Numéro trois dans l’ordre de succession à la reine d’Angleterre, sa grand-mère, le prince Harry est la cible numéro un des extrémistes islamistes qui ne lui pardonneraient pas d’avoir combattu quelques mois en Afghanistan! La menace est prise très au sérieux par les autorités britanniques. Un attentat contre un membre de la famille royale n’est pas un mythe en Angleterre. Le 27 août 1979, Lord Mountbatten, dernier vice-roi des Indes, avait été assassiné par l’IRA lors de l’explosion de son navire.
Les ministres européens de l’Intérieur ont récemment été alertés par les services secrets américains du projet d’environ 25 jeunes djihadistes d’origine européenne partis combattre les troupes occidentales dans la région pakistano-afghane, de revenir dans leur pays d’origine pour y commettre des attentats. La semaine dernière, Sky News et la BBC, deux médias britanniques, annonçaient, de sources officielles, que des attaques simultanées d’al-Qaida étaient prévues à Londres, Paris et Berlin. Cibles prioritaires: les lieux publics et symboliques. A Paris, la tour Eiffel (déjà évacuée deux fois ces dernières semaines), la gare Saint-Lazare (vidée elle aussi le 27 septembre dernier), Notre-Dame de Paris. Malgré le passage à «rouge renforcé» du plan Vigipirate et le renfort de 600 militaires dans les rues de la capitale française, des classes d’un collège de Coppet (VD) ont préféré annuler un voyage à Paris.
En Allemagne, ce sont la tour Alexander Platz et la gare centrale de Berlin qui seraient visées. En Angleterre, les cibles sont la tour de Londres, certaines stations de métro et… le jeune prince Harry, cadet de tous les soucis.
Les mesures de sécurité autour de sa personne ont immédiatement été renforcées. Sa garde personnelle, d’ordinaire discrète, a été doublée et ne se cache plus, au risque de troubler la tranquillité du prince. Habituellement suivi par trois officiers des services spéciaux de Scotland Yard, Harry bénéficie désormais de la présence permanente à ses côtés de six gardes du corps du Special Air Service (commando aéroporté) armés de pistolets 9 mm. Signe que la situation est assez tendue, il a en outre été demandé à Harry de réduire considérablement ses activités nocturnes et de ne plus fréquenter les mêmes adresses. Ses pubs et boîtes de nuit préférés sont connus de n’importe quel paparazzi débutant et un terroriste n’aurait qu’à acheter un tabloïd pour tout savoir de sa routine…
«Panic Room» pour le Prince Charles
Le prince Charles, son père, et Camilla, ont récemment bénéficié de la même protection lors de leur visite en Inde. La sécurité autour de la reine et du prince William a également été renforcée. Globalement, le degré d’alerte autour de la famille royale a été élevée au niveau 2, un échelon seulement avant «menace imminente». La menace est jugée «sévère» et le risque d’attentat considéré comme «très crédible». De sa propre initiative, Charles aurait même, selon les médias britanniques, fait rénover et approvisionner une panic room dans sa demeure du Gloucestershire. Construite lorsqu’il était encore marié à Diana, cette pièce fortifiée semblable à nos abris antiatomiques, lui permettrait de tenir un siège.
«Harry a été furieux de voir ce téléfilm sur son enlèvement»
Une source proche du prince Harry
Dans ce contexte où s’entremêlent la prudence et la paranoïa, l’annonce d’un prochain téléfilm montrant Harry se faire enlever et torturer par des talibans a crispé une famille royale déjà sur les dents. Par une troublante coïncidence, la chaîne Channel 4 diffusera le 21 octobre L’enlèvement du prince Harry, une docufiction imaginant les conséquences d’une telle capture.
L’annonce de ce programme fait bien évidemment scandale en Angleterre, mais il repose sur des éléments concrets.
Officier formé à l’Académie militaire royale de Sandhurst, Harry avait insisté en 2007 – mettant sa démission dans la balance – pour être envoyé en Afghanistan. Il obtint gain de cause juste avant Noël. Au bout de dix semaines, le secret de sa présence sur le terrain militaire afghan fut éventé par un site internet américain (les médias anglais avaient respecté exceptionnellement l’embargo sur cette information). Harry fut immédiatement rapatrié, le 1er mars 2008. Il a eu le temps de participer à des patrouilles de reconnaissance dans la région de Helmand et d’essuyer le tir ennemi, mais aussi de récolter le surnom peu engageant de Bullet Magnet (l’aimant à balles).
Gaz Hilarant
La semaine dernière, Harry a piloté pour la première fois un hélicoptère militaire Apache. Que la RAF lui confie un joujou de 53 millions de francs est venu contrebalancer son image de noceur inconséquent. Fin septembre, il a avoué dans une interview inhaler du gaz hilarant dans les soirées branchées, prétextant à tort que cette pratique était sans danger pour le cerveau. A la même période, il a également été surpris deux fois sortant passablement éméché d’établissements nocturnes en compagnies galantes et renouvelées. Même s’il a officiellement rompu avec son amie Chelsy Davy, le prince Harry, le joyeux de la couronne, est obligé de se tenir à carreau pour des raisons de sécurité nationale.