Quoi de plus difficile à cerner que les relations hommes-femmes? Elles méritaient qu’on leur consacre au moins un magazine de télévision. Dès le 21 décembre, retrouvez à un rythme de cinq émissions par année la pétillante Sofia Pekmez et le ténébreux Michel Zendali aux commandes de ce talk-show prometteur. Le principe de Tango? Réunir autour d’un thème qui décline les relations entre les sexes une brochette d’invités. Sur le plateau de la première émission consacrée à la séduction, on retrouvera notamment l’inénarrable Christian Constantin et l’experte en séduction Xenia Tchoumitcheva. Cocktail détonant assuré. A noter que cette émission de la RTS, réalisée en partenariat avec L’illustré, verra notre journaliste Marie Mathyer apporter régulièrement sa petite touche d’humour espiègle à la cause.
Interview croisée des deux animateurs qui rythmeront Tango.
Votre plus grande arme de séduction?
Sofia Pekmez: Ma sympathie.
Michel Zendali: Mon verbiage. (Elle lui souffle ramage.) Bon d’accord, mon ramage!
Et chez votre partenaire?
M.: Son plumage et sa capacité à rire d’elle.
S.: Sa tendresse et sa gentillesse.
L’homme guide dans le tango, mais sur votre plateau, qui imprimera le rythme?
M.: Chacun son tour, la femme n’est pas juste un objet dans les bras du danseur. Et, techniquement, il faut bien que quelqu’un tienne la pendule, donc ce sera Sofia, car je suis très indiscipliné!
S.: Tout à fait d’accord!
Cela vous étonne de voir dans le sondage qu’aucune femme ne pense que c’est à elle de faire le premier pas?
S.: Troublant, on a rencontré des femmes qui disent l’avoir fait et le faire encore.
M.: Peut-être ont-elles interprété la question comme si c’était une obligation. Il y a encore des comportements immémoriaux ancrés. Et puis c’est difficile à avouer.
Vous êtes pour une femme qui prend l’initiative?
M.: Cela dépend de quelle femme, avec quelle intention… souvent ces femmes singent les mecs, elles ont une espèce de brutalité. Bon, j’avoue que cela m’est rarement arrivé.
S.: Si le premier pas, c’est adopter une ouverture frontale, non, je ne l’ai jamais fait et ne le ferai jamais, ce n’est pas dans ma nature, même si je suis une fille un peu bravache. Par contre, si le premier pas, c’est émettre de façon un peu appuyée quelques signaux, je suis maîtresse en la matière!
M.: Pendant longtemps j’ai été incapable de voir ces signaux!
Une majorité de Romands séduisent pour se rassurer, et vous?
M.: Aussi! Cela fait partie de la construction de soi, c’est une opération narcissique et dangereuse, car on se met évidemment en péril.
S.: Oui, paradoxalement, c’est un élan vers soi plutôt que vers l’autre, on se fait du bien.
La séduction dure combien de temps?
S.: Je suis depuis dix-neuf ans avec mon mari. On a toujours envie de se plaire, mais cela passe par d’autres canaux. Si l’on estime que la séduction est liée à la passion sexuelle, il est vrai qu’elle s’émousse. Je ne grimpe plus aux rideaux dès que mon époux m’effleure le bras!
M.: Séduire, dans le sens danse nuptiale, en effet cela s’épuise assez vite. Après la séduction vient le temps de la construction. Qui est celui de la femme d’ailleurs. Si les couples tiennent, c’est par la grâce des femmes. Je vis depuis trente ans avec la même!
Mais combien de temps?
M. et S. en chœur: Entre trois et cinq ans.
S.: Des études scientifiques prouvent qu’on cesse à ce moment-là de produire en grande quantité l’hormone liée à la passion amoureuse.
Les jeunes sont les plus nombreux à penser que draguer, c’est être infidèle. Etonnant, non, à l’heure des réseaux sociaux?
S.: Ils sont encore dans l’illusion… Ce sont les fameux adulescents en quête d’absolu; quand on vieillit on est plus taquin. Pour moi, bien évidemment, draguer n’est pas tromper.
M.: Je suis d’accord. Ces jeunes sont encore dans le rêve de la relation unique.
En même temps, ce sont eux aussi qui croient le moins au coup de foudre?
M.: Ils ne font pas encore la distinction entre draguer et séduire, ils ne saisissent pas encore le côté ludique de la drague. S’ils ne croient plus au coup de foudre, cela s’explique aussi parce que le modèle n’existe plus beaucoup. Le dernier coup de foudre au cinéma, c’est Titanic. Et puis beaucoup de leurs parents sont divorcés!
Trois Romands sur dix seulement avouent avoir été infidèles, vous les croyez?
S.: Je pense qu’il y en a plus, certains de ceux qui répondent à ce sondage ne sont pas très à l’aise avec leur conscience. Mais où place-t-on la limite?
M.: On est dans un monde où la prescription générale, c’est jouir. Les Romands, à mon avis, jouissent plus qu’ils ne le disent!
Et vous, vous franchissez parfois la limite?
S.: Je joue beaucoup avec elle, j’adore provoquer, cela met du piquant. Je suis très dragueuse. Parfois, on se retrouve coincée au pied du mur, bien sûr, c’est humain. D’un autre côté, cela ne me fait pas peur, car je suis aussi terriblement loyale.
M.: J’ai beaucoup joué avec la limite mais, désormais, je suis rangé des voitures! A force de jouer, on se lasse!
Vous avez remarqué, les yeux, le sourire, la gentillesse, en matière de séduction tout ça compte pour beurre?
S.: Quand un monsieur me plaît, c’est souvent parce qu’il a de belles fesses, je n’ai pas peur de le dire. Non, ce n’est pas à la RTS que j’ai rencontré les plus interpellantes!
M.: Le sourire, l’écoute, ce sont des niaiseries pour romans roses. Dans la séduction, on cherche le choc des corps, c’est le cerveau reptilien qui se met en branle, alors oui on regarde les seins, les fesses!