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Les sportifs d’élite sacrifient leur jeunesse et prennent tous les risques pour réussir dans leur discipline. Mais, à l’image de Stan, ça peut rapporter très gros.
Tennis

Stan Wawrinka: sa défaite lui rapporte gros

13 juin 2017

Détruit en trois sets par le Monsieur Hulk de Roland-Garros, Stan The Man n’a pas tout perdu à Paris. Il a quitté la porte d’Auteuil avec un chèque de 1,06 million d’euros, ce qui porte ses gains en tournois à 31 millions de dollars. Le Vaudois pointe désormais au septième rang du top 10 des champions du «prize money».

Laminé, aplati, broyé, presque réduit en poussière par l’ogre de l’ocre. Après avoir rêvé d’un grand jour, Stan Wawrinka a sèchement été ramené sur terre par Rafael Nadal, en finale de Roland-Garros. Pris de vitesse par le Majorquin en état de grâce, déboussolé par sa précision et dominé sur son propre terrain, la puissance, le No 3 mondial ne pouvait que reconnaître, la mort dans l’âme, la supériorité du désormais décuple vainqueur de l’épreuve. Une situation inédite pour le Vaudois. En quatre finales de Grand Chelem, c’est en effet la première fois qu’il laisse échapper la victoire. Déçu, désabusé par son non-match, Stan trouvera peut-être de quoi se consoler avec le chèque attribué au perdant de cette édition: un million soixante mille euros. Ecrit en toutes lettres pour éviter toute confusion. L’argent ne fera sans doute pas son bonheur, mais il contribuera peut-être à amortir le choc. Cette enveloppe lui permet de dépasser les 30 millions de dollars de gains en tournois (31 millions en chiffres ronds), et de doubler un autre Espagnol, David Ferrer, au top 10 des joueurs ayant amassé le plus de prize money. Stan porte désormais le matricule sept de ce huppé classement. Loin, très loin même de son leader, le Serbe Novak Djokovic, 110 millions au compteur, et de son dauphin, notre Roger Federer national, 100 millions. Le joueur de Saint-Barthélemy peut toutefois se targuer d’avoir empoché le plus gros chèque de l’histoire du tennis pour sa victoire à l’US Open 2016: 3,5 millions de dollars. Et puis, selon le site spécialisé Mediamass, Stan dominerait également à ce jour le classement du joueur le mieux payé en 2017.

Courtisé comme jamais

Sur ses 31 millions de dollars de gains en tournois, il est intéressant de constater que Wawrinka en a gagné les deux tiers depuis sa victoire à l’Open d’Australie, en janvier 2014. Avant ce déclic, il n’avait cumulé «que» 9 millions en douze saisons. Aujourd’hui, à 32 ans, sa cote ne cesse de grimper. Ambassadeur d’une douzaine de marques, dont plusieurs suisses (BCV, Visilab, Audemars Piguet, Swiss Education Group et London Capital Group (LCG), une plateforme de trading online basée à Londres mais fondée et dirigée par le Vaudois Charles-Henri Sabet), il est l’un des plus courtisés du circuit. On se souvient par exemple que, après son triomphe à l’Open d’Australie, son équipementier, Yonex, n’avait pas hésité à casser sa tirelire pour s’assurer ses services jusqu’en 2018: 20 millions de dollars. Jamais la firme japonaise ne s’était saignée ainsi.

Mieux que Rodgeur

Si c’est avant tout sur son talent et son travail qu’il a bâti sa fortune, Wawrinka doit l’accélération de celle-ci à l’incroyable inflation qui sévit dans le tennis mondial depuis quelques années. Roland-Garros, par exemple. Il y a dix ans, en 2007, le prize money du tournoi culminait à 8,5 millions d’euros. Cette année, il a atteint 36 millions d’euros. A titre de comparaison, lors de son unique victoire sur la terre battue parisienne, en 2009, Roger Federer avait encaissé 1 130 000 euros. Soit 70 000 euros seulement de plus que Stan dimanche. En 2015, ce dernier avait reçu 1,8 million d’euros après avoir renvoyé Novak Djokovic à ses études. Pour la petite histoire, éliminé dès le premier tour en 2014, Stan avait dû se contenter de 24 000 euros cette année-là.

Comme vous vous en doutez, tous ces gains ne sont pas nets. Avant qu’ils ne soient virés sur le compte des joueurs et des joueuses, le fisc passe par là et prend sa part en prélevant l’impôt à la source. En France, celui-ci est étonnamment bas: 15%, contre 25% en Suisse, 20% en Angleterre et 30% (minimum) aux Etats-Unis. L’athlète est ensuite soumis à l’impôt sur le revenu dans son pays de domicile, sous déduction de l’impôt payé à la source bien sûr. Il reste toutefois à Stan largement de quoi s’offrir ses petits péchés mignons qu’il dévoile régulièrement avec une candeur touchante sur les réseaux sociaux. Steak tartare, lasagnes, filets de perche, fondue et crêpe au Nutella. Sûr que depuis dimanche, il a définitivement rayé la sangria et la paella de sa carte des menus. Trop indigestes pour lui…

Timea proche du jackpot

«Ça me fait royalement chier de ne pas être en finale», s’est lâchée Timea Bacsinszky en conférence de presse après son élimination en demi face à la future gagnante, la jeune Lettone Jelena Ostapenko (20 ans). On comprend bien sûr la frustration de la Lausannoise, déjà boutée hors de la compétition au même stade il y a deux ans. Mais elle aussi a de quoi se consoler: 530 000 euros de gain. Une prime qui propulse sa cagnotte accumulée depuis le début de sa carrière, en 2004, par-delà la barre des 5 millions de dollars. Il est vrai qu’une victoire sur la brique pilée parisienne lui aurait permis de décrocher la timbale: 2,1 millions d’euros. Qui sont allés dans la poche de la nouvelle étoile du tennis féminin, Jelena Ostapenko. A Roland-Garros comme dans tous les tournois du Grand Chelem, c’est salaire égal pour travail égal. Mais la frappeuse de Riga a encore des services gagnants à faire et des sets à remporter pour rattraper Rafa, le taureau de Manacor. A l’occasion de son dixième sacre, Nadal a dépassé les 80 millions de dollars de gains en tournois. «Dis papa, pourquoi j’ai pas fait du tennis?»