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Julie de Tribolet
Isabelle Chevalley, qui êtes-vous en quatre mots? "Engagée, passionnée, pragmatique, loyale."
Interview intime

Isabelle Chevalley: «Je me suis vue mourir»

04 mai 2016

A 44 ans, la conseillère nationale vaudoise Isabelle Chevalley vient d’accéder à la vice-présidence des Vert’Libéraux. Rencontre avec une politicienne énergique et entière, qui ne s’arrête jamais.

Isabelle Chevalley, d’où vous vient cet enthousiasme à toute épreuve ?

Isabelle Chevalley: J’ai eu un accident à l’âge de 23 ans qui a clairement changé mon rapport à la vie. Je me promenais vers chez moi, à Saint-George, lorsque j’ai fait une chute de 15 mètres en glissant sur des rochers. Je m’en suis miraculeusement sortie vivante mais, l’espace d’un instant, j’étais certaine d’être morte. Depuis cet événement, je me suis promis de sourire tous les jours et de ne plus jamais quitter les gens que j’aime en étant fâchée. Ce n’est pas que je pense à la mort tous les jours. Pas du tout. Mais c’est une espèce de règle de vie. Je suis heureuse d’avoir vécu cette épreuve, parce que sans elle je n’aurais certainement pas la joie de vivre que j’ai aujourd’hui. En réalité, beaucoup de moments difficiles se sont avérés être des chances par la suite.

C’est-à-dire ?

Par exemple, si je ne m’étais pas fait évincer du Parti libéral, je ne serais certainement pas conseillère nationale aujourd’hui. Il y a quelques années, j’ai fait une dépression à la suite d’une relation. Sans cette épreuve, je ne serais pas aussi forte et tenace. Cet homme est parti enseigner aux Etats-Unis. Si nous étions restés ensemble, je l’aurais suivi et je ne serais pas là où j’en suis. Je me dis que ce n’était tout simplement pas mon destin.

Vivre seule pour mieux vous consacrer à vos engagements, c’est ça, votre destin ?

Oui, c’est en tout cas ce que je crois. Et puis je pense que je fais un peu peur aux hommes, parce que je ne m’arrête jamais. Mon engagement est incomptabile avec une vie de couple. Un ex-compagnon vivait mal le fait qu’on me reconnaisse et qu’on me salue dans la rue. Le but de vivre à deux, c’est de vivre mieux, pas moins bien. C’est pareil pour la maternité. Je ne me suis jamais sentie frustrée de ne pas avoir eu d’enfants, parce que cette décision a été un choix conscient et réfléchi. Devenir mère m’aurait enfermée et je ne l’aurais jamais supporté. De toute façon, je suis quelqu’un qui vit sans regrets. J’assume mes choix de vie et je ne trouve pas intéressant de regarder en arrière. Mes bébés sont tous mes projets. Et puis je m’occupe de plein d’enfants en Afrique.

Retrouvez l'intégralité de cet article dans L'illustré n°18, disponible