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A Paris, mardi 30 janvier, l’actrice de 42 ans a créé une émeute et donné des sueurs froides à ses gardes du corps en quittant la boutique Guerlain sur les Champs-Elysées.
Gros plan

Angelina Jolie sur tous les fronts

06 février 2018

A l’Elysée avec Emmanuel et Brigitte Macron ou au siège de l’OTAN, l’actrice divorcée intensifie son engagement humanitaire. Ses enfants restent sa priorité. Brad Pitt, lui, ne fait plus partie du tableau.

Depuis l’annonce de sa séparation d’avec Brad Pitt, Angelina Jolie, 42 ans, ne semble nullement frappée du sceau des ex, comme Jennifer Aniston ou Gwyneth Paltrow. C’est elle qui a rompu. Actrice, réalisatrice, maman, ambassadrice de bonne volonté auprès du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), elle mène de front plusieurs existences. En ce début d’année, une tournée européenne marque son retour à la vie publique. Entourée de ses six enfants, elle avance au pas de charge. Farouchement indépendante.

Dénoncer le viol devant l’OTAN

Ajoutant de la grâce à ses convictions, la Jolie en jette. Le 31 janvier à Bruxelles, au siège de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord) dans son nouveau rôle de conseillère humanitaire auprès de l’organisation, elle a mis l’accent sur le sort des femmes victimes de viol dans les conflits armés et demande un effort aux militaires multiétoilés. «Cet effort, dit-elle, doit apporter des résultats concrets qui feront une vraie différence sur le terrain, dans les zones touchées par des conflits, et permettre de changer les attitudes envers les femmes dans le monde.»

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Angelina Jolie a terminé son périple européen par un discours au siège de l’OTAN dans lequel elle a dénoncé l’utilisation des viols comme arme de guerre. Le secrétaire général de l’alliance et ses généraux (ci-dessus) l’ont assurée de leur soutien. Photo: imago/E-PRESSPHOTO

Dans ces moments-là, Angelina Jolie agit comme un brise-glace. «Le viol comme arme de guerre a souvent été perçu comme quelque chose d’inévitable dans les conflits et considéré comme un problème trop difficile ou trop désagréable à aborder pour la société. Le viol est utilisé comme un instrument de contrôle politique, de terrorisme et de purification ethnique, c’est une cause majeure dans la création de flux de réfugiés.» Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, l’a assurée de son soutien: «Nous allons renforcer nos formations sur la façon de combattre les violences sexuelles afin d’informer plus rapidement et plus systématiquement la chaîne de commandement de l’OTAN. Il s’agit aussi d’avoir plus de femmes dans les forces armées. C’est l’une des questions sur lesquelles nous travaillons avec nos pays partenaires, tels que l’Afghanistan, le Kosovo, la Jordanie.»

Une fois encore, Angelina Jolie met sa notoriété au service des autres. Ses convictions sont un moteur inépuisable. «Ma volonté est contagieuse», disait-elle dans Vanity Fair.

Le 29 janvier, lors d’une mission en Jordanie – elle en a effectué plus de 60 –, elle visitait un camp de réfugiés syriens avec deux de ses filles, Shiloh et Zahara. Le 30, à Paris, elle s’est rendue au palais de l’Elysée où l’attendait Brigitte Macron. La comédienne a demandé à être reçue par la première dame. Elles se sont parlé en anglais, pendant une heure. Il a été question du sort des populations déplacées. Emmanuel Macron a pris part à l’entretien. Les deux femmes ont également abordé l’éducation et le thème des violences faites aux femmes.

Le matin, Angelina Jolie visitait le Musée du Louvre flanquée de ses six enfants, sans se départir de son chic et d’un sourire qui en dit long sur son état d’esprit. Dans la capitale française, celle qui est également l’égérie du parfumeur Guerlain a participé à une séance de photos sur les toits de l’hôtel Meurice, vêtue d’une robe rouge vaporeuse. Elle a ensuite créé une petite émeute en s’octroyant un bain de foule au cœur des Champs-Elysées.

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La comédienne a demandé à rencontrer Brigitte Macron. L’entrevue s’est déroulée en présence du président de la République le 30 janvier. Les thèmes de l’éducation et des violences faites aux femmes ont été abordés. Photo: DUKAS/ABACA

Tout indique qu’elle va bien, qu’elle gère, qu’elle avance. Ses larmes, elle les garde pour elle. Lorsque quelque chose ou quelqu’un nuit à ses intérêts ou à ceux de sa famille, elle fait face. Ce fut le cas en 2013. Angelina Jolie a subi une double mastectomie préventive. Porteuse d’un gène défectueux hérité de sa mère, elle risquait à 87% de développer un cancer. En 2015, elle n’hésita pas à sacrifier ses ovaires pour la même raison après une prise de sang suspecte. Dans les deux cas, elle le fit savoir afin de partager son expérience avec toutes les femmes.

Loin de rester insensible au sort de son couple, Angelina a préféré se séparer de Brad Pitt après une relation de onze ans, au moment où le comédien, visiblement dépassé par ses problèmes d’alcool, s’en est pris verbalement et physiquement à leur fils Maddox. Une engueulade comme en connaissent toutes les familles, celle d’un père et de son ado. C’était le 14 septembre 2016 à bord d’un avion privé.

Pour Angelina, cet incident a sonné le glas de son mariage. Elle a emménagé avec sa tribu à Los Feliz, quartier historique chic de Los Angeles, dans une propriété à 24,5 millions de dollars ayant appartenu autrefois au réalisateur Cecil B. DeMille. 

Au moment de la rupture, Angelina Jolie achevait la postproduction de son film First They Killed My Father (D’abord, ils ont tué mon père). Un long métrage tiré du roman autobiographique de la militante cambodgienne Loung Ung. Cette femme devenue une amie proche – les enfants d’Angelina l’appellent tante Loung – a été un soutien précieux pendant la séparation.

Le film évoque le génocide perpétré par les Khmers rouges. Au générique, Maddox, 16 ans, en est le producteur exécutif. C’est lui qui a encouragé sa mère à enfin porter l’ouvrage à l’écran. Pour Angelina, cette œuvre visible sur Netflix a une signification particulière.

En 2001, tout bascule...

Elle a 25 ans lorsqu’elle lit le roman dont elle va s’inspirer. Sa découverte du Cambodge la bouleverse, elle tourne Tomb Raider. Dans ce pays chargé d’une histoire sanglante, Angie s’ouvre au monde. En 2001, elle prend contact avec les Nations unies et part pour la Sierra Leone. L’année suivante, elle se rend à l’orphelinat de Battambang dans le but d’adopter son premier enfant. Là, elle découvre le petit Maddox âgé de 7 mois. Il suffira d’un échange de regards. «Je me suis mise à pleurer», confiera-t-elle. Une nouvelle vie commence. 

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Maman chic et souriante, Angie a emmené ses six enfants au Louvre. De g. à dr.: Shiloh, 11 ans, née en Namibie, cultive depuis toujours un look androgyne. Vivienne Marcheline, 9 ans, née à Nice, est encore un peu timide face aux photographes. Pax Thien, 14 ans, Vietnamien, brave le froid en t-shirt et veston, sa sœur Zahara, 13 ans, née en Ethiopie, est plus prudente. Maddox (avec la chapka, au deuxième plan), 16 ans, né au Cambodge, est le producteur exécutif du dernier film de sa mère. Knox Leon, 9 ans, frère jumeau de Vivienne, semble cultiver son indépendance. Photo: Marc Piasecki/GC Images

Entre 2004 et 2005, Maddox soude définitivement la relation entre Angie et Brad, à l’affiche de Mr. and Mrs. Smith. Sur le tournage, ils ont eu un coup de foudre. «Maddox a appelé Brad «papa», raconte Angelina. Nous étions en train de jouer aux petites voitures sur le tapis de la chambre de l’hôtel, nous nous sommes regardés sans rien dire. Cela a sûrement été le moment clé, celui où nous nous sommes dit que nous pourrions devenir une famille.» 

La famille et les enfants qui la constituent ont bien grandi depuis. Angelina a mûri. Brad Pitt, parti en cure de désintoxication, ne fait plus partie du tableau familial.

L’actrice ne délaisse pas son premier métier pour autant. En cette année de transition, elle va retrouver son personnage fétiche le plus noir, Maléfique, la terrible sorcière de La belle au bois dormant. Un rôle de pure composition.