Jim Lo Scalzo/EPA/Keystone
Lors de la visite d’une délégation de routiers à Washington. Durant de longues minutes, au volant d’un semi-remorque, le milliardaire va klaxonner, grimacer, serrer les poings, imiter le bruit du puissant moteur, sous le regard interloqué de l’assistance.
Année en tweets

Trump le bulldozer: an 1

20 décembre 2017

Impulsif, le président a multiplié les messages sur Twitter, «son contact direct avec le peuple». Déroutants ou choquants, futiles ou habiles, ils sont le miroir de cette nouvelle Amérique trumpienne.

«Cette tricheuse d’Hillary Clinton est la pire (et la plus grande) perdante de tous les temps. Elle ne peut jamais s’arrêter, ce qui est si bon pour le Parti républicain. Hillary, vis ta vie et réessaie dans trois ans!»

Hillary Clinton L’élection de Trump a été précédée par la campagne la plus violente de l’histoire récente des Etats-Unis. La haine que se portaient les candidats a perduré, donnant lieu cette année à une surenchère verbale. Sur Twitter, Hillary est devenue une véritable obsession pour Trump, qui a multiplié les piques revanchardes. «Entre tweeter et jouer au golf, comment fait-il autre chose?» a rétorqué la démocrate.

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«Malgré une presse constamment négative covfefe.»

«Covfefe» Ce tweet du 31 mai est le plus célèbre. Le monde entier s’est demandé ce que pouvait signifier le mot «covfefe». De la simple faute de frappe jusqu’au message crypté à l’attention de Vladimir Poutine, chacun y est allé de son interprétation. Aimé 123 000 fois et retweeté 100 000 fois, le message n’a été supprimé que six heures après sa publication. Il illustre l’usage compulsif de Twitter par le président.

«Etre gentil avec Rocket Man n’a pas marché depuis vingt-cinq ans, pourquoi cela fonction-nerait-il maintenant? Clinton a échoué, Bush a échoué et Obama a échoué. Je ne faillirai pas.»

La Corée du Nord L’année sera marquée par le face-à-face ahurissant entre le président et Kim Jong-un, surnommé dans les tweets «Rocket Man», allusion aux essais de missile ordonnés par le leader nord-coréen. Dans ses messages, Trump ne cesse également de vouloir incarner une rupture par rapport à ses prédécesseurs, accusés de symboliser l’incurie de l’establishment de Washington.

«Etudions ce que le général Pershing des Etats-Unis faisait aux terroristes quand il les attrapait. Et il n’y a plus eu de terrorisme islamiste radical pendant trente-cinq ans.»

Terrorisme Ce tweet lâché après l’attentat de Barcelone va créer le malaise. Trump fait référence au général John Pershing qui, selon la légende, aurait fait exécuter en 1908 une cinquantaine de prisonniers philippins musulmans avec des balles trempées dans du sang de cochon. Mais le président américain, pourfendeur déclaré du politiquement correct, va se rire comme toujours de la polémique suscitée. 

«Ma visite au Japon et mon amitié avec le premier ministre Abe vont donner de nombreux avantages à notre grand pays. Des commandes massives dans le domaine militaire et énergétique vont arriver.»

Politique business Avant son élection, Trump n’a jamais eu de mandat politique; c’est un homme d’affaires. Ses tweets attestent de sa vision de la fonction, celle d’être le VRP de l’économie américaine. Il croit en la «diplomatie du golf». Au Japon, il négocie ainsi sur le green des contrats commerciaux avec le premier ministre, Shinzo Abe. Au programme, armes et énergie, ses secteurs privilégiés.

«Les démocrates veulent des augmentations MASSIVES d’impôt et des frontières perméables produisant du crime. Les républicains veulent la plus grande baisse d’impôt et le MUR.»

Parti démocrate Dès le début de son mandat, Trump va être confronté à une opposition systématique des démocrates qui n’hésiteront pas à brandir la menace d’une destitution. Lui insiste sur ses objectifs, notamment la construction d’un mur pour protéger les Etats-Unis du Mexique. Cette mesure est la plus décriée, mais aussi la plus emblématique de sa vision de l’Amérique d’abord.

«Ma fille Ivanka sera sur Fox & Friends demain matin. Profite!»

Ses enfants Pour Donald Trump, la séparation entre vie publique et vie privée est toujours assez ténue. Sur Twitter, il n’hésite jamais à prendre la défense de ses enfants ou à les féliciter de leurs actions. Dans ce tweet, il annonce qu’Ivanka va passer le lendemain à Fox & Friends, l’émission d’actualités matinale de la chaîne Fox News. Sa fille s’est imposée comme la plus proche conseillère de son père.

«Pendant que j’étais aux Philippines, j’ai été contraint de regarder CNN, ce que je n’avais plus fait depuis des mois, et de nouveau j’ai réalisé à quel point c’était mauvais et FAUX. Loser!»

«Fake news» Entre le président américain et les grands médias, c’est une guerre ouverte, où chacun s’accuse mutuellement de propager les désormais fameuses fake news, des informations fausses. CNN est sa cible fétiche et il envoie torpille sur torpille contre la chaîne d’information qui, de son côté, a été à la pointe des révélations sur l’enquête ouverte pour collusion entre l’équipe Trump et la Russie.