Le cheval est un animal amical qui fascine. On lui prête le plus souvent des qualificatifs bienveillants: beau, doux, fidèle, intelligent… Pourtant, lorsqu’il s’agit de l’approcher, nombreux sont ceux qui se sentent tout petits. Certains allant jusqu’à ressentir une certaine forme de phobie. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il nous laisse rarement indifférent. A tel point que la relation homme-cheval a donné naissance à une forme de thérapie pratiquée notamment à Ecublens par Anne-Christine Clerc et ses cinq galopins: Equinoxe, Chepi, Sunny, Merlin et Petit Rocher.
Pourquoi dit-on du cheval qu’il est un animal thérapeute? «Approchez-le et vous comprendrez, répond comme une évidence Anne-Christine Clerc. Le cheval, explique-t-elle, est le reflet de nos états d’âme. C’est un animal qui réagit instinctivement à nos émotions, même les plus profondément enfouies. Un exemple? Si on aborde un cheval avec appréhension, il se détournera. Mais si on l’approche avec confiance, il entrera en relation avec nous sans a priori.» Autrement dit, en entrant en résonance avec nous, le cheval révèle nos mécanismes de défense, nos traumatismes, nos angoisses…et nous invite à grandir. Le cheval serait ainsi le parfait miroir de nos ressentis. Et si le reflet qu’il nous renvoie ne nous convient pas, nous n’avons guère d’autre choix que d’évoluer. Là est son pouvoir thérapeutique. A son contact, nous apprenons à nous centrer, à reconnaître nos besoins et à les respecter, à rechercher la cohérence en nous.
DU CORPS AU CŒUR
La force de la thérapie avec le cheval, c’est d’offrir davantage qu’une compréhension mentale de notre mal-être. Au fil de la thérapie, l’animal permet à l’humain de vivre ses changements physiquement et de les ancrer au plus profond de son corps, de son cœur et de son âme.
Comment ? «En étant attentif à ses réactions», commente la spécialiste. Prenons le cas d’un enfant hypersensible, comme le sont souvent les surdoués. Un enfant qui souffre de se sentir différent, à l’écart de la réalité, et qui ne peut valider le système de fonctionnement d’adultes avec lequel il se sent en parfait désaccord. Le cheval va servir de médiateur. Pour entrer en contact avec lui, l’enfant devra trouver sa juste place. Savoir être convaincant sans imposer. Il ne pourra pas forcer l’animal à faire ce qu’il veut s’il n’est pas convaincu lui-même que c’est le bon choix. Il apprendra à accepter la différence comme une force, à entrer en relation de manière subtile par le toucher, par la voix ou par de simples mouvements du corps. Tout naturellement, il apprendra ainsi à se positionner dans la vie.»
À TERRE COMME EN SELLE
Mais est-il nécessaire de monter sur le cheval si on ne se sent pas l’âme cavalière? Apparemment non. Les deux approches seraient possibles. «A terre, la relation avec l’animal est ancrée dans la différenciation. L’homme et le cheval s’accompagnent mutuellement sur le chemin de la découverte, sans se confondre. A cheval, la relation s’apparente davantage à une symbiose. Le cheval ressent de manière encore plus physique les émotions de son cavalier: le moindre doute, le moindre malaise, la crainte la plus subtile... Tout se passe au niveau sensoriel. Mais dans l’une comme dans l’autre option, les changements s’opèrent.»
Le Pré aux galopins, Anne-Marie Clerc, Ecublens (VD), 079 206 18 67, www.preauxgalopins.ch