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Laurent Ruquier
«Pourquoi ferais-je la gueule?»
Ce boulimique de travail ajoutera une corde à son arc le 8 décembre: présentateur du gala d’ouverture du 20e Montreux Festival du rire. Laurent Ruquier débarque avec sa bande, son humour et son bonheur d’être en haut de l’affiche.

Par Laurent Favre - Mis en ligne le 01.12.2009
Quart d’heure de gloire à la maison: c’est Laurent Ruquier qui appelle comme convenu pour une interview en marge de sa présence au 20e Montreux Festival du rire, du 8 au 13 décembre. L’humoriste présentera le gala d’ouverture, le 8 décembre à l’auditorium Stravinski (à 20 h 15), en compagnie notamment de Titoff, Jonathan Lambert, Fabrice Eboué, Michael Gregorio et les Suisses Yann Lambiel, Frédéric Recrosio et Charlotte Gabris. La veille et l’après-midi même, il enregistrera deux émissions de radio pour Europe 1 de 16 heures à 18 h 30 au Miles Davis Hall. Pas le temps de faire du tourisme, donc, pour l’homme-orchestre du paysage audiovisuel français, également animateur télé, producteur, auteur de pièces de théâtre et de livres, découvreur de talents. Et toujours avec le sourire. Mais comment fait-il?

Montreux, cela évoque quoi pour vous?

La Suisse, le festival de jazz, le festival du rire. J’y suis venu à plusieurs reprises, chaque fois avec plaisir.

Vous monterez sur scène le 8 décembre pour le gala d’ouverture du festival «avec ceux qui ont bien voulu venir». Vous considérez- vous encore comme humoriste?

Oui, parce que, même si les gens me perçoivent désormais comme un animateur télé, mon activité principale reste l’écriture. J’écris des sketchs, des dialogues, des chroniques, avec chaque fois l’ambition de faire rire. Ce qui change, c’est le support. A la rigueur, je suis un homme de radio avant d’être un homme de télé. C’est pour faire de la radio que je suis monté à Paris. A 13 ou 14 ans, j’adorais écouter Jean Yanne sur France Inter, puis Coluche sur Europe 1. Et, bien sûr, Philippe Bouvard sur RTL. L’ironie de l’histoire, c’est que je n’écoute plus Les grosses têtes depuis dix ans, puisque je suis devenu leur principal concurrent sur Europe 1.

Radio, télévision, livres, théâtre: on vous voit partout. A tel point que même sur votre site internet on se sent obligé de décrire une journée type de Laurent Ruquier…

Je ne savais pas que mon emploi du temps figurait sur mon site… C’est juste une question d’organisation, vous savez. Et surtout de motivation. Je fais ce que j’aime, je m’amuse, et avoir plusieurs casquettes permet d’éviter de tomber dans la routine. Franchement, ce n’est pas le bagne! Il y a des millions de Français qui se lèvent comme moi à 6 heures du matin et qui rentrent comme moi à 20 heures, mais eux se tapent quatre heures de transport en commun, un boulot pas très intéressant, ils doivent encore s’occuper des enfants en rentrant et n’ont pas les moyens de s’offrir des loisirs. Alors, c’est vrai, on a tendance à imaginer qu’un artiste ne sort pas de son lit avant 11 heures du matin, mais ça n’a jamais été ma vision du métier.

Vous avez peur que ça s’arrête?

Moins maintenant, et quand bien même cela s’arrêterait, je ne serais pas à plaindre. Non, je continue parce que je m’amuse. Et aussi parce qu’il est difficile d’arrêter quelque chose qui marche. J’ai stoppé la quotidienne sur France 2 au bout de huit ans parce que je sentais que cela devenait une mécanique, mais aussi, il faut l’admettre, parce que ça marchait un petit peu moins bien. Il faut du courage pour s’arrêter en plein succès, ce n’est pas évident. Et, il faut le dire, je ne suis pas tout seul: si je décidais d’arrêter On n’est pas couché, cela mettrait des gens au chômage, idem à la radio…

Il y a deux choses qui vous distinguent dans le paysage audiovisuel français. Tout d’abord, on sent que vous prenez un réel plaisir à être là où vous êtes…

Je suis très heureux et conscient de ma chance, c’est vrai. Je crois aussi que je garde les pieds sur terre. Mais franchement, là encore, je n’ai pas grand mérite: je m’amuse, j’apprends plein de choses, je rencontre des gens très enrichissants intellectuellement… et financièrement aussi, mais je n’ai plus besoin de ça. Pourquoi ferais-je la gueule?

Le second point, c’est que vous n’avez pas peur de mettre des gens en valeur. Bien souvent, les animateurs n’aiment pas les têtes de chroniqueurs qui dépassent.

J’aime m’entourer de gens intéressants, qui m’apportent quelque chose. Je l’ai fait avec Laurent Gerra, avec Franck Dubosc, avec Florence Foresti. Mais, là, je vais être immodeste: le point commun entre tous ces talents, c’est moi. Il y en a eu, il y en a, il y en aura d’autres. Je n’ai pas eu besoin des autres pour arriver et je ne suis pas dépendant d’eux. Aujourd’hui, on parle beaucoup des deux Eric, Naulleau et Zemmour; demain, ce sera peut-être quelqu’un d’autre.

Etes-vous devenu un «éleveur de talents»?

Non, je mets en avant des gens qui ont du talent. D’autres l’ont fait avant moi, comme Jacques Martin ou Philippe Bouvard. Je ne produis que deux artistes, Michael Gregorio et Gaspard Proust, qui seront avec moi à Montreux. Je reste dans le monde du spectacle à travers eux. Je pense aussi avoir développé un certain savoir-faire au fil des ans.

Quel artiste suisse pourriez-vous prendre sous votre aile?

Je connais un peu Frédéric Recrosio (il prononce Récrosio, à la française), les autres moins. Je me réjouis de les découvrir à l’occasion du gala.

Vous aimez le débat contradictoire, la politique, le people, vous savez mener une équipe. Vous feriez un très bon patron de presse…

C’est un projet que j’échafaude parfois avec ma bande. Il y a plusieurs anciens journalistes et suffisamment de personnalités pour couvrir toutes les rubriques d’une rédaction. On y pense, parfois.

Si ça vous dit, L’illustré se cherche un nouveau rédacteur en chef…

Ah oui, pourquoi pas! (Il rit.) Non sérieusement, c’est un travail à plein temps et je m’amuse bien à Paris.

20e Montreux Festival du rire, du 8 au 13 décembre à Montreux. www.montreuxfestivaldurire.ch




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Tags: Laurent Ruquier, rire, humoriste, 20e Montreux Festival du rire Aller en haut de page Haut de page

 

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