussi rigoureuse qu’alarmante, publiée cette semaine, confirme que la téléphonie a bel et bien un impact neurologique négatif en cas d’utilisation excessive et sans précaution. L’irrésistible ascension de ces téléphones en Suisse et dans les autres pays industrialisés date d’il y a vingt ans. En 1998, 20% des Suisses avaient déjà craqué pour un téléphone cellulaire, un natel comme on disait à l’époque. L’année suivante, ils étaient 30%. En 2000, 45%. Et aujourd’hui plus de… 130%! La somme des abonnements et des cartes à prépaiement dépasse en effet le nombre d’habitants du pays.

Quant au smartphone, son triomphe commercial date de dix ans. En devenant un ordinateur de poche relié à internet, le téléphone mobile s’est imposé comme une prothèse incontournable dans la vie quotidienne. Ce saut technologique a en outre fait exploser le temps passé sur ces appareils. Selon l’étude James 2016, menée par Swisscom, les jeunes Helvètes passent ainsi en moyenne deux heures et demie par jour sur leur mobile. Et le samedi et le dimanche, ce kidnapping technologique frise les quatre heures.

Compte tenu du fait que 99% des jeunes Suisses possèdent un de ces appareils, cette emprise peut bel et bien être qualifiée de massive. Cette addiction a d’ailleurs fait réagir, en 2017, des actionnaires d’Apple, qui ont demandé à la firme californienne d’intégrer des outils de contrôle parental dans ses iPhone afin d’aider les jeunes (et moins jeunes) à se souvenir que le monde ne se limite pas à une fenêtre de 10 centimètres de large.

 

 

 

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