Après les pilules Yasmin et Yaz, la quasi-totalité des pilules contraceptives de troisième génération se retrouvent aujourd’hui sur la sellette. Sont-elles vraiment dangereuses? Pourquoi les prescrit-on? Interview.
Que contient une pilule de troisième génération?
Elle fait partie des pilules dites combinées, qui associent deux dérivés hormonaux, un oestrogène et un progestatif. Comme le progestatif est l’agent contraceptif, c’est sa génération qui détermine celle de la pilule.
Le progestatif qui, justement, se révèle dangereux?
En effet. Le risque de thrombose et d’embolie pulmonaire est connu depuis l’arrivée de la pilule dans les années 60. Mais on a longtemps cru qu’il était lié uniquement à l’oestrogène. Or, depuis la fin des années 90, on a aussi mis en cause les progestatifs et, depuis, on s’est rendu compte que ceux de troisième génération augmentaient un peu plus le risque que ceux de deuxième génération.
Le risque est-il doublé, voire triplé, comme l’affirment les études parues fin 2011?
Oui, ces études sont crédibles. Mais il faut savoir que le risque dont on parle est minime. Chez les femmes prenant une pilule de deuxième génération, le nombre de thromboses veineuses est évalué à 10 à 20 cas sur 100 000.
Une thrombose peutelle être mortelle?
Si elle évolue en embolie pulmonaire, elle peut l’être, mais c’est très rare: depuis 1990, neuf décès par embolie pulmonaire liée à la prise d’une pilule contraceptive ont été enregistrés en Suisse.
Certaines femmes sont-elles plus à risque?
Les femmes qui fument, qui sont obèses, qui sont âgées, qui ont des problèmes artériels ou des antécédents familiaux de thrombose, comme pour toutes les pilules. Mais aussi les jeunes femmes qui débutent la pilule et qui ont, sans que rien ne le laisse prévoir, un risque génétique de thrombose accru. C’est pourquoi le risque est maximal durant la première année d’utilisation de ces pilules.
Celles qui en prennent doiventelles s’inquiéter?
Si elles la tolèrent bien, non.
Ne devrait-t-on pas renoncer à les prescrire, en tout cas pour débuter?
On ne doit pas les donner à n’importe qui et évidemment pas sans anamnèse complète. Mais il existe de bonnes raisons pour les prescrire: elles ont un effet contre l’acné, la rétention d’eau et le syndrome prémenstruel. Leurs bénéfices restent nettement plus grands que leurs risques.
POUR EN SAVOIR PLUS
ILS DOUBLENT LE RISQUE
Les progestatifs incriminés sont la drospirénone, le gestodène, le désogestrel et l’acétate de cyprotérone. Pour connaître les marques de pilules vendues en Suisse avec ces progestatifs, consulter le site de Swissmedic.
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