APRÈS 100 JOURS, KATE IMPOSE SON STYLE
Par son charme et son attitude, l’épouse du prince William a gagné le cœur des foules et séduit l’aristocratie. Elle a su donner un second souffle à une monarchie vieillissante. Les Britanniques n’attendent plus que de la savoir enceinte.

Par Blaise Calame - Mis en ligne le 09.08.2011

Faire en sorte que rien ne change pour qu’à la fin tout change. La devise pourrait être celle des Windsor, depuis que Kate a rejoint le clan. En cent jours, la duchesse de Cambridge a réussi son examen d’entrée.

La scène se déroule sous les ors du palais de Kensington, à Londres, début juin. Les quelque 900 participants ont déboursé près de 13 000 francs chacun pour participer à la soirée de bienfaisance organisée au profit de l’ARK (Absolute Return for Kids). Des nantis qui vont manquer de se battre comme des chiffonniers pour immortaliser Kate avec leur natel! La Katemania se propage à travers le monde anglo-saxon. Plus tard, fin juillet, à Los Angeles, la jolie princesse fascine le Tout-Hollywood. Elle tient son rang et joue son rôle, sans arrogance ni timidité, mais sûre d’elle et souriante.

Quelque chose a changé à la cour d’Angleterre. La spontanéité de Kate épate, à tel point que personne ne songe à la comparer à la regrettée Diana qui, il est vrai, avait tout juste 20 ans lorsque, fraîche princesse de Galles, elle dut affronter, rougissante, les paparazzis. Kate aura bientôt 30 ans. Elle savait ce qui l’attendait. Le bonheur qu’elle éprouve la transcende.

UN NOUVEAU SOUFFLE

Le jour même du mariage, soit le 29 avril, l’écrivain Marc Roche, fin connaisseur de la couronne et ancien correspondant du Monde à Londres, soulignait: «Les Windsor ne font plus rêver depuis longtemps. (...) Ce mariage s’inscrit dans l’opération de relations publiques visant à reconquérir l’opinion.» Kate a redonné du souffle à une dynastie menacée d’asphyxie.

Pas ingrate, la reine Elisabeth II a accordé à son petit-fils et à son épouse une période de transition de deux ans, le temps que William accomplisse son dessein militaire et que Kate assimile les codes de la vie monarchique. Un emploi du temps allégé a été mis au point, ce qui ne signifie pas que ces cent premiers jours ont été des vacances, à l’exception bien sûr des dix jours du voyage de noces aux Seychelles, du 10 au 20 mai, où les jeunes mariés ont joui d’une paix... royale.

ELLE FAIT LA CUISINE

A leur retour, ils ont repris le cours de leur vie sur l’île d’Anglesey. Ils ont retrouvé leur fermette de quatre pièces louée 750 livres par mois et leurs habitudes. En dépit d’une offre de Charles, Kate a refusé un service de protection élargi. Elle est constamment suivie par trois gardes du corps et n’a rien voulu changer. Elle continue de faire elle-même la cuisine et, pour les tâches domestiques, n’est secondée que par une seule femme de ménage.

Pour ses visites à Londres, le couple a emménagé au palais de Kensington, où vivent aussi le duc et la duchesse de Kent, ainsi que le prince et la princesse Michael de Kent. Les jeunes mariés occupent un appartement de deux chambres, avec une salle de bains. Indisposée par l’humidité et l’odeur de renfermé, Kate a commandé pour plus de 1000 euros de bougies et de désodorisants. Elle a aussi changé la déco, disposant des coussins un peu partout.

Côté emploi du temps, Kate a enchaîné depuis trois mois les galas de charité et autres prestations jalonnant sa vie de princesse – on pense à la rencontre avec le couple Obama –, sans commettre d’impair. Une génération entière se reconnaît en elle, celle qui jusqu’alors ne jurait que par Victoria Beckham! Les temps changent.

«Kate et William sont les nouvelles stars de la famille royale, écrit Patrick Jephson, l’ancien secrétaire particulier de Diana, et le public les adore. La grande qualité qui les relie à nous – leur spontanéité désarmante – est celle que les responsables du protocole ne peuvent contrôler. Un planning parfait peut déboucher sur une spontanéité parfaite, mais un contrôle parfait tuerait à coup sûr la spontanéité, ensuite la confiance et, enfin, l’amour.» Ignorant le protocole, qui leur interdit en principe de montrer des signes d’affection en public, Kate et William affichent leurs sentiments. A plusieurs reprises depuis leur mariage, on les a surpris en train de se cajoler, que ce soit lors de leur voyage au Canada début juillet, ou encore le 3 août dernier à Edimbourg, où ils ont longtemps marché dans un parc main dans la main.

Kate n’a pas envie de tricher et tant pis si cela fait grincer des dents. L’opinion, elle, est conquise. Il suffit de voir le succès public de l’exposition à Buckingham de sa fameuse robe de mariée Alexander McQueen. Inaugurée le 23 juillet, elle ne désemplit pas et le record d’affluence au palais (413 000 entrées en 2010) sera sûrement battu le 3 octobre prochain, à la clôture, malgré les commentaires peu amènes de la reine Elisabeth II, qui a jugé la mise en scène «horrible» et «glaçante».

ICÔNE DE LA MODE

La duchesse de Cambridge inspire les femmes, qui veulent lui ressembler. Il n’est pas un vêtement qu’elle porte qui ne se transforme aussitôt en succès de vente. On appelle ça le copykate. A titre d’exemples, la robe Zara qu’elle portait le lendemain de ses noces a été épuisée en trois jours. Idem pour la robe Shela, de la marque Reiss, à 240 euros (!) prix catalogue, qu’elle portait fin mai avec les Obama.

Flairant la bonne affaire, la firme JS Boutique a décidé de commercialiser bientôt trois modèles inspirés des robes aperçues lors du voyage aux Etats-Unis. Il faut reconnaître que Kate a un goût exquis. Le magazine Vanity Fair vient du reste de la placer au troisième rang de son célèbre classement annuel des femmes les mieux habillées au monde.

Kate n’hésite pas à porter certains modèles à plusieurs reprises… comme le font la plupart des femmes. Les royalistes dénoncent un faux pas, mais ils sont bien les seuls en ces temps de crise économique. «Cela la rend tellement plus humaine et accessible», affirme la styliste Rachel Zoe, citée par le Huffington Post.

UN HÉRITIER À TOUT PRIX

Très à son affaire, Kate n’a, pour l’instant, déçu personne. Elle est néanmoins soumise à forte pression. Hugo Vickers, important expert royal britannique, va droit au but: «Vous excuserez ma brutalité, mais le devoir de Catherine est de rendre son mari heureux et de donner un héritier à la couronne.» Elle n’échappera pas à son destin.

Aux Seychelles, durant le voyage de noces, le cuisinier lui a servi, à sa demande, des choux de Bruxelles, un légume contenant beaucoup d’acide folique, particulièrement recommandé pour les femmes qui souhaitent enfanter. Cela n’a pas suffi. Et les Britanniques se sont émus ces jours derniers de la silhouette émaciée de Kate qui, à en croire le Daily Star, ne pèserait plus que 43 kilos pour une taille de 178 centimètres. A-t-elle basculé dans l’anorexie? D’après le médecin anglais Chris Steele, cité dans le même tabloïd, «si Kate continue à perdre du poids, elle aura de grosses difficultés pour tomber enceinte».

Reste que du côté des étoiles, trois voyants français ont fait des prédictions étonnamment concordantes, qui se résument ainsi: «Catherine Middleton sera enceinte avant la fin de l’année.» William, le royaume d’Angleterre compte sur toi!