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Les perturbateurs endocriniens ont de nombreuses conséquences néfastes sur notre organisme et sur l'environnement.
Santé

À la chasse aux perturbateurs endocriniens

13 novembre 2017

Régulièrement, études et reportages incriminent les perturbateurs endocriniens. Voici quelques astuces pour les limiter, à défaut de pouvoir les éliminer.

Samedi 11 novembre, Arte a diffusé un film choc à propos des perturbateurs endocriniens (PE). Intitulé "Demain, tous crétins?", le documentaire se base sur des études très sérieuses et affirme que les PE seraient à l’origine d’une baisse de QI générale de la population et d’une augmentation drastique des troubles du comportement et des cas d’autisme. En plus de cela, on sait déjà que les PE engendrent une baisse de la fertilité, des malformations génitales et des cancers.

Autre fait avéré, nous sommes tous touchés. Pour preuve, 7 personnalités écologistes françaises ont fait analyser leurs cheveux début 2017. Résultat: toutes avaient entre 36 et 68 PE présents dans leur organisme. Pas étonnant, les perturbateurs endocriniens sont partout: eau, aliments, meubles, cosmétiques notre environnement est truffé de ces petits agents chimiques.

Vous l’aurez bien compris, il est donc impossible de les éliminer complètement de nos vies. Mais pourquoi ne pas tenter de les limiter? En effet, il semblerait que les PE deviennent particulièrement nocifs lorsqu’ils sont présents en grand nombre dans l’organisme. Ces agents chimiques sont problématiques car ils interfèrent avec le système hormonal et viennent donc perturber les hormones. Secrétées dans les sang par des glandes spécialisées, ces dernières ont un rôle crucial pour notre organisme puisqu’elles transportent des messages et régulent le comportement de certains organes. Elles se chargent notamment d’encadrer la croissance, la puberté, la température du corps, la faim, le sommeil, la libido, l’insuline, le rythme cardiaque…

Surveiller sa façon de s’alimenter
Alors prêts à partir à la chasse aux perturbateurs? L’alimentation, les produits cosmétiques et l’intérieur de nos maisons contiennent de nombreux PE. Ça tombe bien, il s’agit de trois domaines sur lesquels on peut facilement agir. L’alimentation est la source d’exposition principale aux phtalates et au bisphénol A. Tout d’abord, il est conseillé d’éviter les emballages en polycarbonates (plastique n°7), les conserves, les canettes et la vaisselle en plastique. Les contenants en verre (ou autre matière non plastique) sont donc a privilégier. Il faut également éviter de chauffer des contenants en plastique au micro-onde. Autre conseil tout simple, on ne réutilise pas les bouteilles en plastique. Une fois usé, ce dernier rejette davantage ses plastifiants. Une gourde en alu fera donc très bien l’affaire.

Limiter les cosmétiques
Dentifrice, fond de teint, vernis, shampoing, gel douche, mascara… La liste des cosmétiques pouvant contenir des PE est longue comme le bras. Il faut donc essayer d’en utiliser le moins possible. On essaie de se vernir les ongles des pieds qu’en été et on utilise du parfum avec parcimonie. Il est aussi judicieux de privilégier les labels bio, toujours en restant attentif à la composition. Vous n’êtes pas un chimiste aguerri? Il existe une application qui indique si la composition d’un cosmétique contient un ou plusieurs des 60 ingrédients jugés nocifs par les autorités scientifiques. "Clean Beauty" est gratuite, il suffit de prendre en photo la composition du produit pour avoir la réponse à ses interrogations. Une autre solution est de privilégier des produits plus simples tels que le savon de Marseille ou d’Alep, tout en veillant à ne pas utiliser des déodorants et laques à vaporiser. Si ceux-ci sont inflammables, c’est parce qu’ils sont propulsés au propane!

Quelques précautions à suivre à la maison
Les substances chimiques présentes dans les logements sont lentement relâchées dans l’air. Elles rejoignent alors les poussières qui seront respirées par toute la famille. Pour la décoration de votre appartement, évitez donc tous les objets qui peuvent contenir un nombre important de phtalates comme les revêtements plastifiés pour le sol ou les peintures. Préférez des enduits naturels et les meubles en bois massif plutôt que ceux en aggloméré. Ces derniers sont souvent imprégnés de formaldéhyde et de benzène, des substances cancérigènes.

Pour faire le ménage chez vous, un maître-mot: la simplicité. Les détergents nocifs et irritants ne sont pas la panacée. Les produits naturels comme la cire d’abeille, le vinaigre blanc, le jus de citron et le bicarbonate de soude nettoient très bien et permettent d’éviter les émanations de phtalates utilisés en tant qu’agents fixateurs. Pensez également à aérer lorsque vous faites le ménage afin d’entraîner les poussières vers l’extérieur. Finalement, évitez d’utiliser des insecticides dans vos foyers.

Des mesures qui demandent quelques petits efforts d’adaptation, mais qui paraissent indispensables à appliquer lorsque l’on sait que chaque nourrisson qui naît aujourd’hui aux USA a plus de 100 molécules chimiques mesurables dans le sang.

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