Sedrik Nemeth/DR
A 71 ans, Verena Rey-Bellet vit toujours dans l’appartement familial des Crosets, où s’est déroulé le drame il y aura dix ans le 30 avril. Au mur, ses chers disparus. A droite, Kevin dans les bras de Verena, en 2008, deux ans après la tragédie.
Drame Rey-Bellet

Verena: “Mon petit Kevin va bien”

06 avril 2016

Elle a perdu sa fille et son fils, assassinés par son beau-fils, puis son mari, mort de chagrin en 2012. Dix ans après la tragédie qui a décimé sa famille, Verena Rey-Bellet tient bon. Mais elle doit toujours se battre pour avoir le droit de voir son petit-fils.

Dix ans déjà. C’est un bien triste anniversaire qui se profile, le 30 avril prochain. Ce dimanche-là, vers 21h30, Gerold Stadler, le mari saint-gallois de la championne de ski Corinne Rey-Bellet, abat froidement sa femme, Alain, son beau-frère et blesse grièvement sa belle-mère, Verena, de cinq balles. Le corps sans vie du meurtrier sera retrouvé trois jours plus tard à la lisière d’une forêt, en-dessous de Villars-sur-Ollon. Il s’est suicidé d’une balle dans la tempe. Le drame suscite d’autant plus d’émotion à travers le pays que la folie meurtrière de Gerold fait une victime collatérale, Kevin, le fils du couple, orphelin à 2 ans et demi. S’engage dès lors une longue bataille juridique entre les familles et les autorités de tutelle autour du petit survivant, finalement placé dans une famille d’accueil, à Val-d’Illiez, chez une cousine de la skieuse. Estimant être délibérément éloignés de leur petit-fils, Verena et son mari, Adrien Rey-Bellet s’opposent aux décisions des autorités d’assistance. Un bras-de-fer largement relayé par les médias qui touchera à son paroxysme début 2010, lorsque les grands-parents valaisans sont soumis à une interdiction pure et simple de voir Kevin. Une décision qui émeut l’opinion publique, laquelle se mobilise à travers une pétition et une marche de protestation.

Toujours dans l’appartement

Selon Verena, Adrien en mourra de chagrin, deux ans plus tard. A 71 ans, elle poursuit donc seule son combat. Aujourd’hui, alors que Kevin va sur ses 13 ans et qu’il est placé dans un internat romand depuis novembre, elle continue à se battre, bien que la situation soit un peu apaisée. « Rien n’est jamais gagné, les visites de mon petit-fils se font au compte-gouttes et sont toujours très réglementées » se plaint-elle. Loin de baisser les bras, Verena a reçu L'illustré chez elle, aux Crosets, où elle vit toujours, dans l’appartement où s’est déroulé la tragédie. Une rencontre émouvante avec une femme qui ne demande en fait qu’une chose : avoir le droit d’être une grand-maman normale et le plus proche possible de son petit-fils. « Kevin est tout ce qu’il me reste. Il va bien. A l’école ses notes sont bonnes et ses relations avec les autres enfants sont excellentes » confie Verena, qui raconte pour la première fois la nuit du drame.

Retrouvez l'intégralité de cet article dans L'illustré n°14, disponible