Il est le spécialiste du décryptage du langage corporel. Philippwe Turchet offre des pistes pour comprendre ce que disent nos proches au-delà des mots.
Par
Céline Fossati - Mis en ligne le 13.05.2010
Qu’il soit à table ou devant son bureau, l’adulte, tout comme l’enfant, en dit plus long par son attitude que par ses paroles. Plus encore, il n’est pas rare que les mots offrent un oui alors que toute l’attitude corporelle crie le non à tue-tête. Autant le savoir, si l’on veut entrer en dialogue avec ses collègues, son fils adolescent ou la petite dernière qui fait la moue à tout bout de champ.
Philippe Turchet décode le fonctionnement de l’esprit humain à travers la lecture du langage du corps depuis plus de vingt ans. Il aime tout particulièrement mettre en évidence les points forts du bon communicateur, celui qui dégage ce petit quelque chose de plus par sa gestuelle, sa posture, ses mimiques qui le rendent si charmant, si charismatique. Mais le spécialiste travaille aussi sur la face cachée de l’iceberg, sur tout ce que l’être humain essaie de dissimuler et que son attitude trahit. Et il est en train de mettre au point le premier détecteur synergologique de mensonges, qui pourrait bien remplacer le polygraphe habituel. Car le «détecteur d’anxiété» actuel a de nombreuses failles. «Ma méthode ne part pas du principe qu’un menteur est un anxieux, mais qu’il y a des gestes qu’il ne peut contrôler.» Il poursuit: «On sait aujourd’hui que le corps, quand on se met à mentir, active trois zones détectables à l’IRM. Je propose de les détecter sans IRM, mais à l’aide d’une simple caméra et d’un ordinateur.» Un logiciel préprogrammé, qu’il est en train de mettre au point, analysera les données pour la police. Et ce système devrait permettre de détecter tous les mensonges, des plus enfouis aux plus anodins. A quand le détecteur portatif familial?
NON, NON, NON…
L’épaule gauche la démange? Elle ressent
l’interaction entre elle et vous, ou son devoir, négativement et le dit:
«C’est trop lourd, il faut que je trouve le moyen d’échapper à ça!»
MINUTE,
PAPILLON!
Elle se concentre, réfléchit. C’est compliqué, mais
elle va trouver la solution et elle va trancher. Elle ferme les yeux
pour faire le vide et prendre une décision.
C’EST QUOI C’TRUC?
Elle
se frotte l’oeil droit. Elle ne veut pas voir ou ne comprend rien à ce
qu’elle observe. Cela lui semble si extérieur à elle. Impuissante face à
la situation, elle se gratte.
COURAGE, FUYONS!
Ce qu’elle
entend, ou ce qu’on lui demande, l’énerve, mais elle sent qu’elle ne
doit pas en parler. Elle cherche une échappatoire. Elle est déjà en
train de se sauver… dans sa tête.
APRÈS L’ORAGE
Elle s’est
énervée et garde sa colère pour elle. Elle doit faire face à la
réalité. Cela lui coûte. Si elle ne baisse pas le menton, c’est qu’elle
ressent encore un mélange de colère et de peur.
ELLE VA Y
ARRIVER!
Son devoir est compliqué. Elle se gratte l’arrière
gauche du crâne, et c’est bon signe. La solution est proche. Si elle se
grattait l’arrière droit de la tête, il faudrait lui venir en aide.
LES
PLUS
A lire: «Le langage universel du corps», de Philippe
Turchet, Ed. de l’Homme, 361 pages: 43 fr. 90.
En conférence:
Philippe Turchet est l’invité de «L’illustré» au Salon du livre et de la
presse de Genève, vendredi 29 avril à 16 heures, sur son stand, avenue
Curie 311, pour une conférence sur «Le décryptage du langage corporel»,
et la création du détecteur de mensonges du futur.