Recherchez
« Article précédent Article art n°16/34 Article suivant »
ART MODERNE
PEINTRE AU SOMMET
Extrêmement célèbre de son vivant, un peu oublié depuis, GIOVANNI SEGANTINI, peintre de nos montagnes, annonçait aussi l’art moderne, comme le rappelle un vivifiant accrochage de la Fondation Beyeler.

Par Jean-Blaise Besençon - Mis en ligne le 18.01.2011

 

En 1899, victime d’une péritonite foudroyante, Giovanni Segantini meurt au travail, à 2731 mètres en dessus de Pontresina, en Engadine, en disant pour conclure: «Voglio vedere le mie montagne» – «Je veux voir mes montagnes»... Celles dont le peintre avait précisément fait son paradis terrestre...

MONTAGNES MAGIQUES

Quarante et un ans plus tôt, il était né à Arco, au bord du lac de Garde, dans cette partie du Trentin qui était alors rattachée à l’Autriche. D’origine extrêmement modeste, il est orphelin de mère et de père avant d’atteindre 10 ans et la tante qui l’élève croit bon de faire annuler sa nationalité autrichienne sans toutefois demander sa naturalisation italienne... Jusqu’à sa mort, Giovanni Segantini sera donc un apatride, un sans-papiers comme on dit aujourd’hui. Même s’il avait depuis longtemps choisi sa véritable patrie. Après des études de peinture à Milan, il résumera ainsi son itinéraire de vie: «J’aspirais à monter toujours plus haut. Des collines, je suis passé aux montagnes, au milieu des paysans, des bergers, vers les habitants des hautes cimes (...) Dans ce pays, j’ai tourné mon regard plus hardiment vers le soleil dont j’aimais les rayons, que je voulais conquérir. C’est ici que j’ai étudié avec le plus de profondeur la nature dans ses formes les plus vivantes et dans ses couleurs les plus lumineuses. C’est ici que j’ai écrit mes premières lettres sur l’art...»

En 1886, avec sa compagne Bice Bugatti et leurs quatre enfants, il s’était installé aux Grisons dans le paisible village de Savognin, puis à Maloja, en Engadine, où son atelier est toujours visible.

Lumières cristallines comme de l’eau de roche, reflets brillants des grands glaciers, bleus d’altitude d’une pureté éblouissante: ses œuvres gagnent en clarté à mesure que le peintre s’élève pour peindre, le plus souvent d’après nature, des toiles de plus en plus grandes. «Je peindrai vos montagnes, habitants de l’Engadine, pour que le monde entier parle de leur beauté», dit-il aux habitants de Samedan lors de la présentation de son monumental Triptyque des Alpes. Ses motifs traditionnels, ses magnifiques scènes de vie paysanne ne doivent pas tromper les amateurs: l’œuvre de Segantini, qui fut célébrée de son vivant et un peu oubliée après, s’inscrit en plein dans l’art moderne comme l’inventait ailleurs un Cézanne ou un Monet.

Segantini, du 16 janvier au 25 avril. Fondation Beyeler, Riehen/ Bâle. www.fondationbeyeler.ch



Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace  


Tags: peinture, Giovanni Segantini, Fondation Beyeler Aller en haut de page Haut de page

 

A lire aussi

PEINTURE

Regards sur le portrait

A travers une soixantaine d’œuvres empruntées au Centre Pompidou, la Fondation Gianadda expose quelques exceptionnels portraits, genre que le XXe siècle pensait vite avoir enterré. »


POYA

La poya dans tous ses états

Au Musée gruérien de Bulle, François Burland déroule ses poyas sur papier de récupération. Saluts à la Gruyère éternelle et manifestes contemporains. Irrésistible. »


"OBJECTIF MARS"

3 lieux d’enjeux de guerre

Festival transdisciplinaire, «Objectif Mars» célèbre les 20 ans de programmation de la Grange de Dorigny, près de Lausanne, avec armes et fracas. »

Page générée en 119 ms.