L'ÉTÉ 2012 EST-IL POURRI?
• 50 ans de statistiques de MétéoSuisse décortiquées • Ce qui nous attend pour la fin de l’été • Les dictons populaires sont-ils fiables? • L’interview de Monsieur Météo, Philippe Jeanneret

Par Christian Rappaz - Mis en ligne le 07.08.2012

Et si on parlait de la pluie et du beau temps? Pas de tout et de rien, mais de la météo, sujet préféré de nos conversations de vacances et élément déterminant de leur réussite. On l’a dit capricieuse, voire assez mauvaise cet été. Mais qu’en est-il vraiment? N’est-ce qu’une perception biaisée par une balade ou une fiesta tombée à l’eau? Météorologue, André-Charles Letestu a son idée: «Il faut se méfier de notre ressenti. Il peut être tronqué par nos émotions. Il suffit d’un jour ou deux de mauvais temps au mauvais moment, le week-end par exemple, pour que nous gardions le souvenir d’un été pourri.» Reste que cet été 2012, qui alterne chaleur et fraîcheur, ciel bleu et orageux, laisse une impression mitigée. Le scientifique de MétéoSuisse en convient. «En juillet, la température s’est plusieurs fois rafraîchie brutalement. L’effet estival s’en retrouve coupé et on a le sentiment d’une météo définitivement médiocre.» Un constat démenti par les statistiques: pour l’instant, malgré l’instabilité provoquée par la timidité de l’anticyclone des Açores, 2012 se situe tout à fait dans la norme. La norme? Quinze à vingt jours de pluie selon la région, entre juillet et août. «Dans notre région, il pleut plus en été qu’en automne», rappelle André- Charles Letestu.

LE PARADOXE 2003

En cinquante ans, la Suisse romande a certes connu mieux. Mais bien pire aussi. C’est ce qui ressort des données de ce demi-siècle que nous avons épluchées, relevées à Genève, Neuchâtel et Sion par MétéoSuisse, qui donnent une image assez fidèle des étés romands. Des chiffres parfois surprenants, comme en 2003, année de la mémorable canicule avec un record de 51 journées dites tropicales (30°C et plus), et pourtant de loin pas la plus ensoleillée ni la plus sèche.

 


 

50 ANS DE STATISTIQUES DE MÉTÉOSUISSE, JUILLET ET AOÛT CUMULÉS

 

ELLES GRIMPENT, ELLES GRIMPENT, LES TEMPÉRATURES

Le graphique le montre clairement. Depuis la fin des années 70, la Suisse romande n’échappe pas à l’augmentation des températures. Même si la canicule de 2003 est classée dans la catégorie des accidents climatologiques par les spécialistes, la tendance au réchauffement est nette. «Dans notre région, les normales saisonnières se situent entre 25 et 28°C. Or, les journées dites tropicales, soit égales ou supérieures à 30°C, sont devenues monnaie courante. Au point que les normes 1961 à 1990 que nous utilisons sont désormais obsolètes. Dès l’an prochain, les années 1981 à 2010 serviront de référence», explique Olivier Duding, de MétéoSuisse. Dix-neuf journées tropicales pour juillet-août 2009, 12 en 2011, une dizaine déjà en 2012, 51 en 2003. Et cela devrait s’accentuer: «Selon les différentes projections, l’augmentation jusqu’à la fin du siècle pourrait atteindre au mieux 1,5°C et au pire 4,8°C. Avec une canicule égale à celle de 2003 tous les trois ans dès 2050 et tous les deux ans dès 2080. Ce qui n’excluera pas deux semaines fraîches et humides en juillet.»

 

LE SOLEIL PLUTÔT GÉNÉREUX AVEC LES ROMANDS

«Avec une moyenne de 500 heures d’ensoleillement pour les mois de juillet et août, la Romandie n’a pas à se plaindre de ses étés.» C’est Lionel Peyroud, de Météo-Suisse, qui l’affirme. Pour lui, le microclimat dont jouissent notamment l’arc lémanique et le Valais central donne même une note méditerranéenne à notre région. Excepté les années où les courants d’ouest d’altitude se montrent persistants. «A l’inverse, lorsque l’anticyclone des Açores nous protège, nous gagnons facilement des dizaines d’heures d’ensoleillement», précise le météorologue. «Et justement, cette année, l’anticyclone des Açores se montre plutôt vertueux avec la Suisse», enchaîne André-Charles Letestu. Avec, pour conséquence, la météo capricieuse que nous connaissons. Une tendance qui devrait se poursuivre durant tout le mois d’août (voir page 28). Et pour les années à venir? «L’ensoleillement est tellement dépendant des flux d’altitude que toute extrapolation serait hasardeuse», avertit Lionel Peyroud.

 

UN ÉTÉ 2012 PAS SPÉCIALEMENT ARROSÉ

Les chiffres ne mentent pas. A quelques millimètres près, les précipitations de ce mois de juillet 2012 correspondent à la norme. En revanche, le nombre de jours où il a plu, même un peu, est notablement plus élevé que la moyenne, ce qui raffermit le sentiment d’un été plutôt pourri. «Mais les statistiques ne disent pas tout», prévient Olivier Duding en se penchant sur le résumé de ce demi-siècle. «Pour être plus précis, il faudrait calculer le ratio entre les millimètres et les jours. Un été peut apparaître comme pluvieux dans les statistiques alors qu’en réalité la hauteur des précipitations a été atteinte en quatre ou cinq jours seulement.» Quid de l’avenir? Si aucune tendance n’apparaît clairement, notre interlocuteur évoque une évolution plutôt inquiétante. «On tend vers une sorte de bipolarité. Il faut s’attendre à des étés de sécheresse ou, au contraire, avec des risques d’inondation marqués. Au final, il n’y aura peut-être pas plus d’eau que la moyenne, mais celle-ci tombera de manière violente et dans un laps de temps très court.»

UN MOIS D’AOÛT MITIGÉ

Pas de jaloux. Juillettistes et aoûtiens devraient se quitter sur un match nul cette année. En effet, sur la base d’un modèle anticipant la position des hautes et des basses pressions recouvrant l'Europe, ce mois qui commence devrait furieusement ressembler à son devancier, selon MétéoSuisse. «Notre pays reste tiraillé entre le système dépressionnaire installé sur le nord du continent et l’anticyclone qui influence le temps sur le sud», commente André-Charles Letestu. Le météorologue s’attend donc à un mois instable et mitigé, succession de journées chaudes (entre 25 et 30°C) perturbées par de petites zones humides de passage. Fiable jusqu'au 15 août, la prévision devient plus aléatoire pour la suite, précise le scientifique, en rappelant le côté traditionnellement soupe au lait du mois d'août. «L'an dernier, nous avons connu une journée à 34°C le 22 puis une à 19°C le 27.»

 


 

LES ANNÉES RECORD

 

Statistiques de MétéoSuisse pour les mois de juillet et août cumulés depuis 1962 des villes de Genève, Neuchâtel et Sion. Tiennent compte des températures maximales.

 

L’ANNÉE LA PLUS CHAUDE

Genève: 2003 - 30,2°C Neuchâtel: 2003 - 28,4°C Sion: 2003 - 29,7°C

L’ANNÉE LA MOINS CHAUDE

Genève: 1968 - 22,3°C Neuchâtel: 1978 - 21,6°C Sion: 1980 - 23,1°C

L’ANNÉE LA PLUS ENSOLEILLÉE

Genève: 1971 - 614,3 heures Neuchâtel: 1991 - 571,2 heures Sion: 1991 - 605,9 heures

L’ANNÉE LA MOINS ENSOLEILLÉE

Genève: 1980 - 390,9 heures Neuchâtel: 1980 - 368,9 heures Sion: 1980 - 425,8 heures

L’ANNÉE LA PLUS SÈCHE

Genève: 1984 - 34,7 mm d’eau Neuchâtel: 1962 - 78,8 mm Sion: 1962 - 33,4 mm

L’ANNÉE LA PLUS HUMIDE

Genève: 1968 - 320,4 mm Neuchâtel: 2007 - 447,2 mm Sion: 2007 - 260,8 mm

 


 

«Annoncer le beau temps qui dure, c’est mortel d’ennui»

 

MONSIEUR MÉTÉO. Depuis vingt-trois ans qu’il fait la pluie et le beau temps à la RTS, Philippe Jeanneret en a vu de toutes les couleurs dans le ciel romand. Pour lui, nous n’avons pas à nous plaindre de l’été en cours.

 

D’où vous vient cette passion pour la météo?

De la voile. J’en fais depuis gamin. Du monocoque, du catamaran et aujourd’hui du kitesurf. Le vent a donc toujours représenté quelque chose d’important pour moi. J’ai très tôt voulu comprendre son fonctionnement, découvrir ses secrets. Comme il est spécialement capricieux sur le Léman et en Suisse en général, j’ai effectué un bon apprentissage.

Une approche pragmatique en somme…

On peut dire ça. Mais, en 1989, j’ai été formé par MétéoSuisse puis j’ai suivi des cours de formation continue. En parallèle, je me suis beaucoup intéressé à la climatologie, domaine dans lequel il y a toujours quelque chose à apprendre.

C’est quoi un bon présentateur météo?

C’est une personne qui doit connaître son sujet, pas une hôtesse de l’air comme on en voit parfois sur des chaînes étrangères concurrentes. En tant que lien entre le grand public et les scientifiques, nous devons être de bons vulgarisateurs et toujours garder à l’esprit que les limites de prédictibilité sont vite atteintes. Un bon présentateur doit être en mesure de repérer cette limite.

Combien de fois vous trompez-vous par année?

Je ne compte pas. En fait, cela dépend de la précision que vous choisissez. Si vous dites «demain, tendance aux orages l’aprèsmidi, surtout en montagne», vous avez beaucoup moins de risques de vous tromper que si vous dites «demain, orages uniquement sur le pied sud du Jura et sur le Pays-d’Enhaut». Aujourd’hui, la fiabilité des prévisions à vingt-quatre heures est supérieure à 80%. Mais plus le présentateur veut être précis, plus l’erreur le guette.

Pourra-t-on un jour annoncer les prévisions à un mois?

On le fait déjà avec le diagramme de Hovmoller, que l’on trouve parfois sur l’internet. On y voit les tendances, certes grossières, à un mois, lesquelles me paraissent plus fiables en hiver qu’en été. Mais l’imagination des scientifiques améliore sans cesse la fiabilité. Il y a vingt ans, celle des prévisions à cinq jours était de 60%. Maintenant, ce sont les prévisions à dix jours qui atteignent ce taux.

Les prévisions que vous annoncez influencent-elles vos états d’âme?

Pas du tout. Pluie ou soleil, je suis toujours de bonne humeur. Mais je préfère, surtout en été, les situations dynamiques à une météo figée. Annoncer pendant trois semaines que l’anticyclone des Açores maintient le beau temps est mortel d’ennui. (Il rit de bon cœur.)

L’été en cours, plutôt capricieux, doit donc vous plaire?

Il est assez varié, en effet. Il ne faut pas oublier que le mois de juin est traditionnellement pluvieux en Suisse romande, ce que nous rappelle la légende de saint Médard. Et que les premiers fronts polaires peuvent déjà revenir à la fin août. Pour un temps ensoleillé et chaud, avec des températures entre 26 et 28°C, il faut miser sur la période qui va du 15 juillet au 15 août. Et encore, les orages se rappellent régulièrement à notre bon souvenir. Cette année, les quantités de pluies sont au-dessus de la norme par endroits. Mais, globalement, nous sommes assez proches de la moyenne. Il n’y a pas vraiment de quoi se plaindre.

On a pourtant le sentiment d’un été plutôt médiocre…

Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord, les différences de températures entre l’avant et l’arrière d’une perturbation peuvent être importantes et provoquer des contrastes thermiques assez brutaux. C’est ce que nous avons vécu jusqu’à mi-juillet. Ensuite, il faut convenir que nous avons tendance à idéaliser la météo, à nous dire «l’été arrive, il va forcément faire beau et chaud» et même à vouloir à tout prix qu’il fasse beau et chaud pour ne pas contrarier nos activités et nos barbecues. Surtout le week-end.

Vous tient-on parfois pour responsable du temps qu’il fait?

Heureusement, l’adage «tuons le messager porteur de mauvaises nouvelles» ne s’applique pas à moi. En revanche, on m’arrête souvent dans la rue pour parler météo. Le sujet intéresse tout le monde et quand on le creuse un peu, les gens adorent en parler.

 


 

Peut-on se fier aux dictons?

 

VRAI / FAUX

Dans son livre «Les saints de glace, saint Médard et les autres», la climatologue MARTINE REBETEZ analyse la perception du temps romand sur la base de dictons populaires.

Du vol des hirondelles à la forme des nuages, en passant par la Lune et le cri des oiseaux, il existe en Suisse romande une longue tradition d’observations permettant de prévoir le temps. Une science certes un peu approximative, mais encore largement répandue, faisant référence à plus de 1200 dictons émanant de tous les cantons. Martine Rebetez les a rassemblés et décryptés dans un ouvrage datant de 1986 qui reste plus que jamais d’actualité. Selon l’auteure, ces dictons s’insèrent dans la réalité locale, physique ou culturelle, et traduisent les caractéristiques les plus constantes du climat à travers les siècles. Martine Rebetez en commente une quinzaine parmi les plus courants et trie le vrai du faux.

 

«Rouge soirée, grise matinée, belle journée»

VRAI Sous nos latitudes, un coucher de Soleil aux couleurs rouges signifie qu’une haute pression se trouve à l’ouest et donc probablement du beau temps pour le lendemain. En revanche, les couleurs rouges au matin signifient que la haute pression est à l’est et que le beau temps est passé.

 

«Temps pommelé n’est pas de longue durée»

VRAI Les cirrocumulus, ces petits nuages élevés, sont souvent les premiers signes de l’arrivée d’un front froid et donc de nuages plus abondants suivis de précipitations et de températures à la baisse.

 

«Brouillard dans le bas, la journée sera belle; brouillard sur le haut, reste à la maison»

VRAI On distingue ici le brouillard qui se forme par accumulation d’air froid dans les fonds de vallée, par ciel clair et haute pression, et qui a toutes les chances d’annoncer une journée de beau temps, de celui qui se forme sur les sommets. Dans ce cas, on peut s’attendre à des précipitations dans les heures qui suivent.

 

«La Dent-du-Midi met son chapeau, nous aurons bientôt la pluie»

VRAI Les nuages se forment sur les sommets lorsque la pression baisse et qu’il va pleuvoir. Dans chaque région, un dicton rapporte l’observation de ce phénomène sur l’une ou l’autre montagne.

 

«Saints Mamert, Pancrace et Servais (11, 12, 13 mai) sont toujours vrais saints de glace»

VRAI (FAUX) Les saints de glace sont les nuits durant lesquelles le ciel est dégagé, au printemps, avec des températures au-dessous de zéro degré. La période désignée par les dictons est la plus à risque pour le gel des cultures, même si cela n’arrive heureusement pas chaque année.

 

«Saint Martin (11 novembre) nous doit son été»

FAUX (VRAI) Les statistiques montrent qu’à long terme il ne fait pas particulièrement chaud ce jour-là. En revanche, elles montrent aussi que, dans la progression irrégulière qui nous conduit à l’hiver, il y a chaque année des périodes plus douces qui nous rappellent l’été, même si le Soleil est déjà bas et les journées courtes.

 

«Il faut devenir bien vieux pour voir trois beaux mois d’avril»

VRAI En avril, en général, soit il pleut, soit le ciel est clair et il fait froid avec un fort risque de gel. Un mois d’avril doux et ensoleillé est exceptionnel.

 

«Quand mars fait l’avril, avril fait le mars»

FAUX (VRAI) Ce dicton est objectivement faux, si l’on se réfère au thermomètre, mais vrai dans notre perception. Car le froid d’avril sera d’autant plus pénible à supporter que nous aurons déjà eu un avant-goût d’été en mars.

 

«Septembre est le mai de l’automne»

VRAI Septembre est le plus souvent un mois particulièrement agréable en Suisse. Le temps est en moyenne plus sec en automne qu’au printemps. En septembre il peut faire encore très doux, même si les journées sont déjà courtes.

 

«Quand janvier entre comme un agneau, il repart comme un loup»

FAUX (VRAI) Ce dicton nous encourage à nous méfier d’un mois de janvier dont le début serait très doux, car il faut s’attendre à ce que la fin soit particulièrement rude. Dans la réalité des chiffres, ce ne sera pas nécessairement le cas, mais cela peut très bien se produire et il vaut mieux être averti.

 

«Quand vient le mois d’août, l’hiver est derrière le bois»

VRAI Annoncer l’hiver en plein mois d’août peut sembler paradoxal. Ce dicton prévient ceux qui se laisseraient tromper par les apparences. Il fait encore très chaud, mais dès la mi-août, le Soleil décline rapidement. L’expression «derrière le bois» signifie que le froid est en embuscade et peut arriver à tout instant.

 

«Bel été, hiver rigoureux»

FAUX Il n’existe pas de lien entre le temps de l’été et celui de l’hiver suivant. Un bel été pourra être suivi aussi bien d’un hiver doux que d’un hiver rigoureux.

 

«Quand les dents du râteau sont dressées, elles demandent la pluie»

FAUX Dans nos régions, on a souvent craint la pluie qui était trop fréquente, surtout pendant les récoltes. Beaucoup de croyances superstitieuses veillent à éviter d’en recevoir encore davantage.

 

«Les douze premiers jours de l’an déterminent l’an»

FAUX Certaines traditions voient dans les douze jours suivant Noël ou le 1er janvier une représentation du temps qu’il fera lors de chacun des douze mois de l’année. Ces prévisions reposent sur des croyances et ne se vérifient pas.

 

«S’il pleut le jour de la Saint-Médard (8 juin), il pleuvra 40 jours plus tard. A moins qu’à la Saint-Barnabé, une journée claire ne lui remette ses œufs dans son panier»

FAUX (VRAI) En juin, il ne pleut pas nécessairement beaucoup, mais c’est le mois où il pleut le plus souvent: en moyenne presque un jour sur deux. Il existe beaucoup de variantes du dicton de la Saint-Médard, affirmant que s’il pleut ce jour-là, il pleuvra encore longtemps après. D’autres saints sont appelés à la rescousse pour justifier le fait qu’il ne pleuve finalement pas aussi longtemps que prévu.

 

«Les hommes sans raison, le temps sans saison»

FAUX (VRAI) Ce dicton attribue les événements se produisant hors saison aux comportements déraisonnables des humains. Cela pouvait sembler prétentieux jusqu’à tout récemment, où l’on s’est pourtant aperçu qu’en émettant tous ensemble beaucoup de gaz à effet de serre, on parvient effectivement à réchauffer sensiblement l’atmosphère de toute la planète.

 

Martine Rebetez est professeure de climatologie à l’Institut fédéral de recherches WSL et à l’Université de Neuchâtel.