Camille Pagella
Portrait

Une jeune comédienne genevoise au milieu des «Fauves»

08 février 2018

Originaire de Chêne-Bougeries, Isaline Prévost signe ses débuts au cinéma dans le long-métrage du réalisateur chaud-de-fonnier Robin Erard.

Michel Voïta n’est pas le seul Romand au casting de «Fauves». Le film marque aussi les débuts d’une étudiante au Conservatoire de Genève, Isaline Prévost. A 22 ans, elle fait ses premiers pas au cinéma dans le rôle de Zoé, une accordéoniste réservée, poussée par son père à étudier l’horlogerie alors qu’elle rêve d’entrer… au Conservatoire!

Rendez-vous pris aux Bains des Pâquis. Le regard rieur, elle nous conduit avec énergie dans tous les recoins à la recherche du meilleur «spot» pour la photo. «C’est l’un de mes endroits préférés à Genève, explique la jeune femme. J’ai même hésité à venir un peu plus tôt pour un bain d’hiver. Pour moi, c’est un shoot d’adrénaline. Ce sont des moments où je me sens tellement vivre, tout mon corps est en alerte. C’est aussi une des choses que j’essaie de retrouver dans le jeu.» 

A la veille de la sortie de «Fauves» en salle, c’est le moment de la promotion et des retrouvailles avec les acteurs. Le film a été tourné il y a presque deux ans, beaucoup ne se sont pas revus depuis. Ils sont ce jeudi soir 8 février au cinéma Les Scala à Genève pour la première dans la ville du bout du lac. «Michel Voïta me l’avait bien expliqué. Un tournage c’est une parenthèse, une bulle. Tout peut s’y passer, après les quelques mois qu’il dure, tout est fini.» Un retour à la vie «normale» difficile pour la comédienne, à deux semaines de ses examens de fin d’année, après plus de deux mois d’absence en cours. «J’avais l’impression que mes camarades avaient fait un bon immense en avant. Heureusement ma doyenne s’est montrée compréhensive et nous avons cravaché pour que je réussisse ces examens et que je passe en deuxième année.»

Élevée par une mère danseuse et un père musicien, cela fait bien longtemps qu’Isaline s’essaie sur les planches des théâtres genevois. Ses premiers souvenirs de cinéma et de théâtre restent ceux de son frère, qui débute une carrière de comédien à l’âge de 8 ans. «C’est de là que tout est parti.» Impressionnée, elle est inscrite aux cours pour enfants du théâtre Am Stram Gram à Genève. Plus tard, elle arrête le collège pour se consacrer au théâtre et attend d’avoir 18 ans pour passer les auditions du Conservatoire, qu’elle réussit. «Je ne sais pas comment d’ailleurs, j’avais préparé un mélange de deux textes et le tout était très mauvais!», plaisante-t-elle.

Aujourd’hui, Isaline Prévost a envie de faire du cinéma. En automne 2017, dans la foulée de «Fauves», elle tourne son deuxième film, «Ceux qui travaillent», du réalisateur suisse Antoine Russbach, où elle donne la réplique à l’acteur belge Olivier Gourmet, qu’elle admire «depuis toute petite». «Même si l’on est loin de la convivialité qui peut exister au sein d’une troupe de théâtre, jouer au cinéma me permet d’expérimenter un jeu beaucoup plus fin, plus détaillé car, au contraire du théâtre, l’on ne peut rien cacher.»

 

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