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Journée de la trisomie 21
Main dans la main avec les jeunes trisomiques
En Suisse, un enfant sur 900 naît avec trois chromosomes 21 au lieu de deux. Après un diagnostic prénatal positif, 90% de parents optent pour un avortement. Pourtant, ces personnes ne sont ni débiles ni malades. Et les préjugés empêchent souvent de belles rencontres. Comme celles que nous vous proposons à l’occasion de la journée mondiale du 21 mars. Sept jeunes trisomiques ont côtoyé sept personnalités qu’ils admirent. Devinez qui a été le plus impressionné!

Par Patrick Baumann - Mis en ligne le 16.03.2010

 

Dieux du stade

Enzo Bartolucci, 9 ans, Hauteville (FR), et Urs Kolly, médaillé olympique.

Faut voir Enzo courir, la trisomie 21 n’est de loin pas un obstacle à la compétition. Drôle, affectueux, coquin, Enzo est un petit garçon au charme ravageur qui a d’ailleurs fait tomber sous le sien Urs Kolly, médaillé de bronze en pentathlon aux Jeux paralympiques de Pékin.

«Allez Enzo, cours avec moi!» lance le champion fribourgeois amputé au niveau d’une jambe. Les voilà partis pour un tour de stade, Enzo s’appliquant à rester à la hauteur. Malgré le manque de tonicité lié à cette déficience génétique, le petit gaillard a du punch. Il s’entraîne régulièrement avec d’autres jeunes handicapés sous la houlette de son père. Qu’estce que ça fait de courir avec un champion, Enzo? «C’est super bien!»






 

Duo de sirènes

Lauriane Chatelain, 17 ans, Courtételle (JU), et Swann Oberson, championne de natation.

Ce sont deux championnes dans leur catégorie. Lauriane, qui nage avec Jura Flotte, a déjà gagné une Coupe suisse et participe à de nombreuses compétitions. Ravie de partager ce matin-là, à la piscine des Vernets, quelques brasses avec la belle Swann Oberson, 6e aux JO de Pékin de nage en eau libre. Une fille qui a le prénom d’un cygne, mais aussi sa glisse. La nageuse genevoise connaît le prix de l’effort en solitaire et a encouragé sa jeune amie à persévérer. Lauriane a expliqué à Swann qu’il ne faut pas craindre d’entrer en contact avec des trisomiques. Sa mère explique que, parfois, sa fille n’ose pas répondre à une question, car elle met plus de temps à répondre. «Souvent aussi, je dis bonjour et on ne me répond jamais.» Swann a promis à Lauriane de retenir la leçon.





 

Ami-ami sur le tatami

Simon Rohner, 24 ans, Nyon (VD), et Claudio Alessi, champion du monde de karaté.

L’un est champion du monde de karaté, coach personnel d’Oriane Collins. L’autre apprend, malgré un déficit de tonus lié au handicap, l’art de se défendre. Le premier a adapté l’apprentissage du karaté aux personnes comme Simon, via l’association No Difference et la fondation Little Dreams, le deuxième a retenu la leçon. Simon Rohner adore quand Claudio Alessi l’entraîne, dans les deux sens du terme, sur le tatami de son club genevois. Le 27 mars prochain, Simon part à Paris avec Claudio pour le Festival des arts martiaux de Bercy. Ils feront une démonstration devant des milliers de spectateurs. Il parle peu, Simon, mais sa relation avec Claudio est si forte à travers le geste et le mouvement.





 

Côté cour, côté coeur

Tania Miranda, 17 ans, Préverenges (VD), et Maria Mettral, comédienne.

Elle arrive sur la scène du théâtre genevois avec un sourire qui lui mange le visage. L’adolescente, qui joue dans l’association Pomme de Ciel, savoure le plaisir de rencontrer une vrai pro. Maria Mettral répète Mon drame et mon dream, qu’elle joue au Théâtre Saint-Gervais du 16 au 27 mars. Du coup, la demoiselle a filé dans ses bras, avant que toutes deux n’entament un petit impromptu entrecoupé des «je t’aime» sonores de Tania. La comédienne, émue, explique qu’elle a enseigné le théâtre à des enfants comme Tania. «J’aime leur pureté, cette façon d’aller à l’essentiel qui manque tant à bien des gens dits normaux!» «Dis, tu viendras voir mon spectacle?» a profité de glisser l’adolescente. Maria a promis que oui!





 

Elles tiennent la note

Julie Delez, 22 ans, Bramois (VS), et Célina Ramsauer, compositeur-interprète.

Quand Julie, chanteuse à la chorale de Saint-Guérin, rencontre Célina Ramsauer dans son appartement de Miège, le soleil n’est pas que dans le ciel. «Julie, c’est un rayon de soleil qui ne se couche jamais, dit son père. Ma fille, son chromosome en plus, c’est celui de l’amour!» De quoi embuer les yeux de la chanteuse valaisanne qui lui a dédicacé son dernier disque. Et lui a fait écouter Ensemble, le magnifique hymne de la francophonie, qui va très bien à la Journée mondiale de la trisomie puisque c’est une ode à gommer les différences. Allez, un petit coup d’accordéon avant de se quitter. Julie est vendeuse à la Coop de Sion, dans le cadre d’un programme épatant d’intégration. Célina a juré d’aller y faire ses courses!





 

Passion cirque

Lauriane Berger, 11 ans, La Croix (VD), et Jocelyne et Jessica Gasser, du cirque Starlight.

On peut être atteint de trisomie 21 et rêver de paillettes et de vêtements à la mode. Lauriane est en quatrième primaire à Lutry, et cette grande coquette prépare avec sa classe un spectacle de cirque. Une crack du hula hoop, Lauriane, qui n’imaginait pas faire tourner trois cerceaux au milieu de la piste du cirque Starlight, à Porrentruy, sous le regard admiratif de Jocelyne Gasser et de sa fille Jessica. Le courant a tout de suite passé entre elles, et Lauriane se réjouit d’assister au spectacle de la tournée 2010. Tous les artistes sont venus lui serrer la main à l’issue de la répétition. A Genève, dès le 27 mars prochain, Starlight se produit dans la caserne militaire des Vernets, ce qui a fait sourire Lauriane. Le cirque, lieu exemplaire où la différence est une richesse. «Tu reviens quand tu veux», a soufflé Jessica.





 

Double médaille

Maj-Lis Weikert, 11 ans, Trélex (VD), et Sylviane Berthod, championne de ski.

Sur les skis, Maj-Lis n’a peur de rien, elle plutôt timide d’ordinaire. La petite fille, d’origine allemande, n’en revient toujours pas d’avoir dévalé la grande piste d’Anzère au côté d’une vraie championne. Sylviane Berthod, douze ans de compétition, des podiums et un cœur gros comme ça. La Valaisanne prépare un diplôme d’ambulancière et s’est sentie très à l’aise avec Maj-Lis. Qui a esquissé des virages devant l’œil de l’experte. Les parents de la fillette s’emploient à ce qu’elle vive comme toutes les gamines de son âge. Sylviane lui a offert un dossard de course. Dans le cœur de Maj-Lis, la championne a gagné la médaille d’or.



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Tags: enfants, chromosomes 21, trisomie 21, le 21 mars, Suisse, Maria Mettral Aller en haut de page Haut de page

 

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