Soumis à un questionnaire de culture générale au lendemain de son élection du 8 mai dernier, le nouveau Mister Suisse, le Lucernois Jan Bühlmann, 22 ans, avait buté à deux reprises sur des questions liées au Jura. Incapable de situer Porrentruy, il a ensuite été contacté par le maire du cheflieu ajoulot, qui l’a invité. En attendant de s’y rendre, le sympathique étudiant s’est retrouvé samedi à Bellelay, dans le Jura bernois, où le hasard avait voulu que le plus bel homme de Suisse de l’année 2010 soit convié pour sa première sortie romande...
EN TERRE INCONNUE
Des paysages légèrement vallonnés parsemés de sapins et de pissenlits, un dégradé de vert souligné par un soleil radieux, de magnifiques chevaux dans tous les pâturages: le Jura méridional s’était paré de ses plus beaux atours pour recevoir le nouveau Mister Suisse. Pour celui-ci, cette visite au pays de la Tête de Moine était une grande première. Invité par le Domaine de Bellelay, transformé partiellement en musée rural, façon Ballenberg, Jan Bühlmann débarquait en terre inconnue. «Hé, mais c’est Mister Schweiz, s’étonne un vieillard. Salut!» Le Lucernois décoche l’un de ces sourires dont il a le secret. Le courant passe.
Vêtu d’un simple jean et d’une chemise rouge à carreaux, Jan se fond rapidement dans le public, venu assister au concours équestre. L’ambiance est bon enfant. La buvette tourne au rythme des attelages qui défilent devant les jurés. Les hénissements et le bruit des sabots sur la pierre se font écho. Mister Suisse jouit du spectacle. Son français est encore trop hésitant pour engager une conversation digne de ce nom, mais il essaie, il ose. Les filles ne demandent qu’à croiser le regard tendre du séduisant célibataire, pas à philosopher.
«J’adore ce type d’ambiance familiale, confie-t-il. Moimême, j’habite à Buchrain, soit à une dizaine de kilomètres de Lucerne, et pour les citadins lucernois, nous sommes déjà de vrais paysans! Ils se moquent gentiment de nous, mais ça m’est égal. Moi, j’ai besoin des deux, de la ville et de la campagne. Ici, je recharge mes accus.» Sous les combles de la superbe bâtisse du Domaine de Bellelay, l’hôte de Mister Suisse, Didier Studer, par ailleurs organisateur de l’élection de Miss Jura bernois, salue son invité d’honneur avec humour: «Comme vous le verrez, ici aussi, nous avons nos concours de beauté, avec des chevaux.» Jan Bühlmann rit. Une dame s’approche: «Ditesmoi, à Lucerne, ils sont tous aussi mignons que vous, les garçons?»
UNE MISS EN CONFIANCE
Jan dialogue avec tout le monde. Il fronce les sourcils quand son français l’abandonne. Une ravissante jeune femme aux cheveux lisses et noirs, un brillant au coin des lèvres, s’est approchée. Il s’agit de la Chauxde-Fonnière Maïté Dubois, 20 ans, Miss Jura bernois en titre. Socioéducatrice dans le milieu parascolaire, la jeune beauté est loin d’être sotte. Ambitieuse, généreuse, elle rêve d’ouvrir et de diriger un jour son propre home pour personnes âgées.
Contrairement à Jan Bühlmann, Miss Jura bernois vit en couple. Son compagnon, Teseo, graphiste d’origine italienne, n’a pu l’accompagner, mais Maïté file droit. Quand on lui demande innocemment ce qu’elle pense de Jan, elle hésite: «Je ne peux rien dire, sinon mon copain me fera toute une scène...» On insiste. «Jan est un mec simple, souligne-t-elle, qui fait l’effort de s’intéresser aux gens. S’il était hautain, je ne lui adresserais même pas la parole.» Par bonheur, Mister Suisse n’a rien d’un prédateur. Tous deux forment néanmoins un fort joli couple, en apparence.
Elevée seule par sa mère, qui semble aujourd’hui vivre à travers elle son propre rêve de gloire, Maïté Dubois partage avec Mister Suisse la passion des chevaux. «Depuis que je suis toute petite, j’adore cet animal, confie-t-elle. Pour moi, c’est un peu le lion de la Suisse, avec sa robe lisse et soyeuse, son attitude majestueuse.»
Jan Bühlmann, lui, aime tous les animaux. Sa mère, comportementaliste, y est pour beaucoup. «Je suis en contact avec des chevaux depuis l’âge de 10 ans. Il y en a toujours eu dans mon entourage. Ma mère possède encore un poulain, baptisé Myri. Ce que j’aime, c’est ressentir leur caractère, leurs émotions. Monter est une expérience incroyable.»
Après avoir fait connaissance avec le bien-nommé Nadal, un étalon de la race franchesmontagnes qui fait la fierté de ses éleveurs, d’Eva et de Gérard Lachat, propriétaires du Centre équestre de Bellelay, Jan Bühlmann part explorer les environs, à cheval bien sûr. Perché sur sa monture, il se rappelle brièvement l’époque où, gamin, il aimait jouer les Indiens alors que ses copains se prenaient tous pour des cow-boys!
De retour au domaine, Jan peut enfin déguster de la Tête de Moine. Il est conquis. Mister Suisse reviendra donc en terre jurassienne, c’est promis, mais attention, si d’aventure il débarque à Porrentruy le weekend de la Braderie, fin août, il pourrait bien de ne plus vouloir repartir...