Recherchez
  • Home
  • > Paroles de griot
« Article précédent Article cd n°5/12 Article suivant »
Paroles de griot
Diplomate et activiste de l’Afrique qui avance, le Sénégalais Youssou N’Dour a fait un détour par la Jamaïque pour colorer de reggae des chansons anciennes et quelques nouvelles.

Par Jean-Blaise Besençon - Mis en ligne le 03.03.2010

 

Fidèle en solidarité, le Sénégalais Youssou N’Dour était de passage à Genève la semaine dernière pour prêter sa voix d’or au concert de soutien à Haïti. Entre la fin d’une entrecôte et l’enregistrement d’une déclaration pour l’ONU, l’occasion aussi d’évoquer son nouveau disque, qui sort vendredi.

Poignée de main chaleureuse, sourire affable – «On s’est déjà vus quelque part, non?» –, l’homme demeure pourtant toujours un peu sur son quantà- soi. Et le regard masqué par de grosses lunettes noires…

Le détour par Kingston, Jamaïque? «J’y pensais depuis longtemps et plusieurs amis pensaient que ma voix pouvait se poser sur cette musique fédératrice et militante.» Fin et élégant, l’enfant né dans la médina (le quartier populaire) de Dakar en 1959 cadre mal avec les clichés qui collent aux dreadlocks des rastamen. «Nous fêtons cette année les 50 ans des indépendances en Afrique. L’idée est aussi de rendre hommage à tous les fils de la diaspora noire qui ont marqué les cinquante dernières années.» Bob Marley parmi les premiers, naturellement.


 

Disque hommage – le premier titre, imparable, écrit avec Yusuf Islam (Cat Stevens) et Tyrone Downie, le clavier de Marley, en reprenant les titres des chansons de ce dernier – mais pas disque de reprises. «Ses chansons sont parfaites, je ne vois pas ce que j’aurais pu y ajouter.» En revanche, certaines de ses propres chansons pourraient bénéficier de ce petit coup de pouce rythmique. A l’image du superbe Joker, «l’histoire d’un homme qui continue sa route malgré les embûches», plusieurs anciennes chansons, «qui n’ont pas eu la chance d’être écoutées», se voient ainsi offrir une seconde occasion d’être entendues.

C’est un peu le problème de Youssou N’Dour. Une voix d’une souplesse et d’une poésie inouïes, un organe exceptionnel capable d’ascension vertigineuse et de blues à pleurer dans les graves, mais aussi une voix pas toujours très bien accompagnée dans ses ambitions internationales. Peter Gabriel, parmi les premiers, avait pourtant entendu ce phénomène.

En 1994, Youssou signe avec Neneh Cherry le tube 7 Seconds. En 1998, l’hymne de la Coupe du monde de football et la BO du dessin animé Kirikou. Une gloire entrevue seulement parce qu’il reste difficile à faire entendre au monde ces rythmes particuliers du mbalax sénégalais et de sa langue maternelle, le wolof. Le reggae pourrait alors se révéler plus fédérateur…

Sinon, le chanteur de Dakar tient d’autres fers au feu de son engagement. Avec son asso-ciation contre la malaria, il mobilise des dizaines d’artistes, de griots, de sportifs autour d’une idée simple: «Le grand problème du paludisme en Afrique, c’est que les gens ne le prennent pas au sérieux.»

Créée en 2007, Birina, sa banque de microcrédit, soutient aujourd’hui 18 000 petits entrepreneurs, et la puissante société Benetton a donné à son projet une publicité mondiale. Sans parler de son groupe de presse, un quotidien et une radio, outil phare de son combat pour l’information. On en apprendra pas beaucoup plus.

Le reste dans un film à sortir ce printemps, I Bring What I Love, réalisé par l’Américaine Elizabeth Chai Vasarhelyi. «Je parle de ma famille (sept enfants), de ma spiritualité (un islam modéré), de mon activisme… Une fois que les gens auront vu le film, je n’aurai plus besoin de donner des interviews.»



Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace  


Tags: Musique, CD, Youssou N'Dour Aller en haut de page Haut de page

 

A lire aussi

Ma semaine beauté 31 mars - 6 avril

»


Camélia Jordana: un premier album mélancolique

La révélation de «Nouvelle star» 2009 est parfois comparée à Barbara »


Découvrez la première artiste suisse financée par les internautes

Avec le label My Major Compagny, la chanteuse genevoise Licia Chery est la première artiste suisse qui sort un album grâce aux internautes. Visionnez son clip! »

Page générée en 319 ms.