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Les cheveux des petits Français sont pleins de perturbateurs endocriniens. Ceux des Suisses aussi, donc, forcément.
Etude alarmiste

Des perturbateurs endocriniens plein la tête des enfants!

20 avril 2017

Métaux lourds, bisphénol A, hydrocarbures, pesticides, phtalates, pesticides: une étude publiée mercredi en France révèle que les cheveux de nos chères têtes blondes concentrent une quantité astronomique de perturbateurs endocriniens. Attention danger!

Toutes proportions gardées, le magazine 60 Millions de consommateurs joue en France le même rôle que les émissions de télévision A bon entendeur en Suisse romande et Kassensturz outre-Sarine: un rôle de surveillance, de contrôle, de lanceur d’alerte parfois. En Suisse, diverses études et émissions ont déjà souligné le danger que constituent pour notre santé les perturbateurs endocriniens. On pense aux emballages plastique en bisphénol A, considéré désormais comme cancérigène, mais que nous avons utilisé pendant des années sans imaginer une seconde que les biberons que nous préparions pour nos bébés étaient eux-mêmes… dangereux.

Les perturbateurs endocriniens constituent sans nul doute l’un des plus gros défis de santé publique des pays riches, parce qu’ils sont partout, ou presque. Encore faut-il savoir les identifier, comprendre de quelle manière ils se retrouvent dans l’eau par exemple et surtout tenter d’éviter qu’ils ne s’insinuent sournoisement dans notre organisme avant de déclencher une réaction en chaîne qui pourra conduire à un cancer.

Les industriels, tout particulièrement dans le secteur, essentiel, de l’alimentation, traînent les pieds quand il s’agit de rechercher dans leurs produits des traces de perturbateurs endocriniens. Et si l’on considère que leur rôle premier est de faire de l’argent, du profit, et pas de se soucier de santé publique, on peut le comprendre. Un changement d’attitude est cependant inéluctable et il y a fort à parier que les industriels qui donneront l’exemple en la matière seront au bout du compte les mieux notés et les plus fréquentés par le public.

Vaste problème de santé publique

Il y a péril en la demeure. Une étude publiée mercredi chez nos voisins français dans le magazine 60 Millions de consommateurs, qui appelle au passage autorités et consommateurs à réagir, le prouve. Des traces de dizaines de perturbateurs endocriniens ont été retrouvés dans les cheveux d'enfants âgés de 10 à 15 ans. Cela signifie qu’insidieusement, tout le monde s’empoisonne dans un silence assourdissant. Personne ne réagit. Il y a pourtant un problème sérieux de santé publique et, souligne le magazine français, il va bien falloir que les autorités tapent du poing sur la table.

Dans un éditorial très remonté, la rédactrice en chef de 60 Millions de consommateurs, Sylvie Metzelard, dénonce l’inaction des pouvoirs publics à un moment où la fertilité des hommes, sérieusement mise à mal par les perturbateurs endocriniens, apparaît comme le signe clair qu’un changement profond de politique est désormais nécessaire. "Aux très hautes autorités d'arrêter de jouer les poules mouillées et d'imposer des règles, écrit-elle. (...) Et rappelons que la meilleure pression vient des consommateurs, capables de refuser d'acheter des produits non vertueux."

Il faut dire que les résultats de l’étude menée par 60 Millions de consommateurs font froid dans le dos. Un laboratoire indépendant, spécialement, mandaté, a analysé une mèche de cheveux d'un panel de 43 enfants âgés de 10 à 15 ans, habitant un peu partout en France. L’objectif premier était d’y rechercher d’éventuelles traces de 254 substances "répertoriées comme des perturbateurs endocriniens potentiels ou avérés". Or non seulement, les polluants ont été détectés, mais tous les enfants présentaient des traces de 34 molécules chacun, en moyenne! Autrement dit, tous les petits Français qui ont joué les cobayes pour cette études se sont révélés «contaminés». Leur santé est-elle menacée pour autant? Infiniment plus, bien évidemment, que si aucune trace de polluant n’avait été détectée dans leurs cheveux.

Phtalates et pesticides partout!

Il faut rappeler que les perturbateurs endocriniens sont des substances présentes dans de nombreux produits du quotidien (cosmétiques, jouets, peintures, gobelets, etc.). Elles perturbent notre système hormonal et peuvent déclencher maladies et anomalies. Des phtalates et des pesticides ont été retrouvés dans les cheveux de tous les enfants, à la différence des bisphénols, du PCB, des hydrocarbures aromatiques polycycliques, des métaux lourds et autres retardateurs de flamme bromés, mais ces derniers apparaissent dans de multiples échantillons.

A l’appui de sa requête pour un sursaut des autorités en matière de santé publique, le magazine 60 Millions de consommateurs indique que le bisphénol A, interdit en France depuis 2015, n'a été retrouvé que dans 20% des échantillons. Les mesures strictes ont donc un effet mesurable.

Au mois de février dernier, l'ONG Générations Futures avait mené un test semblable sur sept personnalités écologistes, montrant que leurs cheveux renfermaient tous de nombreux perturbateurs endocriniens (de 36 à 68 par personne). Quand cesserons-nous de nous voiler la face? Il y a quelque chose de pourri dans notre mode de consommation. Il serait grand temps de se réveiller et de faire passer la santé de nos enfants, et donc la nôtre, après le profit des industriels et les dividendes des actionnaires. Vous n’êtes pas de cet avis?