Combien de fois ne les a-t-on pas comparés? Le père et le fils Bideau. Jean-Luc, le comédien, et Nicolas, le Monsieur Cinéma de la Confédération. «Peut-être parce que nous sommes deux hommes et que nous travaillons dans le même domaine», glisse le haut fonctionnaire. Contre toute attente, ce dernier fait plus volontiers référence à sa mère, la metteur en scène d’origine tchèque Marcela Salivarova Bideau. «J’aime discuter avec elle, l’écouter, confie Nicolas Bideau. Plus je vieillis, plus je lui ressemble. Comme elle, je prends davantage de recul, je me montre plus réservé.»
«Ma manière d’organiser ma famille (il est père de trois enfants, Ludmila, 4 ans, Vladimir, 3 ans, et Svetlana, 3 mois), mon rapport avec la société, je les ai hérités de ma mère», poursuit-il. La véritable âme du clan Bideau a toujours été Marcela. «Mon père est un être solaire, tout doit tourner autour de lui. Les gens imaginent donc qu’il prenait beaucoup de place, mais il n’était jamais là. C’était un grand vent.» C’est donc Marcela qui se démenait pour organiser les vacances comme elle pouvait entre deux tournages de son saltimbanque de mari ou réunir la famille pour les anniversaires et les Fêtes. «Jean-Luc n’aimait pas Noël, se souvient-elle. C’est peut-être son côté protestant.» Elle raconte alors les calendriers de l’avent confectionnés avec des noix ou ce trajet dantesque une nuit du 24 décembre en pleine tempête de neige pour rejoindre la famille de Prague.
Nicolas parle aussi beaucoup, comme s’il voulait profiter pour mettre en avant cette mère, cette «intellectuelle de premier plan», dont les qualités n’ont à ses yeux pas été assez reconnues, masquées par l’ombre de cet incontournable mari. «Elle a été élevée par une mère célibataire au lendemain de la Seconde Guerre mondiale dans un quartier populaire de Prague», raconte encore Nicolas Bideau, comme pour donner plus de relief au parcours de Marcela. Avant de la taquiner: «Vous savez qu’à l’âge de 10 ans elle collectait de la ferraille pour les camarades de Corée du Nord?»\t Y. P. J
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«Ma mère, c’est la véritable âme de la famille»
Marcela et Nicolas Bideau Monsieur Cinéma de la Confédération
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Marcela masse encore régulièrement les pieds de son fils Nicolas. Tous deux apprécient ce moment de complicité.
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confessions sur canapé
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Pendant longtemps, Alain Berset a été «le fils de». Car, à Fribourg, le plus connu des deux n’est pas forcément celui à qui l’on pense. Si le socialiste, aujourd’hui président du Conseil des Etats, s’est fait un nom sur le plan national, en terre des Zaehringen, le patronyme Berset est plutôt accolé à celui de sa mère, Solange, figure de la politique régionale. Ancienne présidente du parti socialiste fribourgeois, elle est aujourd’hui vice-présidente du Grand Conseil (législatif) du canton et syndique de Belfaux.
Malgré les apparences, Solange Berset n’a pas l’impression d’avoir joué un grand rôle dans la vocation de son fils, qui ne s’est lancé en politique qu’à 28 ans, dans le cadre de la Constituante fribourgeoise. L’ancienne sportive d’élite revendique cependant être à l’origine de leur passion commune, la course à pied, sur route pour elle, vice-championne suisse de marathon et double vainqueur des 20 km de Lausanne, sur tartan pour lui, spécialiste de 400 et 800 mètres. «Je l’emportais tout bébé avec moi lors des entraînements. Il dormait dans sa poussette au bord de la piste.»
Aujourd’hui, mère et fils vivent dans la même maison, l’ancienne forge qui appartenait au grand-père paternel, dans laquelle Solange a longtemps tenu, au rez-de-chaussée, un commerce d’articles de sport. «Cela s’est fait assez naturellement, souligne Alain Berset. C’était un retour dans la commune de mon enfance après avoir vécu à Hambourg, à Neuchâtel et à Fribourg. Mais on ne se voit pas beaucoup, même en habitant au même endroit. Avec nos deux agendas surchargés, on doit presque prendre rendez-vous pour se voir.»
Politiciens aguerris, tous deux font attention à ce qu’ils disent, contrôlent leur image. Solange Berset raconte sa fierté d’avoir, en tant que syndique de Belfaux, organisé la réception de son fils après son accession à la présidence des Etats. Avant de laisser échapper une petite contrariété. «Il faut reconnaître qu’aujour-d’hui on ne me voit plus comme Solange Berset, mais comme la maman de…» \tY. P. J
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«J’ai très longtemps été le fils de...»
Solange et Alain Berset président socialiste du Conseil des Etats
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Alain et Solange Berset vivent dans la même maison, à Belfaux. Mais, la faute à des agendas de politiciens surchargés, ils avouent devoir presque prendre rendez-vous pour se voir.
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Comme toutes les mamans, Denise Chevrier, 79 ans, racontait des histoires à son fils. Parfois, c’était des recettes de cuisine. L’histoire de la potée plutôt que celle du prince, voilà ce qu’écoutait, enfant, Philippe Chevrier, le talentueux chef du Domaine de Châteauvieux, à Satigny. De quoi imprégner la tête et surtout les papilles d’un gamin qui aimait, dit-elle, «traîner dans la cuisine, ce qui n’était pas le cas de ses deux frères». «Le frigo, la cave étaient des endroits importants», se souvient-il, goguenard, avant de faire goûter à sa mère une petite mignardise qu’il servira le soir à sa prestigieuse table.
Denise reconnaît bien sûr que son fiston de 48 ans a du talent, mais elle ne nourrit aucun complexe. «Une fois, j’ai osé lui dire que ses petits fours étaient ternes!» Après tout, c’est peut être parce que les moules marinière de Denise étaient sublissimes que le jeune Philippe a décidé d’embrasser la carrière de cuisinier. «Loyauté, justesse, elle m’a inculqué plein de choses. La générosité, aussi. Tout ce qui est bon en moi vient d’elle!» «C’est vrai, il a bon cœur, mon fils, s’émeut-elle. Petit, il détestait l’orthographe, mais ça va, ce n’est pas lui qui écrit les menus!» De l’humour à revendre, Denise, qui se fait livrer désormais son repas de midi directement des cuisines du domaine. Un sacré privilège. «Elle s’est tellement donnée pour ses fils, ajoute Philippe Une vraie mère juive. Elle me disait souvent: «Dans la vie, il y a ceux qui parlent et ceux qui agissent, choisis!» Un détail qui explique peut-être que le fiston soit en train de construire un véritable empire culinaire à Genève. «Aujourd’hui, je trouve qu’il travaille trop», soupire-t-elle.
Autre qualité inculquée à ses enfants: ne pas envier. «La jalousie, c’est le défaut des minables», pense-t-elle toujours; ce à quoi il ajoute: «Et l’essence des incapables!» Il arrive encore, bien sûr, à Philippe Chevrier d’aller manger chez sa maman. «C’est toujours bon. Pour moi, ses plats ont le goût de la tradition et de l’enfance!»\tP. Ba. J
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«Tout ce qui est bon en moi vient d’elle»
Denise et Philippe Chevrier cuisinier, 19/20 au GaultMillau
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Un amour et une profonde admiration mutuelle caractérisent la relation qui unit Philippe Chevrier à Denise, sa mère, la reine des moules frites.
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Elle fut la première à lui téléphoner pour le réconforter, en cet été 2004, lorsque, favori des Jeux olympiques d’Athènes, Sergei était éliminé dès le premier tour. «Je savais sa douleur. Je lui ai dit que tout le monde pouvait perdre», relève aujourd’hui Rispa Aschwanden. Quatre ans plus tard, elle sera une nouvelle fois la première à l’appeler, mais cette fois pour le féliciter lorsqu’il décrochera la médaille de bronze aux JO de Pékin. «Ma mère sait mieux que personne tout ce que j’ai investi», raconte le judoka, soulignant que c’est elle qui l’avait inscrit, enfant, au judo, afin de canaliser une énergie débordante. «Le but, c’était surtout qu’il soit fatigué le soir», rit-elle aujourd’hui.
«Je ne l’ai jamais poussé, poursuit Rispa. Je l’ai bien sûr soutenu moralement, parce que c’est ce qu’il aimait faire.» Très fière de son fiston, elle ne peut s’empêcher de l’embêter un peu en s’avouant presque soulagée qu’il ait mis fin à sa carrière de sportif professionnel. «A chaque compétition importante, j’en était malade deux semaines à l’avance. Je dormais mal. Je n’arrivais pas à manger.»
Même si la compétition de haut niveau les ont séparés physiquement – Sergei passait trente-cinq semaines par année à l’étranger, sans compter celles à s’entraîner au centre de Macolin –, la mère et le fils sont restés très complices. «Nous discutons beaucoup, confie Rispa. Au contraire de sa sœur cadette, Lomi, je sais tout de suite comment il se sent, s’il est fâché ou content.» Jusqu’à l’âge de 14 ans, ils ont partagé beaucoup, dont de nombreux séjours au Kenya, dans la famille de Rispa. «Quand il était âgé de 7 ans, on y a passé deux mois. Il ne parlait plus que le swahili», se souvient-elle, avec nostalgie. Puis termine, avec une pointe de regret: «C’est toujours mon mari qui jouait avec les enfants. Moi, je ne savais pas. En Afrique, on ne joue pas avec les enfants. Ils se débrouillent tout seuls.» Et Sergei de lui répondre avec un grand sourire.
\tY. P. J
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«Elle sait mieux que personne tout ce que j’ai investi»
Rispa et Sergei Aschwanden ancien judoka, médaillé de bronze aux JO de Pékin
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Les témoignages
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Rispa aime taquiner son fils. Même si la compétition sportive obligeait Sergei à beaucoup voyager à l’étranger, elle s’est toujours sentie proche de lui.
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C’est comme si le cordon ombilical avait repoussé entre leurs deux cœurs. «Petit, je faisais tout avec ma mère; aujourd’hui encore, nous partageons tout, dit l’animateur-vedette de Radio Lac. Je n’ai jamais souffert d’être fils unique. Elle me faisait écouter Brel, France Inter, on jouait au foot ensemble. Si je suis devenu animateur, c’est en partie grâce à elle. Elle m’a transmis le goût du beau mot, des auteurs. Après mes premières émissions, elle me téléphonait pour m’indiquer les erreurs de français faites à l’antenne!»
«J’avais envie d’un garçon», avoue Micheline, 75 ans, qui se souvient des années de l’enfance, à Nice. Aujourd’hui, elle ne fait pas de foot avec Pierre-Michel, mais regarde avec lui tous les matchs d’Arsenal à la TV. Leur club fétiche. Pratique, Mme Meier habite le même immeuble que son fils. Un peu mère juive, elle l’admet, capable de faire la lessive ou la cuisine sans qu’on le lui demande. «Mon père, comptable, est plus cartésien, ma mère et moi sommes d’irréductibles romantiques.»
PiMi, lui, en est à sa troisième union. Un petit Guillaume, inespéré, est venu il y a deux ans irradier sa vie. «J’en conviens, avoue Micheline, cela ne devait pas être facile pour mes belles-filles de trouver leur place.» Avec la dernière, il semble que cela se passe très bien. Lui n’a jamais cherché, dit-il, une femme qui ressemble à maman. «Mon seul conflit avec ma mère en cinquante-deux ans portait sur la nourriture. On est gourmands tous les deux!»
C’est vrai qu’il pourrait l’écraser d’un coup de patte, ce grand ours sensible. Quand il a emmené sa mère à la Fête de l’espoir, qu’il organise depuis dix ans, «personne n’a jamais dit mais c’est qui cette vieille», rigole-t-il. Micheline est même devenue la copine des artistes. Mc Solaar l’adore et l’a fait monter sur scène!
Comment ces deux-là conçoivent-ils qu’un jour la mort va les séparer? «On croit tous les deux à ce divin en nous qui survit, murmure-t-il. Je sais que son odeur, sa présence vont m’accompagner. Et je retrouverai son regard dans les yeux de mon fils.»\tP. Ba. J
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«Ma mère et moi, nous partageons tout!»
Micheline Meier-Courvoisier et Pierre-Michel Meier animateur radio
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PiMi et sa mère sont sur la même fréquence depuis cinquante-deux ans. Leur devise à tous les deux: «carpe diem».
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«Un magnifique accident», dit sa maman avec l’accent lucernois. «J’avais 37 ans quand il est né, ses sœurs étaient grandes, on ne l’attendait pas.» Il la taquine, évoquant les vacances au camping durant lesquelles il a été conçu. Pour la photo, elle ne cache pas son plaisir à le prendre dans les bras. Ça lui rappelle le temps où Karim Slama était «très câlin». Parler de son fils à des inconnus? Pas le genre de cette Alémanique qui a rencontré son mari, natif de Tunisie, lorsqu’elle était fille au pair à Paris. Le mélange a donné ce garçon de 33 ans, comique romand bien affirmé. Les Slama sont une smala, et Claire en est le pilier central. «Mon père, inspecteur d’assurance, était souvent absent, j’ai grandi avec trois femmes. Je n’ai pas peur d’assumer ma part féminine. Je suis assez pipelette.» C’est peut-être aussi parce que sa mère lui a transmis un peu de sa rigueur propre en ordre que Karim se retrouve vedette de la tournée 2009 du cirque Knie en Suisse romande. «Elle m’a toujours dit: «Va au bout de ce que tu as commencé.» Je lui en veux un peu, rigole-t-il. A cause d’elle, je suis incapable de ne pas finir une assiette, un livre, n’importe quoi!» Rires. Et des yeux qui disent le contraire.
Au début, Claire ne voyait pas forcément d’un bon œil la vocation théâtrale de son fils. «Je savais qu’il avait du talent. Petit, il m’avait fait rire à l’anniversaire d’une amie en improvisant un sketch.» Elle s’est quand même demandé si tout ça n’allait pas déboucher sur un beau gâchis. «Il était sorti premier mécanicien électricien du canton. Mais, à son premier stage chez Bobst, j’ai tout de suite su qu’il était malheureux.»
«Elle m’a beaucoup guidé, rassuré, fait confiance, dit Karim, qui espère en faire autant avec ses deux fils. Elle nous a transmis aussi une éthique. Dès qu’il y a un problème dans ma vie, j’en parle!»
Claire sera aux premières loges pour applaudir son fils sous le chapiteau. «Je suis drôlement fière. J’irai deux fois. Parce que la première, j’ai le tract, j’ai peur que Karim oublie son texte, peur que le public ne rie pas!» Une maman, quoi! \tP. Ba. J
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«Elle m’a appris à aller jusqu’au bout des choses!»
Claire et Karim Slama humoriste
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Karim et Claire sur le canapé de l’appartement lausannois du comédien. Karim est resté très proche de sa mère. Claire est, dit-il, le pilier de la smala Slama.
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