Des tremblements de terre tragiques comme ceux d’Haïti et du Chili peuvent frapper notre pays, comme le rappelle la destruction de Bâle en 1356. Et, comme les normes parasismiques n’ont guère été respectées, les conséquences seront lourdes.
Par
Philippe Clot - Mis en ligne le 09.03.2010
Cela fait plus d’un siècle que la Suisse est épargnée par des séismes très violents. Quand ce n’est pas notre voisin italien qui subit ces catastrophes, ce sont des pays lointains comme Haïti ou le Chili qui pleurent leurs morts et doivent reconstruire des régions entières.
Aucun Helvète vivant ne se souvient donc aujourd’hui d’une situation comparable dans son pays. Selon l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), il faut pourtant s’attendre en Suisse à un séisme de magnitude 6 avec des dégâts à l’échelle régionale en moyenne tous les cent ans et un séisme destructeur de magnitude 7 avec des dégâts à l’échelle suprarégionale tous les mille ans.
C’est ce genre de catastrophe qui a détruit Bâle il y a six siècles
et demi. En 1356, la cité rhénane avait été rasée par l’énorme secousse
et par les incendies que celle-ci avait provoqués. Ce séisme reste dans
l’histoire comme le plus catastrophique jamais documenté en Europe au
nord des Alpes.
Quand il se reproduira quelque part dans la
Confédération, la facture se situera entre 50 et 100 milliards de
francs, selon l’OFEV. Car les normes parasismiques n’ont été respectées
que par une construction sur dix. Il causera en outre des milliers de
morts et des dizaines de milliers de blessés graves.
Le dernier
sérieux coup de colère du sous-sol suisse date de 1946. Sierre avait
essuyé un tremblement de terre de 6,1 sur l’échelle de Richter. Il
avait fait quatre victimes et causé des dégâts à 3500 bâtiments. Un
siècle auparavant, c’est le Valais encore qui avait essuyé le plus fort
séisme depuis celui de Bâle (6,4), détruisant 200 habitations à Viège.
Mais avec la densification actuelle de l’habitat, les conséquences de
ces deux séismes valaisans seraient bien plus lourdes aujourd’hui.