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OTTMAR ET DIEGO

Par Daniel Pillard - Mis en ligne le 29.06.2010

 

Même lorsque l’équipe est modeste, un bon chef peut faire la différence. C’est ce que démontre avec brio Ottmar Hitzfeld, l’épatant sélectionneur de notre équipe nationale.

En battant l’Espagne à la surprise générale, l’équipe de Suisse a signé l’une des premières véritables sensations de cette Coupe du monde africaine. En résistant héroïquement contre le Chili, après l’expulsion injuste de Behrami, elle conserve intactes ses chances de participer aux huitièmes de finale. Une performance inespérée sur laquelle personne n’aurait parié à la veille du tournoi.

Une fois encore le stratège allemand a démontré qu’il était bel et bien l’un des meilleurs entraîneurs du moment.

Mais comment donc s’y prend-il pour mener si loin une équipe helvétique sans grande envergure?

«Tout est calculé, millimétré dans les moindres détails, explique l’arrière valaisan Stéphane Grichting. Il a une approche psychologique géniale. Les bons mots au bon moment, aux bons joueurs.» «Nous avons appliqué à la lettre ce que nous avons préparé depuis un mois, tant au niveau tactique que sur l’état d’esprit, le sacrifice, l’engagement», confirme Michel Pont, le bras droit de Hitzfeld. «Ce qui compte, c’est l’équipe et non les individualités», martèle celui qui a transfiguré la pâle Nati en un commando de gagneurs. Et, s’il vous plaît, ne l’appelez pas Gottmar, il n’y a rien qu’il déteste davantage. Pour lui, tout est labeur, rigueur et discipline.

Une recette que devrait méditer le pauvre Raymond Domenech, conspué par son équipe ainsi que par la France entière qui le juge responsable de la débâcle des Bleus en Afrique du Sud. Triste fin de carrière pour celui qui avait tout de même conduit sa formation en finale du dernier Mondial. Pas de miracle: une équipe démotivée, emmenée par un chef désabusé n’autorisait guère d’espoir.

Dans un style radicalement différent, le flamboyant Diego Maradona constitue l’autre révélation du tournoi. A la tête d’une formation argentine très inspirée, El Diez fait de chaque match une liturgie baroque. Contrairement à l’Allemand, lui revendique son surnom divin et ne déteste pas qu’un vrai mouvement religieux soit né autour de sa personne. Depuis le début du tournoi, les actions de l’Albiceleste sont à la hausse et nombreux sont ceux qui la verraient même lever la Coupe. Voilà qui constituerait une extraordinaire revanche pour celui qui, bouffi par l’alcool et la cocaïne, était devenu la honte de la nation.

Ottmar et Diego, l’ingénieur et le bouffon, deux chefs, au style et au tempérament contrastés, qui chacun à sa manière fait rêver son pays en étant parvenu à ensorceler son équipe. Ce qui les réunit? Une même passion.

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Tags: Mondial 2010, Coupe du monde, foot, Afrique du Sud, Ottmar Hitzfeld, Diego Maradona Aller en haut de page Haut de page

 

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