Rolf Neeser
Six jours de musique et de spectacles avec près de 40 000 festivaliers par soirée, cela fait 230 000 entrées, dont une bonne proportion de couples.
Reportage

Rolf Neeser: "Je suis tombé amoureux du Paléo"

26 juillet 2017

Vainqueur du Swiss Press Photo 2017 dans la catégorie «Vie quotidienne», le photographe biennois Rolf Neeser, 57 ans, a vécu pendant six jours au rythme d’un festival qu’il n’avait jamais fréquenté. Sa mission: laisser courir 
son regard plein d’humour et de poésie. Notre photoreporter ressort de son périple fatigué et épaté.

Montrer le Paléo comme on ne l’avait jamais vu. Lorsque nous avons lancé ce défi au Biennois Rolf Neeser, ce photographe alémanique de 57 ans qui n’y avait jamais mis les pieds est passé par la consultation des archives de la presse romande et… par tous ses états. «Gopf verdammi! Mon Dieu! Tout a été fait sur votre manifestation! Es isch doch Wahnsinn, c’est la folie!»


Sur la Grande Scène, une équipe technique de 42 «roadies» extrêmement soudés et solidaires forment la Golden Team. Un monde à part qui a ses codes, son bar et son univers très particulier derrière les échafaudages. Ses membres font partie des 4800 bénévoles qui rendent chaque année le festival possible. Photo: Rolf Neeser

Il est vrai qu’entre les photographes professionnels et amateurs, plusieurs centaines de milliers d’images sont publiées chaque année par les médias et les réseaux sociaux des 230 000 spectateurs de ce rendez-vous devenu culte du divertissement. Pour relever ce défi colossal, nous n’avions toutefois pas choisi notre photographe au hasard. Afin de figer les instants tantôt tendres, tantôt cocasses d’un événement de folie, il fallait quelqu’un qui en possède quelques grains. Rolf, donc.
 Et seulement Rolf.

Ce reportage exceptionnel a été réalisé avec un Fujifilm X-Pro2. «C’est un petit boîtier qui permet d’être agile et capte les lumières les plus faibles», précise celui qui a remporté le Swiss Press Photo 2017 dans la catégorie «Vie quotidienne». Particulièrement important lorsque l’on veut éviter les images mille fois vues de scène et de foule les mains levées au ciel.

 

Pendant six jours, Rolf Neeser a pris 1500 photos. Il nous en a transmis 270 et nous en publions 25 dans L'illustré de cette semaine. La force de ce travail, c’est qu’il répond à une question que se posent sans cesse les Romands: comment se fait-il que, pour la dix-neuvième année consécutive, le Paléo vende tous ses billets, le plus souvent en quelques minutes, quelle que soit la programmation? Parce que ce festival est une parenthèse hors du temps, une semaine de fête absolue, rituelle, pleine d’excès, de rebondissements, de surprises et de souvenirs, dans une ambiance presque totalement dépourvue d’agressivité et de jugement, une ambiance qui a épaté le photographe.


Le photographe biennois Rolf Neeser, 57 ans, ne s’était jamais rendu à Paléo. Lacune désormais comblée. Sur le terrain de l’Asse, à Nyon, l’envoyé spécial de L’illustré s’est rapidement fait de nombreux amis! Photo: Rolf Neeser

«J’ai fait beaucoup de festivals dans ma vie, mais j’ai vécu quelque chose d’unique ici et je suis certain que j’y reviendrai, souligne-t-il. A part sur le fait que vous êtes les champions de l’apéro, l’organisation de ce festival casse les clichés au sujet des Romands, sur le fait que vous prendriez tout à la légère.» Rolf devra attendre le 17 juillet 2018 pour planter sa tente et profiter d’une programmation qui fera la part belle à l’Europe du Sud. Et de cette ambiance inégalable.

A noter que L'illustré n°30, actuellement disponible, consacre près de 20 pages au reportage photo de Rolf Neeser à Paléo. A découvrir dans votre kiosque!