Vont-ils aimer ma déco? Que vont-ils penser de ma cuisine? Sont-ils contents de venir fêter avec nous ce soir? Vous n’avez pas encore commencé les préparatifs de votre soirée que vous êtes déjà à deux doigts de perdre pied. Hervé Magnin, psychothéra-peute comportementaliste, propose de retrouver son calme en trois temps et autant de conseils.
L’INTENTION
Aujourd’hui, on ne reçoit plus uniquement pour le plaisir, il est de bon ton d’épater la galerie par son originalité, son aisance, son bon goût… Pourtant, bien plus que valoriser vos qualités, cette course poursuite à l’épate met surtout en lumière votre manque de confiance et votre besoin de plaire à tout prix!
Est-ce bien là l’essentiel?
Conseil de psy: laissez tomber vos préoccupations anxieuses narcissiques et pensez plutôt convivialité. Créez un team familial pour les préparatifs et déléguez: la déco à votre aînée, le service à votre conjoint, l’animation à junior, le dessert à votre sœur… Tous unis, tous responsables! Ce qui génère bonne humeur et plaisir, c’est le partage. Pas l’esprit de sacrifice.
LE JOUR J
Vous avez reçu l’aide escomptée pour l’organisation. Vous êtes maître à bord en cuisine. Et, là encore, vos jambes flageolent. Pourtant, tout est sous contrôle. Alors pourquoi vous angoisser?
Conseil de psy: prenez deux secondes pour réfléchir à la situation. Que pourrait-il bien vous arriver? Calculez les risques suivant les deux paramètres suivants: la gravité et la probabilité. Qu’est-ce qui me fait penser que cela pourrait mal se passer et quelles en seraient les conséquences? Dites-vous que les catastrophes naissent de l’angoisse. Mais, en cas de catastrophe, plus nécessaire d’angoisser! En gardant le sourire, il sera plus aisé de réagir avec souplesse.
LES INVITÉS SONT LÀ
La viande est dans le four. La table est mise. Reste deux ou trois détails à gérer. Ce qui vous fait encore souci, c’est cette vieille rancune qui persiste entre deux membres de votre famille et qui menace de plomber l’atmosphère.
Conseil de psy: à trop vouloir bien faire, on oublie parfois de prendre des décisions radicales. Mais c’est trop tard. Vous auriez pu renoncer à des convives. Vous avez préféré ménager la chèvre et le chou. A vous d’assumer. Ne laissez pas la mauvaise humeur s’installer. Prenez les devants. Placez vos convives. Lancez les conversations. Et dites-vous que chaque repas est une improvisation théâtrale qui peut surprendre. Laissez venir. Et faites taire les langues de vipère, avec le sourire!
Hervé Magnin est psychothérapeute cognitiviste et comportementaliste; il est l’auteur de «Surmonter ses peurs» et de «La positive solitude», aux Editions Jouvence.
LE B.A.-BA D’UNE INVITATION RÉUSSIE
1 Organisez-vous: listes, planification horaire… tout est bon pour éviter de courir à la dernière minute. Et faites à l’avance tout ce qui peut l’être (ménage, courses, choix de la tenue vestimentaire…).
2 Soyez courageux, mais pas téméraire: cuisinez le plat que vous maîtrisez. Ou, si vous voulez innover, testez la recette avant.
3 Demandez de l’aide: si vous êtes célibataire et sans enfants, vous pouvez toujours demander à vos amis de prendre en charge une partie des festivités: l’ambiance musicale, le choix du vin et même le service!
4 Créez une ambiance sur mesure: demandez à vos hôtes s’ils sont plutôt piste de danse ou parties d’échecs.
5 Faites participer vos hôtes: rien de tel pour qu’ils se sentent à l’aise dès le début de la soirée. Au lieu que votre famille débarque pile à l’heure pour l’apéro, conviez-la une heure avant et proposez à ceux qui le veulent d’aider aux finitions de la déco, au dressage des assiettes, à l’habillage du petit dernier… Mettre la main à la pâte rend de bonne humeur et bienveillant.