Une belle histoire

The Voice: Sans regrets pour Anahy

11 mai 2016

Anahy n’a pas accédé à la finale de The Voice mais la Genevoise quitte le concours sans amertume ni déception. «C’est maintenant que ça commence», nous a t-elle confié à Paris au lendemain de l’émission. Retour sur une extraordinaire aventure.

«Elle est une leçon de solfège avec un coeur énorme»

Voilà les mots de Garou après sa bluffante interprétation de «Vivre ou survivre» de Balavoine. A ce moment-là de la soirée, sur le plateau de The Voice où le public vient de lui faire un triomphe, personne ne doute que la Genevoise à «la voix d’or», dixit Le Parisien, va accéder à la finale de l’émission phare de TF1. «S’il y a une fille qui doit y aller, c’est toi ! », lui a encore soufflé Zazie. Hélas pour Anahy, le public a préféré, l’incroyable performance (il faut aussi le reconnaître) d’un gamin de 17 ans qui s’est attaqué en demi finale au mythique Port d’Amsterdam de Brel. Exit Anahy, exit Amandine, l’autre Suissesse, cette année encore aucune fille ne gagnera le télécrochet.On la retrouve dès le lendemain dans l’hôtel de la Plaine St Denis où sont logés les candidats, à quelques 500 m des studios de la chaîne. Démoralisée, en pleine décompensation après quatre semaines de direct et ce statut pesant de favorite, celui-là même qui nous a donné envie de venir assister à sa victoire programmée?  

Pas du tout. La jeune fille de 26 ans a le sourire pas feint, la fatigue même pas visible, même si elle a fini la nuit dans un bar avec ses copines fans venues de Suisse. Comme elle ne boit pas, pas de gueule de bois. «Seulement du thé froid ou du coca, à la rigueur un amaretto sprite » jubile-t-elle, droit dans ses bottines blanches maniac, assurant qu’elle est heureuse: «Je suis allée au bout de ce que je voulais. J’ai vécu quatre semaines intenses, et puis on a déjà tout gagné quand on arrive à ce stade de la compétition, mais mon pays, ma famille mes amis me manquaient, je suis contente de rentrer, je n’ai pas une once de regret!» 

«J’aurais voté pour lui!»

C’est sincère, ça se sent, surtout quand le fameux Antoine, son rival de samedi soir dans l’équipe Garou, débarque, tee shirt flottant et yeux ensommeillés, pour se jeter dans ses bras. Vendredi, à la dernière répétition, ce grand gaillard d’un mètre nonante cinq est rentré à l’hôtel en disant à sa mère: «on peut faire nos bagages, Anahy a été extraordinaire je n’ai aucune chance!»Le vote du public en a décidé autrement. Celle que Garou n’a cessé de comparer à Céline Dion, pour «ta justesse et ta façon de ne jamais tomber à côté», n’économise pas ses compliments envers celui qu’elle considère comme son petit frère. «Antoine, je l’ai un peu pris sous mon aile, moi ou lui en finale, c’est pareil, ce qu’il a fait samedi, c’est magique! Les gens ont été surpris de découvrir sa fragilité, son émotion, franchement, si j’avais été derrière ma télé, j’aurais voté pour lui ! J’ai été plus constante, je possède ma palette technique, j’ai pu montrer mon évolution mais j’ai moins surpris à cause de cette constance!»

 

 

Humble et modeste notre chanteuse, des valeurs que lui ont transmis Giuseppe et Susana, ses parents, lui italien, elle paraguayenne. Sa mère a suivi la demi finale depuis le restaurant familial du quartier de la Jonction. «Comme maman je suis fière d’Anahy, comme musicienne, je trouve son niveau excellent. Ma fille ira loin. Très loin.» Personne n’en doute, et les propositions sont déjà là même si Anahy ne veut pas encore en parler. «Je ne pense pas qu’elle reprenne demain son métier d’agente de sécurité» prophétise son père. Certaines rumeurs parlent d’un single dans les prochains mois... 

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En dehors du gagnant qui s’engage pour trois ans, Anahy a signé, comme tous les autres candidats, un contrat de trois mois avec Universal, mais n’est pas tenue de chanter ce qui pourrait lui déplaire. «C’est très important pour moi. Si j’avais choisi, par exemple, samedi une chanson dans le répertoire de Céline Dion, j’aurais peut-être eu plus de votes, mais j’avais décidé de m’amuser et de montrer un autre tempo ». Le moment le plus intense qui lui revient en mémoire? «A la fin de ma reprise de la chanson de Murray Head «Say it ain’t so, Joe ». Je l’ai énormément travaillée, me relevant à trois heures du matin dans ma chambre pour reprendre certaines parties du texte en anglais difficiles pour moi. Antoine et Alexandre, qui connaissaient mes difficultés, sont venus à la fin me faire un gros câlin.»

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Un souvenir passe tandis qu’arrive Jérôme Ackermann, le Jurassien du groupe Arcadian, lui aussi éliminé en demi-finale, et qui s’affiche dans le même état d’esprit que sa compatriote. «Aucune déception, vraiment, on a vécu une expérience formidable et on a plein de projets dans la foulée, on sera le 25 juin au Festival métissage de Genève et le 20 août, à Tavannes, mon village!» Qu’on se le dise! Depuis deux ans, Jérôme a fait le choix de vivre à Paris. Anahy, elle n’est pas prête à quitter Genève. «Ma base restera la Suisse. Mais je n’ai rien, bien sûr, contre l’idée de m’exporter un peu».Sourire. La joueuse du FC Cortaillod n’a pour l’heure qu’un souhait: remettre ses souliers à crampons. «Le foot me manque!» confesse celle qui réussit déjà avec sa voix ce que Messi fait avec ses pieds.

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