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© Gerard Berthoud

Le grand pèlerinage des glaciers

Publié vendredi 25 mai 2018 à 00:04
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Publié vendredi 25 mai 2018 à 00:04 
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Disputée dans des conditions de neige et de météo exceptionnelles, la mythique épreuve de ski-alpinisme a sublimé la vaillance des 5500 patrouilleurs, qui ont livré une bataille homérique face à la montagne. Arrêt sur images d’un bataillon de héros et d’héroïnes.
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C’est la course de tous les superlatifs. Pour faire simple et dans la métaphore, on dira que la Patrouille des glaciers est au ski-alpinisme ce que le Tour de France est au cyclisme: la plus grande, la plus belle, la plus fascinante, la plus médiatique, la plus populaire et, forcément, la plus courue.

Cette année, 1840 patrouilles, entendez 5500 patrouilleurs et patrouilleuses (20 % de femmes), se sont échinées sur des monts particulièrement enneigés et étonnamment surchauffés, entre Zermatt ou Arolla et Verbier. Cinquante-trois kilomètres à crapahuter à travers les Alpes, 4000 mètres de dénivelé à la clé, équivalents à 110 km/effort. Un truc de fou qui attire pourtant toujours plus de candidats à la souffrance, de tous âges et de tous horizons. La cuvée 2018 retiendra que le plus jeune concurrent avait 18 ans, le plus âgé 74 ans et que les patrouilles venues de l’étranger ont frôlé les 350. Une avalanche – le terme n’est peut-être pas le plus approprié... – de records ponctuée par deux nouveaux temps de référence: 5 h 35 chez les hommes (la patrouille italienne formée de Matteo Eydallin, Michele Boscacci et Robert Antonioli) et 7 h 27 chez les dames (chrono signé par la Vaudoise Jennifer Fiechter, associée aux deux Françaises Laetitia Roux et Axelle Mollaret).

Gerard Berthoud
Mercredi 18 avril, 2 heures du matin. Les patrouilles parties de Zermatt serpentent à la lampe frontale la longue montée vers le col de Tête Blanche, par le Mur de Stochji. Mais le plus dur est à venir.

«Apprendre à mieux se connaître»

Autant le dire tout de suite: le quidam normalement constitué n’est pas un bon client pour la Patrouille. Ce que ses pèlerins recherchent et pour quelles raisons demeure quelque chose d’assez brumeux dans son esprit. Sont-ils des masochistes, des inconscients, des artistes, des héros? La question est vieille comme le ski-alpinisme. Un Anglais du nom de George Mallory a osé une réponse avant de disparaître dans les entrailles de l’Everest, en 1924. «Pourquoi grimper les montagnes? Parce qu’elles sont là!» avait-il asséné, comme une évidence. Tout ça pour dire que les femmes et les hommes qui se lancent dans l’aventure de la Patrouille ne le font ni pour la gloire, ni pour être reconnus dans la rue et encore moins pour l’argent. Leur but à tous, disent-ils, du dixième au dernier pour rester objectif, c’est avant tout d’apprendre à mieux se connaître, à mieux se comprendre, à mieux cerner ses limites, tout en profitant de la somptuosité des paysages et de l’esprit qui règne au sein de cette drôle de transhumance. C’est ce mélange de sentiments, associé à la suave impression d’avoir été au bout de soi-même, d’avoir surmonté une épreuve que l’on croyait indomptable, que révèlent ces sourires, ces larmes et ces cris à l’arrivée.

Gerard Berthoud
Il est 6 h 30 ce samedi matin. Le soleil se lève sur le glacier des Ecoulaies. Les patrouilleurs arpentent l’ultime ascension avant d’affronter la terrible montée vers la Rosablanche. Ci-dessous, le gros du peloton se presse au pied du fameux…

Gerard Berthoud
PATROUILLE DES GLACIERS 2018 Zermatt-Arolla-Verbier les 17-18-20-21 avril 2018

Une compétition spéciale

En réalité, la Patrouille des glaciers, moment unique de partage et de solidarité, a une particularité qu’aucune autre épreuve sportive ne possède, pas même le Tour de France. Celles et ceux qui l’explorent jusqu’au bout en ressortent tous vainqueurs. Les vrais gagnants n’ont rien d’autre de plus que l’honneur du podium et le respect de tous...

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