Guillaume Long
Temps forts

Ce qui va changer en Suisse en 2018

02 janvier 2018

La TVA qui baisse, une conjoncture qui s’améliore, des SeaBubbles dans la rade, des votations cruciales... Florilège non exhaustif de ce qui nous attend en 2018.

On vient d’entrer dans l’année 2018! 2018? Pas pour tout le monde. Pour une minorité chrétienne et occidentale surtout, même si le reste du monde veut bien se conformer à la norme qui s’est peu à peu imposée. Et qui correspond à la naissance de Jésus. Une date d’ailleurs contestée, qui a été fixée par le moine Denys le Petit au VIe siècle. En réalité, la plupart des historiens placent la naissance de Jésus quatre, six ou sept ans avant. Donc nous serions arrivés en 2022 au moins.

Pour les Chinois, en revanche, nous devrions être en 4715 le 16 février prochain et ce sera l’année du Chien, un signe de terre associé à des qualités telles que la loyauté, la confiance et la générosité. Pour le calendrier hébraïque, composé d’années solaires, de mois lunaires et de semaines de sept jours qui se concluent le samedi, jour du shabbat, nous sommes jusqu’au 10 septembre prochain en l’an 5778.

Pour le calendrier musulman, nous serons le 12 septembre prochain en l’an 1440 après l’hégire, soit après que Mahomet s’est exilé à Médine en 622, mais comme le calendrier musulman ne compte que 354 ou 355 jours, le calcul se complique. Pour le calendrier indien, l’an 1940 adviendra le 22 mars, soit au début du printemps. Début du printemps aussi pour les Persans, dont le calendrier annonce l’an 1397 le 21 mars.

A propos, savez-vous pourquoi la naissance de Jésus a été estimée au solstice d’hiver? Parce qu’à ce moment-là les païens célébraient de phénoménales saturnales pour saluer le retour du soleil, le renouveau, la renaissance, la germination des graines dans le sol.

On vous épargne une masse d’autres calendriers, y compris le julien qui fait que la révolution d’octobre a eu lieu en réalité le 8 novembre: imprécis, le calendrier de Jules César a en effet pris treize jours de retard sur notre calendrier, celui du pape Grégoire XIII, qui fait foi tout autour de la planète. Le calendrier julien reste cependant en usage dans diverses Eglises orthodoxes, dont la russe. Nous disions donc: 2018.

Changements et temps forts

Diminution du taux de la TVA

En 2018, le prix de votre petit café du matin devrait baisser parce que la TVA diminue. Mais ce ne sera pas le cas, car l’impôt ne baisse que de 8,0 à 7,7% pour le taux normal, de 3,8 à 3,7% pour le taux spécial réservé à l’hôtellerie et de rien du tout pour le taux réduit qui concerne notamment denrées alimentaires, livres, journaux et médicaments. Autrement dit, si votre café coûte actuellement 4 francs, dont 32 centimes de TVA, il y a fort à parier qu’il restera à 4 francs, dont 30,8 centimes de TVA.

Cette baisse résulte du refus par le peuple, le 24 septembre dernier, du projet Prévoyance vieillesse 2020 et de l’échéance à fin 2017 du financement additionnel de l’AI par 0,4% de TVA. Mais il y aura un petit 0,1% de TVA qui contribuera à financer le Fonds d’infrastructure ferroviaire (FIF). Tout bien compris? Un café s’impose.

Etre naturalisé devient plus difficile

Dès le 1er janvier, les candidats à la naturalisation pourront se contenter de dix ans de présence en Suisse au lieu des douze actuellement requis, mais ils devront attester de la connaissance d’une langue nationale non seulement à l’oral mais aussi à l’écrit, respecter évidemment l’ordre public et la sécurité, être familiarisés avec le mode de vie et les usages suisses et participer à la vie économique (par cette dernière précision, le législateur veut dire que le candidat ne doit pas dépendre de l’aide sociale). On connaît quelques riches candidats anglo-saxons qui devront potasser leur français – mais sont-ils les premiers visés?

Nouvelle loi sur l’énergie

Le 21  mai dernier, les Suisses approuvaient avec un bel enthousiasme (58,2% de oui et un taux de participation honnête de 42,3%) la nouvelle loi fédérale sur l’énergie. Elle est entrée en vigueur le 1er janvier. Cette loi qui vise à sortir progressivement du nucléaire en le remplaçant par des énergies renouvelables est le résultat du choc planétaire provoqué par l’accident en chaîne de Fukushima (Japon) dont on n’a peut-être pas assez évoqué le bilan: 1607 personnes tuées par le tsunami initial, plus de 18 000 morts au total, des villages rasés, plus de 160 000 habitants déplacés, 10 000 cancers annoncés. Et des autorités qui ne savent toujours pas que faire des tonnes d’eau fortement radioactive stockée dans des réservoirs provisoires. On estime le dommage économique à 210 milliards de dollars, dont 40 milliards couverts par les assureurs.

En Suisse, la centrale de Mühleberg (BE), mise en service en 1972, sera débranchée en 2019. Mais on ne sait encore rien du sort de Beznau 1 (AG), le plus ancien réacteur commercial du monde, en fonction depuis 1969.

La conjoncture se porte mieux

Après la longue crise financière survenue en 2008, qui a affecté le monde entier, l’économie suisse renoue avec une croissance soutenue. Si les experts de la Confédération ne s’attendent qu’à une hausse de 0,9% pour 2017, ils la prévoient à 2,0% pour 2018, ce qui devrait signifier une hausse sensible de l’emploi et un nouveau recul du chômage. En plus, le renchérissement devrait se limiter à 0,5%. Mais bon, vous connaissez des économistes qui ne se trompent pas?

Marché de l’alcool libéralisé

Depuis janvier, la Régie fédérale des alcools sera intégrée à l’Administration fédérale des douanes. C’est le résultat de la révision partielle de la législation sur l’alcool. Cette dernière aura des conséquences sur la production, l’importation et le commerce de spiritueux. Elle prévoit notamment le principe de l’autodéclaration pour les producteurs de spiritueux et supprime les prescriptions de réétiquetage pour les importateurs. Bref, tout cela sera moins compliqué. Moins cher aussi? A voir.

La survie de la SSR en jeu le 4 mars

Attention, danger! Les auteurs de l’initiative «Oui à la suppression des redevances radio et télévision» (plus connue sous le nom «No Billag») réclament l’abolition des redevances radio et/ou TV allouées aux titulaires d’une concession. Cette redevance est actuellement de 451 francs mais devrait baisser à 365 francs (1 franc par jour) l’an prochain. Issus de milieux néolibéraux, de l’UDC et d’une marge du PLR, ces adversaires du service public disent souhaiter que la radio et la télévision répondent à une pure logique de marché. Ils visent donc la SSR, ses sept chaînes TV et ses dix-sept chaînes de radio publiques. Mais ils oublient de dire au passage que, rien qu’en Suisse romande, la suppression de la redevance affecterait aussi bon nombre de chaînes de radio et TV privées qui ne nagent pas dans l’opulence, dont Radio Chablais, Rhône FM, Radio Fribourg, Léman Bleu, Canal 9 et Radio Cité.

Le financement des chaînes de la SSR est organisé de façon à ce que les recettes soient largement redistribuées dans les régions minoritaires du pays (Suisse romande, Suisse italienne, vallées rhéto-romanes). C’est ainsi que le produit de la redevance payée par nos compatriotes alémaniques, largement majoritaires, représente 73% du total, soit 870 millions, mais ceux-ci en redistribuent 120 millions en Suisse romande, 210 millions aux italophones et 20 millions aux locuteurs romanches des Grisons, qui ne sont guère plus de 30 000 à 50 000 personnes.

Si le oui à une initiative aussi brutale devait l’emporter le 4 mars prochain, il est hautement probable que la SSR devrait mettre la clé sur la corniche et entreprendre de licencier ses 6100 collaborateurs. Outre le dommage infligé à l’emploi dans ce secteur hautement spécialisé, on mesure l’attaque que l’initiative «No Billag» constitue contre le lien confédéral dans un petit pays qui compte trois langues officielles. Au lieu d’avoir des chaînes de radio et de télévision publiques indépendantes – ainsi que des émetteurs privés dans tout le pays –, on vendrait l’éther helvétique à de puissants concurrents commerciaux étrangers. Imaginez ce que les TV commerciales de Silvio Berlusconi apporteraient à 350 000 Suisses italophones, imaginez ce que ferait le géant TF1 pour les 2 millions de Suisses romands, bien moins que la seule aire urbaine de Lyon.

Les jeunes néolibéraux à l’origine de l’initiative répondent en substance: «Nous, on s’en fiche, on lit les news qui nous intéressent sur notre smartphone. On refuse de payer pour ce qu’on n’a pas demandé.» Mais qui produit les contenus suisses? Vous avez dit «égoïstes»?

«Notre Père qui es aux cieux»: la révolution!

Normalement, en Suisse, on aurait dû faire comme nos coreligionnaires chrétiens partout en francophonie: adopter, depuis le premier dimanche de l’avent, la nouvelle version du «Notre Père», dans laquelle on ne dira plus «Ne nous soumets pas à la tentation» mais «Ne nous laisse pas entrer en tentation». Mais en Suisse, les choses se passent toujours avec une circonspecte lenteur. La Conférence des évêques était prête à démarrer dans les temps mais les Eglises réformées et l’Eglise catholique chrétienne se sont tâtées plus longuement et elles n’ont pas fini (sauf les protestants vaudois).

Du coup, dans un sain esprit œcuménique, les évêques ont été d’accord de n’introduire cette nuance de langage qu’à Pâques 2018. On se demande parfois ce que Dieu aurait dit si on lui avait posé la question. En tout cas, le soussigné se souvient qu’à l’Ecole du dimanche on lui avait enseigné «Ne nous laisse pas succomber à la tentation». Mais il y a parfois succombé quand même.

À Fribourg

Fribourg, troisième ville romande?

En tout cas grande commune, puisque au terme d’une votation le 26 novembre, qui n’a pas intéressé grand monde, neuf communes pourraient fusionner pour n’en former qu’une de près de 75 000 habitants, soit la troisième de Suisse romande après Genève et Lausanne, mais devant La Chaux-de-Fonds. Allez savoir si ça se fera puisque, à Granges-Paccot en particulier, seuls 9,7% des citoyens se sont exprimés. Reste que l’assemblée constitutive siégera à partir du 1er février. Le projet devrait être rédigé en juin 2020 et, si fusion il y a, elle entrera en vigueur en janvier 2022.

Possible, puisque Fribourg est le canton romand qui a le plus activé les fusions de communes. Il y avait de quoi faire puisque Fribourg comptait jusqu’en 1972 la plus petite commune de Suisse: Illens, neuf habitants dont quatre citoyens détenant le droit de vote. Et un château ou ce qu’il en reste.

À Genève

Des SeaBubbles dans la rade

Genève ne verra peut-être jamais de viaduc ni de tunnel à travers la rade. Mais des SeaBubbles oui, en principe dès le 1er mars 2018. Des SeaBubbles? Oui, c’est l’invention de l’ex-skipper Alain Thébault, qui a conçu et fait fabriquer au chantier naval Décision d’Ecublens (VD) de petits canots électriques à hydrofoil. En attendant de vraies navettes de 60 à 90 places. Possible que même Ernesto Bertarelli s’intéresse aux travaux de ce professeur Tournesol breton.

Genève fête Ferdinand Hodler

L’année 2018 marque le centenaire de la mort du peintre Ferdinand Hodler, le 19 mai 1918. On l’oublie trop souvent: le peintre «national» des Suisses, un des préférés de Christoph Blocher, qui possède près d’une centaine de ses toiles, a longtemps habité Genève, quai du Mont-Blanc, où il est décédé en 1918, peu avant la fin de la Première Guerre mondiale. Les musées d’art et d’histoire de Genève rendront hommage, presque toute l’année prochaine, dès le 2 mars, à ce peintre essentiel du paysage et des traditions suisses.

Dans le Jura

Malins, les Jurassiens?

C’est plus qu’une rumeur mais ce n’est pas officiellement confirmé: ce n’est sûrement pas un hasard si la Division alcool et tabac de la Direction générale des douanes s’installe à Delémont au printemps 2018. A Berne, il y en a qui râlent ferme, d’ailleurs, vu que le chef-lieu du Jura est à plus d’une heure de train de la ville fédérale.

Voici l’histoire: la Confédération s’était engagée à accueillir deux ex-détenus de la prison de Guantánamo dont les Américains ne savaient que faire. Deux frères ouïgours (une minorité chinoise musulmane) qu’au bout de plusieurs années d’interrogatoires les sbires de la CIA n’ont pas réussi à convaincre de la moindre culpabilité. Bien sûr, personne n’était très chaud en Suisse pour recevoir deux gaillards embastillés huit ans durant pour soupçon de terrorisme. Personne sauf le Jura, où ils sont arrivés en 2010 et où ils vivent toujours. C’est apparemment pour remercier les Jurassiens qu’Eveline Widmer-Schlumpf, alors responsable du dossier, a attribué le site de la Division alcool et tabac et sa cinquantaine d’emplois à Delémont.

À Neuchâtel

Salaire minimum à Neuchâtel

Neuchâtel est le premier canton suisse à introduire un salaire minimum. Il aura fallu une décision du Tribunal fédéral pour qu’il puisse le faire, alors que le peuple en avait accepté le principe en novembre 2011 déjà. Son montant a été fixé à 19,70 francs par heure, ce qui devrait permettre de «garantir des conditions de vie décentes». Ce salaire devrait concerner environ 2700 personnes (pour une population du canton de 178 000 habitants). Allez savoir si cela suffira à compenser une hausse des primes maladie annoncée, elle, à 5,4% en 2018! L’exemple neuchâtelois a d’ailleurs inspiré ses voisins du Jura, dont le Parlement a lui aussi accepté, en octobre, une loi sur le salaire minimum (fixé dans ce cas à 19,25 francs), qui devra encore passer le cap du référendum.

Le rugby change de lac

L’EPCR (European Professional Club Rugby), équivalent de l’UEFA pour le ballon ovale, quitte en 2018 les rives du lac de Neuchâtel pour gagner celles du Léman. L’idée est de se rapprocher du CIO et surtout des multiples fédérations sportives qui ont déjà leur siège à Lausanne et dans ses environs.

En Valais

Les JO d’hiver 2026, vraiment?

Courage et obstination caractérisent les Valaisans, qui se lancent une fois encore dans la course pour organiser les JO d’hiver. En 2026, cette fois, après l’humiliant échec subi en juin 1999 avec l’attribution des Jeux 2006 à Turin. Mais l’affaire est pour l’instant mal partie: à la suite de son altercation avec le consultant de football Rolf Fringer, le vice-président du comité Sion 2026, Christian Constantin, a jeté l’éponge en septembre.

Il a été suivi le 6 décembre par le président du comité, le Vaudois Jean-Philippe Rochat, dont l’étude d’avocats lausannoise figure dans les Panama Papers, scandale d’ailleurs révélé par L’illustré en décembre. Ce dernier a certes été immédiatement remplacé par le Zurichois Jürg Stahl, président de Swiss Olympic et conseiller national UDC, mais ne pas voir un Valaisan ou au moins un Romand aux commandes est un brin fâcheux.

Sion 2026 devrait coûter 2,4 milliards de francs (dont 300 millions rien que pour la sécurité publique). Une somme de 1 milliard de garantie de déficit serait assumée par la caisse de la Confédération. Les Valaisans diront le 10 juin prochain s’ils veulent d’une manifestation que les Grisons, notamment, refusent obstinément d’organiser. Les Valaisans, oui, mais pas les Vaudois qui accueilleraient eux aussi pas mal de disciplines. Le gouvernement bernois, pour sa part, a demandé à son Grand Conseil de soumettre le crédit nécessaire au référendum obligatoire.

Si l’épicentre de Sion 2026 sera évidemment en Valais, Saint-Moritz mettra à disposition ses pistes de bobsleigh, de luge et de skeleton, des équipements extrêmement chers qui ne peuvent se rentabiliser que sur une longue durée, pas pour un événement ponctuel.

Vaud accueillerait sur ses nouvelles patinoires de Malley le patinage artistique et le short-track, sans parler du patinage artistique à Aigle, et les Alpes vaudoises se verraient attribuer diverses disciplines de ski.

Fribourg abriterait évidemment une partie du hockey, de même que Berne et Bienne. Kandersteg, le village du chaud partisan de Sion 2026 qu’est Adolf Ogi, aurait le saut et le combiné nordique. Donc, cinq cantons concernés. Mais voyons déjà ce que diront les Valaisans le 10 juin.

Nouvelle loi sur les constructions

La nouvelle législation sur les constructions est entrée en vigueur le 1er janvier. Elle met en œuvre les objectifs d’aménagement du territoire, actualise la répartition des compétences entre autorités cantonales et communales et adapte les prescriptions en matière de hauteurs, niveaux et indices.

Le pinot noir sera plus rare

Le gel d’avril 2017 a exercé des ravages sur un quart du vignoble valaisan, notamment dans la région de Sierre. Selon l’Interprofession de la vigne et du vin, au moins 12 000 parcelles ont été gravement touchées, soit 1070 hectares, avec des dégâts autour de 67%.

Selon les spécialistes, cet épisode de gel intense sur trois jours aura été encore plus dévastateur que celui de 1974. Le cépage pinot noir est le plus affecté et sera donc plus rare cette année. Mais le gel a aussi infligé de graves dommages aux vergers, notamment aux abricotiers.

Vaud

Le château, incarnation du pouvoir

Voilà deux ans que le château Saint-Maire, siège du gouvernement vaudois, est emballé à la manière d’une œuvre de l’artiste Christo. Un chantier de réfection devisé à 23 millions de francs. Construit entre 1400 et 1430, il doit son nom à Marius, premier évêque de Lausanne. Sa réouverture au Conseil d’Etat et à la quarantaine de fonctionnaires qui y travaillent est prévue ce printemps. La rénovation devrait permettre au vénérable monument d’économiser 40% de sa consommation d’énergie.

Rembourser les soins dentaires

L’extrême gauche vaudoise a fait aboutir une initiative populaire visant à instituer une assurance publique pour les soins dentaires. Soutenue par plusieurs partis du centre et de gauche, elle serait financée de façon paritaire par un prélèvement global de 1% sur les salaires. Le coût des soins buccodentaires est estimé en moyenne à 500 francs par an et par personne dans le canton. Trop pour 7,5% de la population, qui préfère y renoncer, quitte à détériorer sa santé de manière parfois irrémédiable. A majorité de droite, le Grand Conseil a ficelé un contre-projet qui restreint considérablement le cercle des bénéficiaires. Décision dans les urnes le 4 mars 2018.

Vous avez dit RLPPPL?

Les Vaudois ont adopté en février dernier le – prenez votre souffle! – Règlement d’application de la loi sur la préservation et la promotion du parc locatif, élégamment abrégé RLPPPL. Vous n’avez rien compris? Traduction: aux yeux de ses partisans, ce texte devrait permettre au canton de lutter contre les effets néfastes de la pénurie persistante de logements. Il est entré en vigueur le 1er janvier.

La plus grande crèche du canton

Une des plus petites communes vaudoises, Paudex, 1500 habitants sur un demi-kilomètre carré, s’offre la plus grande crèche du canton, peut-être bien de Suisse romande. Avec 171 places pour des enfants de 3 mois à 4 ans, elle ouvre dès la reprise de janvier. Structure privée, elle ne fermera qu’à 19 heures, voire 20 heures, et espère ouvrir même le samedi. Sa directrice, Anne Simond, vient de l’Ecole hôtelière de Lausanne et possède un… diplôme de guide de haute montagne de l’ENSA à Chamonix. Auparavant, elle gérait plutôt des bars et des boîtes de nuit. Quelle reconversion!

Il y a 50 ans, les montres à quartz, l’epul, etc.

En cette année 1968, on notera que deux chasseurs de type Venom sont entrés en collision en plein ciel au-dessus de Meiringen (30 janvier). Pour la première fois, des montres à quartz remportent le Concours de chronométrie de l’Observatoire de Neuchâtel (14 février), ce qui en dit long sur la crise horlogère. Pour la première fois aussi, le HC La Chaux-de-Fonds devient champion suisse de hockey sur glace (25 février). Le 8 avril, l’Ecole polytechnique de l’Université de Lausanne (EPUL) devient l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).

Le premier parcours Vita voit le jour à Zurich (17 mai). Une Flèche Rouge et un train de marchandises entrent en collision près de Sierre, le bilan est lourd: 13 morts et

103 blessés (24 juin). La Télévision suisse diffuse ses premières images en couleur, alors que seuls 30 000 ménages disposent d’un téléviseur couleur (1er octobre). Les CFF introduisent l’abonnement demi-tarif pour les retraités AVS (1er novembre). Des militants jurassiens du Groupe Bélier envahissent la salle du Conseil national en pleine session parlementaire (11 décembre).

Il y a 100 ans, une grève générale en suisse

En 1918, c’est évidemment la fin de la Première Guerre mondiale (les commémorations se succéderont l’an prochain), mais 2018 est, pour la Suisse, le centième anniversaire de la grève générale (12-14 novembre 1918). Dans une atmosphère de quasi-guerre civile, le gouvernement craint des émeutes à l’approche du premier anniversaire de la révolution d’octobre et fait occuper Zurich par l’armée. Cette année-là, la Suisse compte officiellement 692 000 personnes dans le besoin. Nous y reviendrons.

Pour le reste, oui, il y aura des JO en Corée et un Mondial de foot en Russie. Vive 2018!