Quoi de plus simple en apparence que la neige, quand elle blanchit le monde et le rend silencieux? Ce phénomène est pourtant complexe et n’a pas encore livré tous ses secrets. Le meilleur et le plus beau reflet de la subtile alchimie céleste qui fabrique cette poudre d’eau glacée issue de la condensation de vapeur d’eau en glace, c’est l’infinie variation des cristaux qui la constituent. Chacun d’eux a son histoire exclusive en s’étant développé à une altitude et à une température propres, autour d’un noyau originel (poussière ou minuscule grain de glace) lui-même toujours différent.
Leur seule caractéristique visuelle commune, c’est leur structure en six branches, imposée par la structure moléculaire de l’eau. Les rares cristaux à douze branches sont en fait deux cristaux qui se sont formés en étant soudés l’un à l’autre dès le début du processus.
Mais, dans les centaines de cristaux qui se sont agglomérés durant leur descente pour constituer un flocon, tous ne sont pas des œuvres d’art. «La très grande majorité des cristaux de glace qui composent la neige sont imparfaits, précise le Dr Martin Schneebeli, qui dirige le groupe de recherche WSL, Institut pour l’étude de la neige et des avalanches, à Davos. La plupart d’entre eux sont incomplets ou imparfaits.
Leur taille varie de 1 centième de millimètre à 4 millimètres. A moins d’avoir une chambre froide à disposition, il faut se dépêcher de les observer, car ils se transforment dès qu’ils touchent le sol. En effet, du point de vue de la physique, la neige est en fait un matériau à très haute température, une sorte de mousse qui se transforme rapidement.»
Pour l’observation, s’équiper de loupes grossissant au moins 5 fois dans les magasins d’optique ou de philathélie. Les magasins Nature et Découvertes (Genève et Lausanne) proposent un microscope de poche grossissant 30 fois.
COMMENT LES OBSERVER?
Parfois, un «énorme» cristal de neige de 4 millimètres de diamètre, séparé de son flocon, s’égare sur la manche d’une veste au moment où le regard traînait par là. Mais le vent emporte la minuscule sculpture aussi vite qu’elle était apparue. Pour une observation plus sereine, il faut bien sûr se trouver à l’air libre, quand il est en train de neiger de préférence. On recueille au vol quelques flocons sur un carton noir. On pose ce support sur une table ou par terre, puis, à l’aide d’un pinceau très souple, on disperse un peu cette matière première. Il s’agit alors de repérer et d’examiner cet échantillon neigeux avec un instrument grossissant au moins 5 fois, comme une loupe compte-fil. Plus il fait froid, plus cette chasse aux cristaux sera réussie, car ces bijoux fondent vite.