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Mad Cruise
Marathon techno en pleine mer
Près de 480 participants ont embarqué à bord de la première croisière organisée par le club à l’Ascension. D’Ancône à Patras, trois jours de house music non-stop qui ont enthousiasmé les clubbers.

Par Blaise Calame - Mis en ligne le 26.05.2009
«La mer, qu’on voit danser, le long des golfes clairs... » Qui aurait cru qu’un jour les paroles de Trenet feraient sens dans l’univers de l’électro? L’Adriatique a pourtant bien vibré, trois jours durant, d’Ancône à Patras. Les quelque 480 participants de la Mad Cruise, première du nom, ne sont pas près de l’oublier, pas plus d’ailleurs que le personnel de bord du bâtiment choisi pour l’événement, un ferry de croisière de dix étages dont le pont supérieur avait été aménagé en dancefloor!

«Extraordinaire!» Le mot est du capitaine, Michael Denaxas, un marin grec au long cours qui, pour pimenter une carrière exemplaire, a consenti à métamorphoser son bâtiment en boîte de nuit flottante. D’habitude si tranquille, la traversée Ancône-Patras s’est littéralement embrasée et personne ne s’en est plaint. Le responsable du bar, dont le job se résume habituellement à servir cornets glacés et rafraîchissements aux passagers pressés d’arriver, peut désormais prétendre au record du monde d’ouverture de canettes de Red Bull!

Pas d’incidents graves

Si l’alcool, bière et vodka surtout, a coulé à flots, il faut souligner qu’à l’exception de quelques solides gueules de bois et d’une seule bagarre, il n’y a eu ni incident grave ni coma éthylique. «Compte tenu du concept, je pensais qu’il y aurait plus de types trop déchirés», s’étonnait ainsi Nacim, un musicien genevois de 22 ans. L’aventure n’avait rien d’une course d’école… Partis de Genève et Lausanne à bord de huit autocars, les participants, membres du Mad pour les deux tiers, ne poursuivaient qu’un but: s’éclater. Ils ont payé moins de 500 francs pour s’offrir cette folle virée en mer.

Au départ d’Ancône, certains ont déjà les traits tirés. «Dans notre car, tout le monde voulait dormir, sauf deux mecs et, à cause de ces deux-là, on n’a pas fermé l’œil de la nuit», se plaint une jeune femme. Un passager ne passe pas inaperçu: Pierre, 68 ans, un look de blonde platinée, cheveux longs au vent, jupe mauve, collier Dior autour du cou et ongles manucurés. Lui n’a pas voyagé en car. Il est venu en train, depuis Saignelégier (JU), où il vit. Pierre est une icône du Mad, un esprit libre qui se fout des regards parfois méprisants qu’on porte sur lui. «J’ai les bagages de Barbie», s’exclame-t-il en tirant sa valise rose sur le parking.

Vendredi, 11 h 30, l’énorme ferry Superfast lève l’ancre. Les routiers et autres vacanciers effectuant la traversée observent incrédules les clubbers. Prenant possession de leur cabine, certains sont aussitôt rattrapés par le sommeil. Les autres ont juste eu le temps d’enfiler un short ou un maillot de bain et les voilà déjà sur le pont supérieur où la sono se déchaîne. Le rythme continu des basses se fait obsédant. Sous un soleil de plomb, les corps s’entrelacent. L’exhibitionnisme est roi. La vodka aidant, les mouvements se font lascifs, évoluant vers un érotisme débridé qui laisse les hommes d’équipage pantois.

Manque de sommeil

Aux platines, Igor Blaska, DJ et patron du Mad, livre le premier des trois sets de deux heures qu’il signera tout au long de la croisière. Le club lausannois a emmené son écurie de DJ: Tony Big, Daniel dB, Mehdi, Scott, Miss Angie. Attendu à Patras, Quentin Mosimann, DJ passionné, sera l’une des vraies attractions de la Mad Cruise.

Une touriste belge demande, inquiète: «A quelle heure ils arrêtent la musique?» Incapable de trouver le sommeil, la malheureuse n’aura d’autre choix que d’aller trinquer avec ses tortionnaires… Le seul bar du pont est assailli en permanence, ce qui n’a pas empêché de petits malins de profiter des boutiques hors taxes à bord pour s’acheter de l’alcool. L’équipe de sécurité du Mad, bien rodée, surveille la piste et ses abords, prête à intervenir. Un staff médical Hemostaz, d’une dizaine de personnes, est également présent. Parmi les danseurs, incognito, le copain de l’actuelle Miss Suisse, Karim Uhlmann, venu seul.

L’après-midi de vendredi s’achève sur une fausse note, la seule de toute la Mad Cruise: une bagarre, «pour une histoire de gonzesses». Recousu à la tête, le blessé, à l’origine de l’incident, subira par précaution un scanner à Brindisi avant de rentrer en Suisse en train. «Celui-là, qui n’en était pas à son coup d’essai, ne reviendra pas au Mad», précise Olivier Fatton, responsable du club lausannois.
L’incident n’a pas plombé l’atmosphère. Les gens sont là pour s’amuser. Ceux qui abusent de l’alcool filent discrètement dans leur cabine. Sur la piste, les générations se mélangent. Le corps moulé dans un bikini, Pierre est déchaîné. La première nuit s’achève doucement. Pour la seule et unique fois du voyage, la musique est interrompue. «Il ne restait que trois danseurs sur la piste, expliquera plus tard Olivier Fatton. Cela ne servait à rien d’insister.» Le temps d’un songe et dès 9 heures, samedi matin, la sono se remet à cracher ses basses.

«Faire du bruit»

A l’arrivée à Patras, samedi à 12 h 30, le commandant du ferry invite les clubbers à aller «faire du bruit» sur le point le plus haut du navire, en principe réservé aux hélicoptères. L’escale est brève et, devant le charme improbable de cette cité portuaire grecque, les participants de la Mad Cruise ne sont pas frustrés de vite remonter à bord pour remettre le couvert sur la piste.

A l’invitation de Camacho, chef programmateur au Mad, Djerry C & Moussy Ken, DJ au D!, une boîte pourtant concurrente, prennent possession des platines. Ils livrent un set extraordinaire, sans doute le plus réussi de la traversée. Un set furieux derrière lequel l’invité de marque Quentin Mosimann, pressé de saluer le public, va ramer un moment. Il fera mieux à 23 heures en transformant le pont supérieur en chaudron…

Cette deuxième nuit, blanche dans tous les sens du terme, achève d’épuiser le personnel du bar. Elle met également les clubbers les plus aguerris à rude épreuve. On ne danse pas impunément pendant douze heures… Des substances illicites ont-elles été consommées? Pas sur les tables en tout cas. A ce propos, Olivier Fatton est très clair: «Les gens voyagent de manière individuelle, autrement dit chacun s’assume. Nous ne sommes pas le Club Med!»

Bilan général: oreilles en compote, jambes lourdes et bouche asséchée, bref, l’état de santé idéal pour se caler au fond de son siège dans l’autocar et attaquer les dix heures du voyage de retour d’Ancône jusqu’à Lausanne et Genève, en attendant la prochaine folie du Mad.

«L’avantage sur une croisière de ce type, c’est que tu n’as pas besoin de chauffer le public. Il est à point» (Djerry C)
Camacho et Djerry C, ou quand le programmateur du Mad (à g.) invite le responsable et DJ du D! Club, Lausanne

«Grâce au décalage horaire en Grèce, j’ai pu mixer une heure de plus, ce qui n’était pas prévu. C’était cool»
Miss Angie, étudiante infirmière à Yverdon et DJ résidente au Mad

«Whitney n’a pas pu me joindre hier soir. Elle était fâchée, mais un peu de jalousie dans un couple, c’est sain»
Karim Uhlmann, monteur externe à Yverdon et petit ami de Miss Suisse

«En voyant le concept, je croyais vraiment qu’il y aurait beaucoup plus de mecs trop déchirés»
Nacim, musicien au Petit-Lancy (GE)

«A 68 ans, je vis comme bon me semble. Je me fous de ce que pensent les gens!»
Pierre, retraité à Saignelégier (JU)

«On aurait préféré que le bateau soit entièrement à nous, mais bon, on s’est déjà pas mal lâchés!»
Marouane, barman à Juan-les-Pins, entouré de (de g. à dr.) Lilou, Mareva et Penelope (accroupie), de Lausanne

«Tout était très bien organisé. Pour moi, on peut recommencer demain!»
Le capitaine Michael Denaxas, entouré d’Igor Blaska (à g.) et d’Olivier Fatton, responsables du Mad

«On est venu à quinze et on n’a pas regretté le voyage, même si, là, ça devient rude»
Boris, architecte à Genève

Star à bord Arrivé du Luxembourg, Quentin Mosimann a rejoint la Mad Cruise à Patras. Agenouillé sur ses platines, il a livré samedi un set personnel.

Fin de party Dimanche, 6 h 30. La Mad Cruise touche au but. Après une deuxième nuit de folie, le soleil se lève enfin. Tout le monde n’en profitera pas.

Jour de folie
Profitant du soleil au départ d’Ancône, les clubbers se jettent dans l’eau fraîche de la piscine du pont supérieur du ferry aménagé pour l’occasion.

Nuit blanche
A la nuit tombée, la musique continue de plus belle: les participants de la Mad Cruise s’éclatent sur la piste, tandis que le bateau poursuit sa route vers Patras et la Grèce.
Club flottant Vue du pont supérieur du navire, transformé en club flottant. Près de 500 personnes participent à cette Mad Cruise.

Dans la peau La plupart des participants à cette croisière sont membres du Mad, comme cette jeune femme qui s’est fait tatouer le logo du club lausannois.

Sans limites Les effets conjugués de la chaleur et de l’alcool ont des effets spectaculaires sur les jeunes femmes les plus exhibitionnistes: les scènes sont d’un érotisme torride.



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Tags: croisière Mad, Ancône Patras, house music, clubbers Aller en haut de page Haut de page

 

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