Par
Michel Jeanneret - Mis en ligne le 13.12.2011
Des sécheresses à répétition, des inondations, des tempêtes extrêmes et une crise économique sans précédent liée à une baisse globale de la consommation, voilà la menace qui pèse sur nos têtes si un programme concret n’est pas rapidement mis sur pied pour limiter l’émission des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. Mais malgré l’urgence de la situation, les 190 pays réunis au sommet de Durban n’ont pas réussi à trouver un accord contraignant. Concrètement, rien ne bougera avant 2020. Les Etats-Unis, la Chine et l’Inde peuvent se féliciter d’avoir gagné le droit de polluer encore un peu plus longtemps pour préserver leurs enjeux économiques à court terme, sur le dos d’une planète qui meurt à petit feu.
La morale de cette triste histoire, c’est qu’il y a tellement d’intérêts en jeu que les acteurs du système sont incapables d’infléchir son cours, même lorsque celui-ci nous conduit dans une impasse. On voit qu’un mur se dresse devant nous, mais on laisse le pied sur la pédale des gaz. De quoi donner des sueurs froides, avouons-le.
Le cirque de Durban fait penser à l’une des représentations métaphoriques des trois petits singes. Ne pas vouloir voir le problème, ne pas vouloir en parler pour se dispenser d’agir et, surtout, ne pas vouloir entendre pour faire comme si l’on ne savait pas. Et pour cause, nous ne savons pas vraiment quoi faire. Une telle obstination dans l’erreur révèle en effet notre incapacité à nous projeter dans un autre modèle que celui qui nous fait pourtant courir à notre perte, tout cela pour protéger les intérêts d’une minorité défendue par de puissants lobbys. Ça n’est pas gai, certes, mais c’est la réalité. Une société qui tue ses ressources est une société malade, à l’image de cette planète qu’elle ne sait pas défendre. Car pour cela, il faudrait avoir le courage de voir, de parler et de s’entendre. Les sacrifices seront grands, certains perdront des plumes, mais il en va tout simplement de notre salut.