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Décryptage

«NO BILLAG»: démêlons le vrai du faux

11 janvier 2018

Le vrai enjeu de l’initiative est le suivant: en cas de oui, la SSR explosera-t-elle en vol, et, avec elle, la RTS, la Première, Couleur 3 et des chaînes et stations régionales?

«Si «No Billag» passe, c’est pas grave: je regarderai le téléjournal sur Internet»

Un anonyme entendu dans la rue

FAUX  Comme lors de chaque votation, une partie des citoyens ne sont pas conscients des conséquences du résultat. Il est bien sûr totalement faux d’imaginer que les émissions de la RTS ne disparaîtraient que du petit écran et subsisteraient telles quelles sur les ordinateurs, tablettes et autres smartphones.  

«Inutile de voter pour la disparition de Billag. Elle est déjà programmée pour 2019»

Lionel Baier, cinéaste

VRAI  Dans un billet du «Matin Dimanche», le réalisateur soutient le principe de la redevance en rappelant notamment que Billag sera remplacé l’année prochaine par Serafe. Cette nouvelle entreprise a promis d’exercer son mandat d’encaissement pour 17 millions de francs par an, soit la moitié de ce que facturait Billag.

«En cas de non à «No Billag», les conséquences seraient simples: rien ne changerait. La SSR continuerait de croître»

Kurt W. Zimmermann, ex-rédacteur en chef de la «SonntagsZeitung» et président de TV3

FAUX  L’affirmation dans la «Weltwoche» de ce fervent partisan de l’initiative a un gros défaut: elle n’est basée sur aucune certitude. Ce qui est certain en revanche, surtout en cas de rejet de justesse de l’initiative, c’est que pour la SSR et les autorités fédérales, il serait suicidaire à moyen terme de ne pas entreprendre des réformes en profondeur.

«Si l’initiative «No Billag» est acceptée par le peuple, ce sera la fin de la RTS»

Gilles Marchand, directeur de la RTS devenu depuis directeur général de la SSR

VRAI, mais...  Cette affirmation choc date d’il y a presque une année. Gilles Marchand n’était encore que le patron de la télévision romande. Si elle a le mérite de la clarté, elle a le défaut d’être trop catégorique. Le scénario en cas d’acceptation reste en effet à écrire. Il est certain en revanche que la RTS serait profondément bouleversée.

«En cas de oui à «No Billag», la SSR passera d’un chiffre d’affaires de 1,6 milliard à 1,2 milliard»

Kurt W. Zimmermann, ex-rédacteur en chef de la «SonntagsZeitung» et président de TV3

FAUX  Dans la mesure où aucune étude de marché n’a été faite pour vérifier si le gros milliard que rapporte la redevance pourrait être remplacé par un petit milliard tombant d’un ciel publicitaire déjà morose.

«Si «No Billag» est acceptée, le service public n’aurait plus rien à voir avec les chaînes généralistes d’aujourd’hui, qui offrent du magazine, des documentaires, du sport et du divertissement»

François Besençon, vice-président de Communication Suisse

VRAI  L’offre généraliste proposée par les télévisions et les radios nationales ne serait plus finançable sans redevance. Dans une hypothétique version light de la SSR, le divertissement et le sport seraient sans doute les premiers sacrifiés et abandonnés à des services privés payants. Mais les reportages et émissions les plus ambitieux et donc les plus onéreux, comme Temps présent ou A bon entendeur, seraient aussi en difficulté.

«C’est l’Idée suisse de la SSR, soit un projet national respectant les minorités et les régions périphériques, qui est en jeu le 4 mars prochain»

Matthias Aebischer, conseiller national bernois, ex-présentateur de la TV alémanique

VRAI  C’est une des conséquences certaines d’un oui à l’initiative: les Romands, les Tessinois et les Romanches, de même que les régions alémaniques décentrées par rapport à l’axe Zurich-Bâle, ne bénéficieront plus de la redistribution financière qui leur est favorable, proportionnellement à leur population.

 

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