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POINTER À 20 ANS

Par Daniel Pillard - Mis en ligne le 24.08.2010

 
Ce sera LA grande question de cette rentrée d’automne: pour équilibrer les comptes de l’assurance chômage, qui souffre d’un déficit annuel d’un milliard de francs, peut-on demander aux jeunes de consentir la moitié de l’effort – la seconde moitié étant obtenue par une augmentation des cotisations? La réponse à cette grave question est imminente puisqu’elle sortira des urnes le 26 septembre prochain déjà. Surprise, le premier sondage, publié la semaine dernière, donne le oui gagnant à deux contre un. Pourtant, à un petit mois du verdict, la campagne sur la révision de la loi sur le chômage ne fait que commencer. La faute au cirque médiatique déclenché par la double démission au Conseil fédéral qui a complètement occulté le débat.

Concrètement, l’effort demandé aux jeunes est triple: les 15 à 24 ans n’ayant jamais cotisé ne pourront plus toucher le chômage que durant quatre mois contre douze aujourd’hui; en outre, les diplômés en quête d’emploi seront soumis à un délai d’attente de six mois avant de pouvoir aller pointer; enfin, les chômeurs de moins de 30 ans devront accepter n’importe quel travail, même s’il ne correspond pas à leur formation.

«Inacceptable!» protestent les associations d’étudiants, les jeunesses syndicales et celles des partis, à droite comme à gauche. «Electrochoc salutaire!» réplique le jeune ténor radical valaisan Philippe Nantermod qui, non sans courage, n’hésite pas à faire passer ses convictions libérales avant les solidarités générationnelles qu’il juge déplacées (lire son interview recueillie par Christian Rappaz en page 44). C’est en se frottant tôt au monde du travail, en se montrant flexibles et mobiles que les jeunes accroîtront leurs chances de trouver un emploi, pas en restant passivement à la charge de l’Etat, martèle-t-il. Plein de bon sens et pas tout faux.

Reste que dans notre pays aussi, les jeunes sont plus durement touchés par le chômage. Au mois de juillet, alors que le nombre de sans-emploi global reculait à 3,6%, celui des 20 à 24 ans repassait audessus de la barre des 5%. Certes. Mais partout ailleurs en Europe, le taux de chômage des jeunes atteint les 20%, avec des pointes à 32% en Irlande et même à près de 40% en Espagne! Pas étonnant que les banlieues brûlent, de Grenoble à Athènes.

En comparaison, notre pays fait toujours figure de paradis de l’emploi. Afin qu’il le reste, profitons de la reprise, plus précoce et plus vigoureuse que prévu, pour oser parier sur la secousse salutaire plutôt que de pérenniser un oreiller de paresse.




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Tags: assurance chômage, jeunes, jeunesse, Philippe Nantermod Aller en haut de page Haut de page

 

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