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Sarah a rejoint la Guadeloupe en bateau-stop.
Aventure

Sarah Gysler: «J’aimerais être aventurière professionnelle»

08 août 2017

La jeune Lausannoise parcourt le monde seule et sans argent. Un choix de vie qu’elle assume totalement.

«Je crois que j’ai toujours fait partie des excessifs, des furieux, des ravagés. Le jour où j’ai décidé de voyager, je l’ai fait avec ma démesure habituelle», peut-on lire sur le blog de Sarah Gysler. Et la démesure, ça la connaît. La première fois que cette Lausannoise a pris la route seule, c’était en 2015. Elle avait alors 20 ans et s’en est allée joindre le cap Nord en stop, sans un sou sur elle. «Je me demande comment j’ai réussi à trouver ce courage. C’est quand même risqué de partir comme ça, mais c’est un projet qui dépassait ma volonté. J’avais juste besoin de le faire.» Depuis, Sarah parcourt le monde. Toujours en stop (voiture mais aussi bateau ou avion) et toujours sans argent. L’idée est de ne jamais dépenser d’argent au quotidien. Pour Sarah, c’est la plus ultime des libertés. Elle compte principalement sur les autres pour se loger, se déplacer et se nourrir. Parfois, elle récupère des fruits et légumes invendus à la fin des marchés ou après le service des restaurants.

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L'aventurière a passé une semaine seule dans la jungle en Dominique, une île au-dessus de la Guadeloupe. Image: DR

Dans la nature, elle pêche et sait identifier les végétaux comestibles. Mais souvent, les gens qui la prennent en stop lui proposent également le vivre et le couvert. «Ce n’est pas toujours facile. Cette façon de voyager demande de la maturité et du détachement. Chaque au revoir finit en larmes, mais après je rencontre d’autres gens formidables et je sais que c’est pour cela que j’ai quitté ceux d’avant.» Sa famille suit ses aventures depuis la Suisse, comme les milliers d’internautes qui consultent son blog. Un des rares objets qu’elle transporte est son ordinateur, qu’elle a acheté pour une bouchée de pain lors d’un de ses voyages. Grâce à lui, elle garde contact avec ses proches. En ce moment, Sarah est en Guadeloupe, où elle fait du house sitting: une famille lui a confié la garde de sa maison durant son absence pour les vacances. Et son retour, c’est pour quand? «Je n’ai pas fixé de date. Je fais le tour du monde. Mais j’ai toutes mes racines en Suisse. Je sais que j’y ai une place et que même si je pars dix ans, je retrouverai toujours ma famille et mes amis. Mes parents sont mon point de repère.» Dans quelques mois, elle arrivera en Nouvelle-Zélande, le point de chute de son tour du monde. «Je veux traverser tout le pays par la forêt, complètement seule, en six mois. Je me demande comment on ressort de six mois de marche.»